« Elon Musk est un connard de suprémaciste » : Sandrine Rousseau se lâche à la Fête de l'Huma
À la Fête de l'Humanité, Sandrine Rousseau a appelé toute la gauche à quitter X dans un registre particulièrement fleuri. Elon Musk est un « connard de suprémaciste » et l'extrême droite pourrait alors « se bouffer la tronche », selon la députée écologiste.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
À la Fête de l'Humanité, Sandrine Rousseau a qualifié Elon Musk de « connard de suprémaciste » et appelé toute la gauche à quitter X pour y laisser l'extrême droite « se bouffer la tronche ».
« Elon Musk est un connard de suprémaciste. » À la Fête de l'Humanité, Sandrine Rousseau n'a pas vraiment cherché la nuance pour exposer sa conception des réseaux sociaux et du débat médiatique.
La députée écologiste participait au Village des médias indépendants à une rencontre consacrée à la liberté de la presse et à l'élection présidentielle de 2027. Aurélien Saintoul (LFI), Olivier Besancenot (NPA), Sophie Taillé-Polian (Génération.s) et Pierre Laurent (PCF) figuraient également parmi les intervenants.
🔴 Sandrine Rousseau : Elon Musk est un C*NNARD de suprémaciste !
— French Carcan (@FrenchCarcan) September 17, 2026
✅ @sandrousseau hurle des insanités à propos d'@elonmusk, et intime aux victimes présentes, l'ordre de quitter 𝕏.@humanite_fr - Fête de l'Humanité 2026 - Village des médias indépendants🕵️@humanite_fr pic.twitter.com/QAuLladx29
« Des poissons rouges dans un bocal »
Sandrine Rousseau a commencé par interpeller les militants de gauche qui continuent d'utiliser X, qu'elle appelle toujours Twitter. Elle-même avait quitté le réseau en janvier 2025 et avait expliqué lors d'un autre débat organisé à la Fête de l'Humanité que cette décision lui avait fait perdre un important canal de visibilité politique.
« Je rappelle que Twitter est tenu par Elon Musk, que Elon Musk est un connard de suprémaciste et qu'à un moment donné, à chaque fois qu'on poste sur ce réseau, eh bien on lui donne de l'importance », a-t-elle lancé.
Son raisonnement est simple : la gauche devrait collectivement abandonner la plateforme afin de lui faire perdre son statut de lieu central du débat politique.
La députée poursuit, dans le même registre : « Si toute la gauche quitte ce réseau, alors on laisse l'extrême droite comme des poissons rouges dans un bocal qui se boufferont la tronche et que ce sera très bien comme ça. »
Rousseau avait déjà développé cette stratégie lors d'une autre intervention à la Fête de l'Humanité, expliquant que les partis de gauche continuaient d'utiliser X malgré l'influence qu'elle attribue à la plateforme dans la progression des droites radicales.
Une « responsabilité individuelle » à quitter X
Derrière les formules, Sandrine Rousseau entend faire du départ de X une question de responsabilité politique. « On a une responsabilité individuelle en tant que citoyens et citoyennes, on a aussi une responsabilité collective », poursuit-elle.
Pour la députée écologiste, il s'agit même de « la bataille des batailles ». Elle associe cette question à celle du modèle économique de la presse : « Il faut réhabiliter la capacité des journalistes à vivre de leur travail », estime-t-elle, avant de mettre en cause le degré de concentration du secteur médiatique français.
La question du retrait de X divise d'ailleurs la gauche. Lors d'un autre échange organisé pendant la même Fête de l'Humanité, le journaliste David Dufresne relevait que les principales formations de gauche continuaient d'être présentes sur la plateforme, notamment parce qu'elles y voient encore un moyen d'atteindre directement électeurs, militants et journalistes.
« L'Arcom ne peut plus jouer son rôle »
Sandrine Rousseau poursuit alors son raisonnement sur la concentration des médias. Selon elle, le rapport de force économique serait devenu tel que le régulateur de l'audiovisuel ne disposerait plus des moyens nécessaires pour remplir sa mission.
« On le voit, l'Arcom ne peut plus jouer son rôle de manière indépendante, parce qu'en face ils sont trop puissants », affirme-t-elle.
La députée termine son intervention en promettant qu'une arrivée de son camp au pouvoir en 2027 conduirait à s'attaquer à l'un des principaux groupes privés présents dans les médias français. Elle emploie le verbe « détruire », sans préciser dans cet extrait quels instruments juridiques, économiques ou réglementaires recouvrirait concrètement cette promesse.
Cette dernière déclaration intervient pourtant dans un débat précisément consacré à la liberté et au pluralisme de la presse. Elle soulève donc une question distincte de celle de la concentration : celle des moyens qu'un gouvernement pourrait employer à l'encontre d'un groupe médiatique privé tout en respectant la liberté de la presse et le pluralisme.
Un registre pour le moins familier
Reste la forme. « Connard de suprémaciste », « poissons rouges dans un bocal », « se boufferont la tronche » : la députée de Paris a choisi un vocabulaire particulièrement prosaïque pour une intervention consacrée au fonctionnement du débat démocratique et des médias.
L'intéressée n'en est pas à sa première formule remarquée. Mais cette fois, les différentes saillies sont concentrées en quelques minutes : insulte personnelle contre le propriétaire de X, description peu amène de ses adversaires politiques et promesse d'une intervention musclée dans le paysage médiatique en cas d'alternance en 2027.
Sur le fond, Sandrine Rousseau défend une stratégie cohérente : retirer à X la légitimité que lui confère la présence de l'ensemble du spectre politique et réduire la concentration des médias. Sur la forme, elle aura choisi de l'exposer dans un langage nettement moins institutionnel que celui auquel pourrait inviter un débat consacré à la liberté de la presse.