« Oui, il y a un lien entre les échecs de l'intégration et les violences que nous subissons » : Rafik Smati répond à SOS Racisme
Invité de David Pujadas sur LCI, l'entrepreneur Rafik Smati a dénoncé les violences commises par certains jeunes issus de l'immigration, estimant qu'elles pénalisent également ceux qui cherchent à s'intégrer. Face à Dominique Sopo, président de SOS Racisme, il a appelé à regarder les difficultés de l'intégration « en face ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur LCI, Rafik Smati dénonce les échecs de l'intégration et leurs conséquences pour les jeunes issus de l'immigration, face à Dominique Sopo.
Un échange animé sur le plateau de LCI. Lundi 2 novembre, dans l'émission 24H Pujadas, l'entrepreneur Rafik Smati a défendu la nécessité de reconnaître les échecs de l'intégration en France, face à Dominique Sopo, président de SOS Racisme. Au cœur de leur désaccord : la manière d'aborder l'origine des auteurs de violences et de pillages sans alimenter les amalgames.
« Moi qui suis un immigré, qui suis arrivé en France alors que j'étais enfant, une grande partie des comportements que nous voyons me font honte », a déclaré Rafik Smati. Selon lui, ces actes ne portent pas seulement préjudice à leurs victimes, mais également aux Français issus de l'immigration qui en subissent indirectement les conséquences.
Moi qui suis un immigré, qui suis arrivé en France alors que j'étais enfant, une grande partie des comportements que nous voyons me font honte.
Rafik Smati
L'entrepreneur a notamment évoqué les difficultés rencontrées sur le marché du travail. Il estime que les comportements de certains délinquants contribuent à nourrir la méfiance envers des jeunes qui n'ont pourtant commis aucune infraction. « Ces voyous qui se revendiquent d'une origine ou qui ont cette origine-là déshonorent une grande partie des jeunes qui sont issus de l'immigration », a-t-il affirmé.
Oui, il y a un lien entre les échecs de l'intégration et les violences que nous subissons. Le reconnaître ne fait pas de chaque immigré un coupable. Mais le nier nous empêche d'agir.
— Rafik Smati (@RafikSmati) November 3, 2026
Et pendant que nous discutons pour savoir si nous avons le droit de nommer le problème, il… pic.twitter.com/xr67vXsPbB
« Il y a une certaine forme de déni »
Dominique Sopo a contesté cette lecture du problème. Le président de SOS Racisme a notamment interrogé la pertinence de mettre en avant l'origine supposée des auteurs de pillages, soulignant que leur surreprésentation masculine pourrait tout autant être évoquée.
Rafik Smati a reconnu la légitimité de cette préoccupation, tout en estimant que son contradicteur refusait d'aborder une partie du problème. « Je crois qu'il y a une certaine forme de déni dans ce que vous dites, lui a-t-il répondu. Si on veut combattre les extrêmes, c'est de dire les choses telles qu'elles sont, sans excès, dans une certaine forme d'équilibre, mais de ne surtout pas nier la réalité. La réalité, c'est que nous avons raté l'intégration en France depuis quelques années », a-t-il poursuivi.
Dominique Sopo lui a alors opposé une contradiction : comment parler d'un échec général de l'intégration tout en reconnaissant que l'immense majorité des Français issus de l'immigration sont intégrés ? Smati a précisé qu'il ne remettait nullement en cause l'appartenance à la communauté nationale de cette majorité. Il a plutôt insisté sur le chômage et les discriminations à l'embauche, dont souffrent particulièrement certains jeunes des quartiers défavorisés.
Le débat a ainsi fait apparaître deux préoccupations distinctes : pour Dominique Sopo, éviter que les comportements d'une minorité ne servent à stigmatiser une population entière ; pour Rafik Smati, ne pas laisser cette crainte empêcher toute discussion sur les difficultés de l'intégration.
« Offrir un destin à nos jeunes »
Au-delà de la question sécuritaire, Rafik Smati a voulu élargir son propos à l'absence de perspectives offertes à la jeunesse française. « Nous avons perdu l'idée qu'une nation, la République française, doit être capable d'offrir à sa jeunesse un destin, un destin en commun », a-t-il regretté.
Nous avons perdu l'idée qu'une nation, la République française, doit être capable d'offrir à sa jeunesse un destin, un destin en commun.
Rafik Smati
L'entrepreneur estime que cette difficulté concerne aussi bien les jeunes issus de l'immigration que ceux dont les familles vivent en France depuis plusieurs générations.
Dans un message publié après l'émission sur les réseaux sociaux, il a réaffirmé sa position : « Oui, il y a un lien entre les échecs de l'intégration et les violences que nous subissons. Le reconnaître ne fait pas de chaque immigré un coupable. Mais le nier nous empêche d'agir. »
Oui, il y a un lien entre les échecs de l'intégration et les violences que nous subissons. Le reconnaître ne fait pas de chaque immigré un coupable. Mais le nier nous empêche d'agir.
Rafik Smati
Il a également défendu une conception exigeante de l'intégration, fondée sur des droits et des devoirs réciproques, tout en réclamant une réponse pénale ferme face à la délinquance. « Quant aux voyous, leur place est en prison. Point », a-t-il conclu, appelant à dépasser les oppositions identitaires pour reconstruire un projet national commun.