Pour la Ministre Glatigny, sans réforme dans l’enseignement, on ne pourrait plus payer le salaire des professeurs : « Ce n’était pas une option »
Budget limité mais maîtrisé, réformes indispensables : Valérie Glatigny (MR) défend les mesures d'économies prises dans le secteur de l'enseignement. La ministre explique que les salaires des professeurs étaient menacés.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
- Valérie Glatigny s'exprime, alors que les professeurs maintiennent la pression.
- "Il n'y aura plus d'économies d'ampleur pour l'enseignement", promet la ministre, qui défend les lignes de son budget maîtrisé.
Valérie Glatigny est fort critiquée par les syndicats d’enseignants. En pleine grève des professeurs, la ministre MR de l'Enseignement elle a accordé un entretien à nos confrères de Sudinfo. Elle y explique les raisons des réformes et pourquoi le cadre budgétaire catastrophique ne permet plus de rester les bras croisés.
Valérie Glatigny commence à expliquer que son département a déjà fait les réformes et que si d’autres économies devront être faites (vu qu’on parle de devoir encore faire des efforts budgétaires), cela sera dans d’autres départements que le sien. On pense notamment à la RTBF qui a été jusqu’à présent fort épargnée et dont les subsides annuels d’environ 350 millions sont aujourd’hui difficilement encore payables vu le cadre difficile dans lequel le gouvernement se trouve.
Maîtriser le budget de l'enseignement
Ainsi, la Ministre explique : « Il n’y aura plus d’économies d’ampleur pour l’enseignement. J’entends souvent que c’est un budget d’austérité. On oublie qu’il comporte aussi 200 millions d’euros de politiques nouvelles pour la Fédération. Pour l’enseignement, c’est 75 millions de politiques nouvelles que l’on ne voit pas encore, car elles arriveront en 2027 : + 5 % de salaire pour les jeunes formés non plus en 3, mais en 4 ans ; deux périodes en moins face à la classe pour un enseignant qui débute ou qui a plus de 60 ans ; l’accompagnement personnalisé des élèves qui est renforcé, etc. On est tout à fait crédible lorsqu’on dit que l’on fait des économies pour retrouver la maîtrise de notre budget et puis réinvestir dans l’école plutôt que de payer des centaines de millions d’euros en charges d’intérêts. »
Sur la situation très problématique du budget, elle rappelle que cela a été confirmé par des experts indépendants et que si on ne fait rien, c’est le salaire des professeurs qu’on ne pourra bientôt plus payer. Ainsi, la ministre déclare : « Ces chiffres ont été confirmés par le comité d’experts qui a aidé le gouvernement sur les pistes d’économie possibles. Parmi eux, il y avait des profils très différents. Faut-il rappeler que les agences de notation internationales ont confirmé la gravité de notre situation budgétaire ? Elles ont dégradé la note de la Belgique et donc de la Fédération. On peut toujours dire qu’on aurait pu continuer comme ça et faire l’autruche, en espérant ne pas trop abîmer son image politique et en refilant la patate chaude au prochain gouvernement, mais on évoquait un problème pour le paiement des salaires autour de 2029-2030, ce n’était donc pas une option, ni de laisser une dette impayable à nos enfants. Les choix peuvent sembler difficiles à assumer, mais dans la liste des recommandations des experts, il y avait des choses qui impactaient l’encadrement des élèves ou l’attractivité du métier et que nous n’avons pas retenues. »