« Une folie démocratique » : Bellamy attaque les 63 milliards prévus pour l’éolien en mer
François-Xavier Bellamy s’attaque au vaste programme français d’éoliennes en mer, dont il chiffre le soutien public à 63 milliards d’euros. L’eurodéputé LR dénonce une décision prise avant la présidentielle, avec l’aval de Bruxelles, et promet qu’une alternance reviendrait sur le projet.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
François-Xavier Bellamy attaque le programme français d’éoliennes en mer, qu’il chiffre à 63 milliards d’euros d’argent public, et promet de revenir sur AO10 après la présidentielle.
François-Xavier Bellamy ouvre un nouveau front contre la politique énergétique française. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, l’eurodéputé LR dénonce le vaste programme de développement de l’éolien en mer et accuse le gouvernement de vouloir engager des dizaines de milliards d’euros d’argent public à quelques mois de l’élection présidentielle.
« Le gouvernement français est en train d’engager 63 milliards d’euros d’argent public pour les prochaines années, de votre argent, avant même la présidentielle, et personne ne vous en parle », attaque-t-il.
La France a demandé l’autorisation de Bruxelles pour engager 63 milliards d’euros d’argent public dans un appel d’offres massif pour entourer les côtes françaises d’éoliennes en mer.
— Fx Bellamy (@fxbellamy) September 9, 2026
Sans débat, à la veille d’une présidentielle, alors que la dette asphyxie le pays, 63 milliards… pic.twitter.com/e4lE8ucbhq
Dans son viseur : les nouveaux appels d’offres destinés à développer plusieurs parcs éoliens au large des côtes françaises et le feu vert accordé par la Commission européenne au mécanisme français de soutien.
Pour Bellamy, le débat n’est d’ailleurs plus seulement énergétique. Il devient démocratique : un gouvernement peut-il engager durablement une politique industrielle aussi coûteuse à la veille d’une élection susceptible de conduire à une alternance ?
« Bénéfices privés, risques publics »
L’élu français conteste d’abord la nécessité énergétique du programme. Il rappelle que la France dispose d’un parc nucléaire considérable, exporte une partie de son électricité et bénéficie déjà d’un mix électrique très largement décarboné. Ajouter massivement des capacités éoliennes intermittentes constituerait donc, selon lui, une dépense aussi inutile que contre-productive.
« Les énergies éoliennes, vous le savez, fonctionnent avec le vent. Quand le vent tombe, elles ne sont pas là », résume-t-il.
Bellamy soutient que l’arrivée massive d’électricité éolienne complique l’équilibrage du réseau et contraint à moduler la production nucléaire. « L’éolien qui vient sur le réseau oblige à éteindre nos centrales nucléaires, qui ne sont ensuite rallumées que quand les éoliennes s’éteignent. C’est évidemment absurde », affirme-t-il.
Cette présentation est celle de l’eurodéputé et mérite d’être nuancée : un réseau électrique ne fonctionne pas selon un simple face-à-face où chaque mégawatt éolien conduirait mécaniquement à arrêter son équivalent nucléaire. L’intermittence impose bien des contraintes d’équilibrage et de flexibilité, mais celles-ci dépendent également de la consommation, des exportations, du stockage et des autres moyens de production.
Bellamy n’en démord pas. Dans son message accompagnant la vidéo, il résume le modèle qu’il dénonce : « Bénéfices privés, risques publics, bilan environnemental désastreux, intérêt national inexistant. »
Une bataille à quelques mois de la présidentielle
L’autre argument est politique. Bellamy reproche au gouvernement de lancer un programme qui engagera les finances publiques pendant de nombreuses années alors que la France est lourdement endettée et qu’une élection présidentielle approche.
« Nous n’avons bien sûr pas les moyens de nous offrir cette catastrophe économique et budgétaire », lance-t-il, avant de dénoncer également une « catastrophe environnementale » et une « folie démocratique ».
La critique environnementale vise notamment l’emprise des installations en mer et leurs conséquences potentielles sur les écosystèmes. Les défenseurs de l’éolien offshore font valoir, à l’inverse, qu’il doit permettre à la France d’augmenter fortement sa production électrique décarbonée à mesure que les usages — transports, industrie ou chauffage — s’électrifient.
Mais Bellamy prépare déjà la bataille suivante : celle de l’après-présidentielle. « Cette décision ne peut pas piéger notre démocratie. Nous reviendrons sur AO10 dès l’élection présidentielle », promet-il sur X.
Son avertissement est donc autant adressé au gouvernement qu’aux futurs exploitants. Pour François-Xavier Bellamy, les engagements pris aujourd’hui dans l’éolien en mer ne doivent pas être considérés comme irréversibles si une nouvelle majorité décide, après la présidentielle, de remettre le nucléaire au centre de la stratégie énergétique française.
À quelques mois du scrutin, les éoliennes françaises viennent ainsi s’ajouter à la longue liste des décisions que l’opposition entend soumettre de nouveau aux électeurs.