Valérie Glatigny veut rassurer les enseignants avant la rentrée 2026
Entre impératifs budgétaires et pénurie d’enseignants, la Fédération Wallonie-Bruxelles défend une réforme qui promet de préserver l’emploi tout en renforçant l’efficacité du système éducatif. La réussite des élèves demeure l’argument central avancé par la ministre Valérie Glatigny.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Face aux critiques, Valérie Glatigny défend une réforme destinée à préserver l’emploi des enseignants, lutter contre la pénurie et assainir les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Plusieurs garanties sont annoncées pour les temporaires, ainsi que des mesures d’attractivité pour les nouveaux enseignants.
La réforme de l’enseignement portée par la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, continue de susciter débats et inquiétudes. Face aux critiques, la responsable politique affirme que la priorité reste la qualité des apprentissages et la préparation de la rentrée 2026-2027 dans un contexte budgétaire particulièrement tendu.
Au cœur des préoccupations figure la continuité des cours. La ministre a récemment insisté sur les conséquences que pourraient avoir certaines actions de protestation sur les élèves.
Selon elle, l’enjeu majeur ne réside pas dans les mouvements sociaux eux-mêmes, mais dans les perturbations pédagogiques susceptibles d’affecter la fin de l’année scolaire. Elle a également salué les enseignants qui poursuivent leur mission afin de permettre la validation des acquis des élèves.
Des garanties sur l’emploi des temporaires
L’une des principales inquiétudes concerne l’augmentation de deux périodes de cours pour les enseignants du secondaire supérieur et ses répercussions éventuelles sur les enseignants temporaires.
Le gouvernement avance toutefois plusieurs chiffres pour rassurer le secteur. À la prochaine rentrée, 2.170 équivalents temps plein devraient être libérés dans le secondaire supérieur à la suite de départs naturels.
Sur l’ensemble de l’enseignement secondaire, ce volume atteindrait près de 4.000 équivalents temps plein. Dans le même temps, l’économie recherchée par la réforme correspond à environ 1.300 équivalents temps plein.
Selon la ministre, ces données démontrent que les départs liés notamment aux pensions permettront d’absorber les effets de la mesure sans suppression d’emplois directs. Les dispositifs de réaffectation existants continueront également à accompagner les enseignants confrontés à une réduction partielle de leur charge.
Pour renforcer cette sécurité, des dispositions spécifiques sont prévues pour l’année scolaire 2026-2027. Le gel des réaffectations, déjà intégré au décret-programme 2, doit empêcher qu’un enseignant temporaire perde ses heures au profit d’un enseignant nommé dans le cadre des compléments de charge.
Dans les situations concernées, les deux enseignants conserveraient leurs heures durant toute l’année scolaire.
Une autre mesure vise les temporaires prioritaires afin de garantir le maintien d’un emploi tant pour eux que pour les enseignants nommés. Son efficacité fera l’objet d’une évaluation en décembre 2026.
Rendre la profession plus attractive
Le gouvernement présente également ces réformes comme un levier pour lutter contre la pénurie de personnel enseignant.
Les nouveaux enseignants bénéficieraient ainsi d’un allégement de deux périodes de cours durant leur première année d’activité, accompagné d’un système de mentorat destiné à faciliter leur intégration dans le métier.
Les enseignants âgés d’au moins 60 ans profiteraient eux aussi d’une réduction de deux périodes face-classe afin de leur permettre d’assumer des missions collectives au sein des établissements.
Le projet de « CDI-E », actuellement en concertation avec les acteurs du secteur, ambitionne par ailleurs d’offrir davantage de stabilité aux jeunes diplômés grâce à une charge complète dès leur entrée dans la profession. Une mesure présentée comme une réponse au départ précoce d’un enseignant débutant sur trois dans les cinq premières années de carrière.
Une revalorisation salariale de 5% pour les nouveaux diplômés est également annoncée, tandis qu’un renforcement de 25% de l’écart barémique entre enseignants et directions doit mieux reconnaître les responsabilités de ces dernières.
Simplification administrative et équilibre budgétaire
La réforme prévoit aussi plusieurs allégements administratifs. Les plans de pilotage seront simplifiés et l’obligation de rapportage liée au travail collaboratif, fixé à 60 heures annuelles, sera suspendue pendant un an.
La réduction du nombre de détachés pédagogiques poursuit quant à elle un objectif de lutte contre la pénurie en renforçant la présence des enseignants et des directions au sein des écoles.
Enfin, le gouvernement justifie l’ensemble de ces mesures par la situation financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les autorités estiment nécessaire de restaurer l’équilibre budgétaire afin de garantir le financement durable de l’enseignement, d’assurer le paiement des salaires à l’horizon 2029 et de dégager à terme des marges permettant de réinvestir davantage dans les écoles et la qualité de l’enseignement.