Réunis à Charleroi, Les Engagés veulent dépasser le clivage entre socialisme et néolibéralisme
Réunis à Charleroi, Les Engagés ont présenté une nouvelle doctrine économique destinée à dépasser l’opposition entre socialisme et néolibéralisme. Le parti défend une économie recentrée sur la souveraineté, l’innovation et la responsabilité budgétaire.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Lors de leur congrès à Charleroi, Les Engagés ont défendu un nouveau modèle économique baptisé « télolibéralisme ». Yvan Verougstraete a plaidé pour davantage de souveraineté, de réindustrialisation et de discipline budgétaire, tout en soutenant les réformes destinées à préserver les pensions, l’enseignement et les soins de santé.
Les Engagés ont profité de leur congrès annuel consacré à la réindustrialisation, organisé dimanche à Charleroi, pour préciser leur vision économique. Devant les militants, le président Yvan Verougstraete a appelé à un changement de cap face aux modèles qu’il juge aujourd’hui insuffisants pour répondre aux défis du pays.
Selon lui, la Belgique doit retrouver davantage de maîtrise dans plusieurs domaines stratégiques. Il a notamment plaidé pour une concurrence plus équitable, une souveraineté fiscale renforcée et une meilleure utilisation des avancées technologiques afin qu’elles contribuent directement à l’amélioration du bien-être collectif.
Un « libéralisme guidé par le sens »
Au cœur de son intervention, Yvan Verougstraete a défendu un concept qu’il qualifie de « télolibéralisme », en référence au mot grec Telos, qui renvoie à la finalité ou au sens. Cette approche entend proposer une alternative à la fois au socialisme et au néolibéralisme.
Pour le président des Engagés, la liberté économique ne peut constituer un objectif en elle-même. Elle doit rester un outil au service d’un projet collectif clairement défini. Cette vision vise à concilier initiative individuelle, efficacité économique et intérêt général.
Le congrès a également été marqué par la présence de Philippe Lamberts. L’ancien coprésident d’Ecolo, aujourd’hui conseiller pour la transition climatique auprès de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ouvert les travaux de la journée. Son intervention a été chaleureusement accueillie par les militants présents.
Réformes et discipline budgétaire
Au-delà des questions économiques, Yvan Verougstraete s’est attardé sur les enjeux fédéraux et wallons. Il a défendu les réformes engagées par les exécutifs en affirmant qu’elles avaient pour objectif de préserver les grands piliers du modèle social belge.
Le président du parti a cité la pérennité des pensions, le maintien d’un enseignement de qualité et l’accès aux soins de santé comme des priorités qui justifient, selon lui, les transformations en cours.
Dans la même logique, il a soutenu l’action gouvernementale en matière de simplification administrative et d’optimisation des dépenses publiques. Très critique envers les responsables politiques opposés à ces changements, il les a accusés de refuser les réalités budgétaires auxquelles la Belgique est confrontée.
Yvan Verougstraete a estimé que l’inaction risquait d’aggraver les difficultés financières du pays. Il a également dénoncé l’idée selon laquelle les problèmes pourraient être résolus sans effort de réforme, avertissant contre les conséquences d’un endettement et de dépenses publiques qu’il juge insuffisamment maîtrisés.