Trump subit une humiliation électorale historique et perd beaucoup de bastions des Républicains
Grosse défaite pour les Républicains aux élections. Donald Trump et son parti perdent le contrôle du Sénat et de la Chambre. Il paie certainement la hausse du coût de la vie et la guerre en Iran.
Publié par J.PE
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Trump perd largement les élections midterms.
Le président américain essuie une défaite majeure lors des élections de mi-mandat : les démocrates reprennent le contrôle des deux chambres du Congrès et remportent plusieurs victoires dans des bastions républicains. Donald Trump, lui, refuse d'assumer le revers et accuse ses propres candidats d'avoir échoué.
La nuit a été particulièrement difficile à la Maison-Blanche. Alors que les résultats des élections de mi-mandat tombaient progressivement, Donald Trump a dû se rendre à l'évidence : son camp venait de subir une défaite bien plus lourde que prévu. Le président suivait le dépouillement depuis ses appartements privés, entouré de ses proches et de ses principaux collaborateurs. Aucune conférence de presse n'avait été prévue et, au fil des victoires démocrates, il est devenu évident qu'il ne s'adresserait pas aux caméras.
L'ambiance au sein de la résidence présidentielle était loin d'être à la fête. Les résultats venus des quatre coins du pays confirmaient un véritable revers politique, susceptible de compromettre les deux dernières années du mandat de Donald Trump.
À minuit, les pires craintes de la Maison-Blanche se sont confirmées : les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat. Un basculement historique qui ne s'était plus produit depuis vingt ans.
Mais, au-delà de la perte des deux chambres du Congrès, ce sont surtout plusieurs défaites personnelles qui risquent de laisser des traces pour le président américain. Au Texas, James Talarico a battu le procureur général Ken Paxton, pourtant personnellement soutenu par Donald Trump. Dans l'Ohio, Vivek Ramaswamy, l'un des alliés les plus proches du président, a été battu par la démocrate Amy Acton.
En Caroline du Sud, Annie Andrews s'est imposée face à Darline Graham, une autre candidate choisie et soutenue par Trump, remportant un siège que les démocrates n'avaient plus gagné depuis 1998. Roy Cooper a également remporté la victoire en Caroline du Nord. Au Kansas, les démocrates ont décroché un siège au Sénat pour la première fois depuis 1932.
Difficile, dans ces conditions, pour Donald Trump de prétendre que ces revers sont uniquement dus à des candidats peu connus ou à des campagnes mal organisées. Le président s'était personnellement impliqué dans plusieurs de ces scrutins, avait désigné ses favoris et appelé les électeurs à leur apporter leur soutien. Ces candidats étaient ses choix. Leurs défaites sont donc aussi les siennes.
Trump avait personnalisé le scrutin
Le président américain n'a pourtant montré aucune intention de reconnaître l'ampleur de la défaite. Pas de déclaration publique, pas de discours destiné à reconnaître le résultat et encore moins de prise de responsabilité.
Sa réaction est finalement venue de son réseau social, Truth Social. Donald Trump y a publié un message dans lequel il affirme : « Je ne figurais pas sur le bulletin de vote et, si cela avait été le cas, nous aurions remporté une victoire écrasante. Merci de votre attention sur cette question. »
Une déclaration qui contraste fortement avec ses propres appels durant la campagne. Le président avait alors exhorté les Américains à voter comme si son nom figurait lui-même sur les bulletins.
Donald Trump avait donc largement personnalisé ces élections, les transformant en référendum sur son leadership. Mais une fois les résultats connus, il tente désormais de prendre ses distances avec le scrutin. Selon lui, ce ne serait pas son leadership qui aurait été sanctionné, mais plutôt l'incapacité de ses candidats à mobiliser les électeurs.
Des bastions républicains tombent aux mains des démocrates
La carte électorale constitue une autre mauvaise nouvelle pour la Maison-Blanche. En 2024, Donald Trump avait remporté le Texas avec près de 14 points d'avance et la Caroline du Sud avec environ 18 points. Deux États qui viennent désormais de basculer du côté démocrate.
