Sur France Inter, Jessé récidive : cette fois c'est une allusion aux « SS » contre le RN
Deux semaines après avoir évoqué les « néonazis » pour railler l'arrivée de Charles Sapin sur France Inter, Jessé récidive. Cette fois, l'humoriste joue sur les deux « S » de l'acronyme VSS pour attaquer le Rassemblement national.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après les « néonazis » évoqués lors de l'arrivée de Charles Sapin, Jessé récidive sur France Inter en jouant cette fois sur les initiales « SS » pour attaquer le Rassemblement national.
Il avait « persisté et signé ». Deux semaines plus tard, Jessé persiste surtout dans le même registre. Dans une nouvelle chronique sur France Inter, l'humoriste s'en est pris au Rassemblement national à propos des violences sexistes et sexuelles (VSS). Après avoir évoqué un texte « cosigné par 247 députés de tous les bords politiques », Jessé reproche au parti de Marine Le Pen de se trouver, une nouvelle fois selon lui, « du mauvais côté de l'histoire ».
Puis vient la chute : « Et c'est bizarre parce que pourtant dans VSS, il y a deux lettres qui devraient leur plaire. »
Les petits militants gauchistes de France Inter sont sortis de leur grève et sont de retour pour qualifier le RN… de SS..
— Bleu Blanc Rouge ! 🇫🇷 (@LBleuBlancRouge) September 16, 2026
Il y a quelques jours, c’était Charles Sapin qui était comparé à un néo-nazi..
Nazifier les gens, ils ne savent faire que ça ces minables.. 🙄
Jusqu’à…
Les deux lettres en question ne sont pas difficiles à identifier. Dans l'acronyme « VSS », les deux seules lettres identiques sont les deux « S ». La formule apparaît ainsi comme une allusion aux SS, la Schutzstaffel du régime nazi, appliquée au Rassemblement national.
Il y a deux semaines, les « néonazis »
Prise isolément, aussi grave soit-elle, la sortie pourrait être rangée parmi les outrances traditionnelles d'une chronique humoristique. Elle intervient moins de trois semaines après une première polémique impliquant exactement le même humoriste et exactement le même registre historique.
Le 31 août, Jessé avait réagi à l'arrivée de Charles Sapin, directeur adjoint de Valeurs actuelles, parmi les nouveaux éditorialistes de France Inter. La direction de la station avait justifié ce recrutement par une volonté de renforcer le pluralisme de l'antenne, particulièrement à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Depuis, le recrutement provoque une importante contestation interne et plusieurs journées de grève.
Jessé avait accueilli cette diversification à sa manière : « Charles Sapin, c'est bien, ça diversifie les points de vue. Trop hâte qu'ils invitent des néonazis pour qu'on ait enfin leur version de l'histoire. »
La formulation avait provoqué une polémique. L'humoriste avait ensuite précisé qu'il ne comparait pas directement Charles Sapin à un néonazi, mais considérait l'arrivée du journaliste comme celle de « l'extrême droite » et présentait les néonazis comme « la prochaine étape ».
Surtout, interrogé quelques jours auparavant dans Quotidien, Jessé n'avait exprimé aucun regret. « Je persiste et je signe, bien sûr », avait-il déclaré. Il avait ensuite ajouté : « Ça, c'est mon opinion à moi », se disant « très heureux » d'avoir pu l'exprimer sur le service public.
Une nouvelle référence au nazisme
La nouvelle chronique prend dès lors une autre dimension. À quelques semaines d'intervalle, le même chroniqueur de la première radio de France mobilise une deuxième fois l'univers lexical du nazisme pour attaquer des personnalités ou une formation situées à droite de l'échiquier politique.
La première fois, les « néonazis » apparaissaient dans une plaisanterie consacrée au pluralisme et à l'arrivée de Charles Sapin. La seconde, ce sont les initiales « SS » qui servent de chute à une attaque contre le Rassemblement national.
Et ce précédent intervient alors que les chroniques humoristiques de France Inter font déjà l'objet d'un débat au sein même de Radio France.
Le Comité d'éthique du groupe public s'est ainsi saisi début septembre d'une chronique d'Ameziane diffusée le 31 août dans Zoom Zoom Zen. Celui-ci avait comparé le député RN Jean-Philippe Tanguy à « un rat qui se serait transformé en humain », provoquant une nouvelle controverse sur les limites de l'humour politique à l'antenne publique.
Jusqu'où ira cet « humour » sur le service public ?
Radio France défend depuis longtemps une conception particulièrement large de la liberté laissée à ses humoristes. Interrogé en début d'année par la médiatrice du groupe sur plusieurs polémiques, Laurent Goumarre, directeur des programmes de France Inter, revendiquait le droit des humoristes « à choquer, à bousculer » et estimait que « l'irrévérence, la provocation, l'outrance » avaient leur place sur l'antenne. Il présentait parallèlement le « pluralisme » comme la politique de France Inter en matière d'humour.
La médiatrice reconnaissait toutefois que certains auditeurs considéraient déjà que des sketchs visant régulièrement l'extrême droite ne relevaient plus seulement de l'humour, mais de « la prise de position idéologique ». Radio France répondait alors que la gauche faisait également l'objet de chroniques humoristiques.
C'est précisément la frontière que la nouvelle sortie de Jessé remet sur la table. Un humoriste est libre d'être outrancier et le registre satirique n'est évidemment pas soumis aux mêmes exigences qu'un journal d'information. Mais Jessé avait lui-même compliqué cette distinction après la polémique Charles Sapin en revendiquant explicitement son propos comme son « opinion ».
Deux semaines plus tard, il choisit donc à nouveau une référence au nazisme pour attaquer une partie de la droite française. Cette fois, nul besoin d'attendre une interprétation compliquée de la plaisanterie. Elle tient en deux lettres : « SS ».