Sur France Inter, Charline Vanhoenacker a comparé Charles Sapin à Xavier Dupont de Ligonnès
Charline Vanhoenacker a comparé sur France Inter le recrutement de Charles Sapin à l’hypothèse de confier « Affaires sensibles » à Xavier Dupont de Ligonnès. Une comparaison d’une violence stupéfiante, au terme d’une chronique où l’humoriste transforme déjà le « pluralisme » en « pluracisme ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur France Inter, Charline Vanhoenacker a comparé le recrutement de Charles Sapin à celui de Xavier Dupont de Ligonnès. Une chronique qui porte la fronde contre le journaliste de Valeurs actuelles à un niveau inédit.
Il fallait donc en arriver là. Après les menaces de grève, les protestations internes et les procès en illégitimité adressés à Charles Sapin avant même son arrivée sur France Inter, Charline Vanhoenacker a trouvé mardi le point d’aboutissement de cette campagne : Xavier Dupont de Ligonnès, l’homme recherché depuis 2011 dans l’enquête sur l’assassinat de son épouse et de leurs quatre enfants.
Dans une chronique consacrée au recrutement du directeur adjoint de Valeurs actuelles par France Inter, l’humoriste belge commence par diffuser les propos d’une auditrice : « Maintenant, c’est que Charles Sapin dégage de France Inter. » Elle feint de la reprendre : « Il n’est pas encore arrivé. Faut pas dire ça, madame. » Puis vient le véritable propos.
Charline Vanhoenacker s’oppose à la venue du "pluraciste" Charles Sapin
— Destination Télé (@DestinationTele) September 9, 2026
Il faut dire que France Inter lui appartient 🤷🏻♂️
Pour rappel, la militante de gauche belge est renouvelée chaque saison depuis 15 ans sur le service public et donc payée par tous les Français
À quel titre ? pic.twitter.com/xoJgMdKxBD
Du « pluralisme » au « pluracisme »
« Si on recrute un directeur de Valeurs actuelles, c’est pour des questions de pluracisme. Merde. Pluralisme. Allô Freud ? »
Le jeu de mots est suffisamment transparent. Le recrutement de Charles Sapin, décidé par la direction de France Inter au nom notamment du pluralisme, devient sous la plume de Vanhoenacker du « pluracisme ».
Elle poursuit : « Au nom de la mixité des opinions, il faut donner la parole à ceux qui haïssent toute forme de mixité. »
Et invoque alors les condamnations judiciaires passées de Valeurs actuelles pour expliquer que tous les médias ne sauraient être placés sur le même plan : « Pour moi le pluralisme, c’est donner la parole à tout le monde, de gauche comme de droite. Mais alors, si c’est aussi répartir la parole entre un journal qui a jamais été condamné pour provocation à la haine, par exemple, et un journal qui a déjà été condamné pour provocation à la haine, prévenez-moi. » Jusque-là, la charge est violente. La suite change de nature.
Xavier Dupont de Ligonnès
« Parce que dans ce cas, si jamais, je dis si jamais, on retrouve Xavier Dupont de Ligonnès, eh ben on lui confie la présentation d’Affaires sensibles en alternance avec Fabrice Drouelle. Ah ben oui. »
Parce que dans ce cas, si jamais, je dis si jamais, on retrouve Xavier Dupont de Ligonnès, eh ben on lui confie la présentation d’Affaires sensibles en alternance avec Fabrice Drouelle. Ah ben oui.
Charline Vanhoenacker
La comparaison est posée. Charles Sapin est journaliste politique. Il n’est évidemment ni l’auteur des condamnations prononcées contre Valeurs actuelles, ni condamné pour provocation à la haine, et moins encore accusé d’un quelconque crime. Il a été recruté par la direction d’une radio publique pour y exercer son métier.
Xavier Dupont de Ligonnès est recherché depuis quinze ans dans une affaire où cinq membres d’une même famille ont été retrouvés assassinés sous la terrasse de leur maison.
Mettre les deux recrutements en parallèle n’est donc pas une démonstration. C’est précisément l’abandon de toute démonstration.
Que l’hyperbole soit humoristique n’y change rien : pour que la plaisanterie fonctionne, il faut que l’auditeur comprenne que faire entrer Charles Sapin à France Inter serait à peu près aussi aberrant que confier une émission criminelle à Dupont de Ligonnès.
C’est cela que Charline Vanhoenacker a choisi de dire sur l’antenne du service public.
La chronique de trop
La séquence est d’autant plus accablante qu’elle intervient au cœur d’une controverse portant précisément sur la capacité de France Inter à supporter en son sein un journaliste venu d’un hebdomadaire de droite.
La veille encore, Sophia Aram raillait sur cette même antenne un pluralisme qui risquerait de se réduire aux « cinquante nuances de gauche ». Elle rappelait une évidence : accepter le pluralisme suppose précisément de tolérer à l’antenne des opinions que l’on réprouve.
Charline Vanhoenacker vient d’offrir une saisissante illustration du problème. On peut appeler cela une chronique. On peut invoquer l’humour, l’outrance, le second degré. Les mots demeurent : « pluracisme », puis Xavier Dupont de Ligonnès.
Il ne s’agit plus ici de savoir si Charline Vanhoenacker aime Charles Sapin, Valeurs actuelles ou les opinions qu’ils représentent. Elle vient de comparer, sous le couvert d'un certain humour à elle, sur la première radio de France, le recrutement d’un journaliste à celui d’un homme recherché dans une affaire de quintuple meurtre.
À ce degré d’outrance, l’insulte ne discrédite même plus sa cible. Elle renseigne surtout sur celui qui a cru intelligent de la prononcer.