Il ne s'agit donc pas simplement de quelques circonscriptions disputées perdues dans le cadre d'élections de mi-mandat traditionnellement difficiles pour le parti présidentiel. Le vote sanction a également touché des territoires que les républicains considéraient jusqu'ici comme acquis.
Dans l'Ohio, la défaite de Vivek Ramaswamy revêt également une dimension personnelle. Milliardaire issu d'une famille d'origine indienne, il figurait parmi les personnalités les plus en vue du mouvement qui avait accompagné Donald Trump lors de la campagne de 2024.
Sa campagne contre Amy Acton avait été marquée par une polémique particulièrement virulente. Une publicité républicaine avait utilisé les déclarations de la mère de la candidate démocrate, dont elle était éloignée depuis plusieurs décennies, pour tenter de la discréditer publiquement. La femme accusait sa fille de mentir et appelait les électeurs à ne pas voter pour elle, alors qu'Amy Acton avait été victime d'abus sexuels durant son enfance, commis par son beau-père.
La diffusion de cette publicité avait suscité des critiques jusque dans les rangs républicains. Au terme du scrutin, Amy Acton a finalement remporté la victoire et devient la première gouverneure démocrate de l'Ohio depuis 2011.
Le Texas bascule : une défaite historique pour les républicains
La victoire de James Talarico au Texas constitue sans doute l'un des résultats les plus symboliques de cette soirée électorale. Les démocrates n'avaient plus réussi à faire élire un sénateur dans cet État depuis 1988.
Son adversaire, Ken Paxton, procureur général et candidat soutenu par Donald Trump, abordait pourtant le scrutin avec l'appui de la Maison-Blanche. Mais plusieurs controverses judiciaires et personnelles avaient fragilisé sa candidature.
L'intervention du président américain et de son vice-président, JD Vance, dans la campagne n'aura finalement pas suffi à inverser la tendance. La victoire de Talarico marque ainsi un tournant majeur dans l'un des bastions historiques du Parti républicain.
Donald Trump a rapidement cherché des responsables. Parmi ses premières cibles figure Greg Abbott, gouverneur républicain du Texas, pourtant considéré comme l'un de ses fidèles alliés.
Greg Abbott avait soutenu les politiques migratoires du président, collaboré étroitement avec son administration et fait du Texas l'un des principaux terrains d'application de son programme politique.
Mais, sur Truth Social, Trump l'a violemment critiqué, affirmant qu'au cours des six derniers mois de sa carrière politique, il était devenu « républicain uniquement de nom ».
L'heure de l'unité républicaine semble donc déjà révolue. Au lendemain de cette débâcle électorale, les règlements de comptes ont commencé au sein du camp présidentiel.
Les Démocrates en position de bloquer Trump
La reconquête des deux chambres du Congrès offre désormais aux démocrates des moyens considérables pour entraver l'action de Donald Trump durant la dernière partie de son mandat.
À la Chambre des représentants, ils pourront reprendre le contrôle des commissions parlementaires, réclamer des documents et lancer des enquêtes sur les décisions de l'administration, mais aussi sur les activités et les intérêts de la famille présidentielle.
Au Sénat, leur majorité leur permettra également de bloquer ou de ralentir de nombreuses nominations et initiatives législatives de la Maison-Blanche.
Donald Trump conserve néanmoins un levier important : une éventuelle procédure de destitution ne pourrait aboutir à une condamnation qu'avec une majorité des deux tiers au Sénat, un seuil que les démocrates ne disposent pas des voix nécessaires pour atteindre.
Le président a d'ailleurs déjà brandi la menace de son droit de veto dans un nouveau message publié sur son réseau social.
Une chose est désormais certaine : après cette défaite électorale historique, Donald Trump aborde les deux dernières années de son mandat dans une position politique considérablement affaiblie. Et plutôt que de chercher à rassembler son parti, le président semble déjà engagé dans une bataille pour désigner les responsables de cette débâcle.