Objectivité journalistique : Belges et Québécois partagent un idéal qu’ils savent inaccessible
Une étude publiée dans Journalism Practice compare la manière dont seize journalistes francophones du Québec et de Belgique conçoivent l’objectivité. La norme conserve une forte valeur professionnelle, mais la majorité la juge impossible à atteindre pleinement.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
Selon une étude de l’UCLouvain publiée dans la revue *Journalism Practice*, l’objectivité est clairement enseignée dans les formations journalistiques au Québec : sept répondants sur huit disent y avoir été fortement sensibilisés.
En Belgique francophone, seuls deux journalistes sur huit rapportent un enseignement comparable, la norme étant plutôt considérée comme implicite ou allant de soi.
Dans les deux régions, l’objectivité reste une valeur professionnelle centrale, même si la majorité des participants la juge impossible à atteindre totalement.
Le Québec mêle ainsi rigueur factuelle anglo-américaine et tradition analytique française, tandis que la presse belge privilégie une neutralité plus pragmatique.
L’objectivité demeure-t-elle le socle du journalisme ou n’est-elle plus qu’un idéal théorique ? Louis Escouflaire, Antonin Descampe et Cédrick Fairon, chercheurs à l’UCLouvain, ont interrogé seize journalistes francophones travaillant au Québec et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Leur étude, A “Fine Amalgam” of a Style, a été mise en ligne dans Journalism Practice. Il s'agit d'une étude purement qualitative et non un sondage à valeur statistique.
Seize journalistes, treize heures d’entretiens
L’enquête repose sur près de treize heures d’entretiens avec huit Québécois et huit Belges. L’échantillon est équilibré selon le genre et l’expérience. Les participants ont travaillé pour plusieurs grands médias des deux régions, dont Radio-Canada, Le Devoir, La Presse, la RTBF, Le Soir et La Libre Belgique.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter