« On va finir par pleurer en l'entendant » : le PS vole au secours de Verougstraete
Le PS assume son soutien à la taxe sur les grands patrimoines proposée par Les Engagés et tourne en dérision les critiques du patron d'Odoo, Fabien Pinckaers. Une sortie qui a provoqué une réplique immédiate du président du MR, Georges-Louis Bouchez.
Publié par Harrison du Bus
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Résumé de l'article
Le PS soutient la taxe sur les grands patrimoines et ironise sur Fabien Pinckaers. Georges-Louis Bouchez réplique en défendant le fondateur d'Odoo.
La polémique autour de la contribution sur les grands patrimoines financiers continue de rebattre les cartes politiques.
Quelques heures après la longue mise au point publiée par Yvan Verougstraete, le PS s'est dit prêt à soutenir cette mesure depuis l'opposition. Invité de Bel RTL, le député fédéral Frédéric Daerden a appelé les Engagés à franchir une nouvelle étape.
« Soyez courageux ! », a-t-il lancé au parti centriste, en l'invitant à déposer une proposition de loi à la Chambre. Le socialiste s'est dit « heureux » de pouvoir travailler avec les Engagés sur cette initiative.
Il a même ajouté, non sans une pique d'insolence, « qu'on va finir par pleurer en l'entendant ».
Une majorité divisée
La proposition défendue par le président des Engagés prévoit une contribution progressive sur les patrimoines financiers supérieurs à 500.000 euros, avec un taux maximal de 0,6 % au-delà de trois millions d'euros.
Selon les estimations avancées par le parti centriste, cette mesure pourrait rapporter entre un et deux milliards d'euros par an afin de participer au redressement des finances publiques.
Mais au sein même de la coalition Arizona, l'accueil est loin d'être unanime. Le MR s'est immédiatement opposé à cette nouvelle taxation. Le Premier ministre Bart De Wever a également pris ses distances, appelant cette semaine à éviter des « propositions trop folles », une formule largement interprétée comme une référence à cette contribution sur les patrimoines.
Un débat relancé par l'affaire Odoo
La proposition a pris une tout autre ampleur après la réaction très remarquée du fondateur d'Odoo, Fabien Pinckaers, qui affirmait qu'une telle taxe pourrait le contraindre à quitter la Belgique.
Face à cette controverse, Yvan Verougstraete a publié une longue mise au point, reconnaissant que son projet créait « pas mal d'émoi » et ouvrant la porte à plusieurs adaptations, notamment un régime spécifique pour les entrepreneurs, un éventuel plafonnement ou encore un paiement différé pour les actions peu liquides.
L'intervention du PS montre toutefois que le débat dépasse désormais largement la seule majorité fédérale. Si les partenaires gouvernementaux restent divisés, les socialistes font savoir qu'ils sont prêts à apporter leurs voix si les Engagés décident de porter officiellement leur proposition devant le Parlement.
Bouchez vole au secours du patron d'Odoo
La sortie du PS a également provoqué une réaction immédiate de Georges-Louis Bouchez. Le président du MR a vivement pris la défense de Fabien Pinckaers, estimant que le fondateur d'Odoo avait davantage apporté à la Wallonie que nombre de responsables politiques.
Quelle arrogance mal placée … @FredericDaerden a créé quoi pour la Wallonie à part gaspiller l’argent des autres et laisser des dettes ?
— Georges-L BOUCHEZ (@GLBouchez) June 25, 2026
Fabien Pinckaers a fait plus pour la Wallonie que la plupart des élus depuis quelques décennies. Et ça mérite le respect. D’autant plus que… pic.twitter.com/kM52hxBDpR
« Quelle arrogance mal placée... », écrit-il en réponse à Frédéric Daerden. « Fabien Pinckaers a fait plus pour la Wallonie que la plupart des élus depuis quelques décennies. Et ça mérite le respect. »
Selon le président libéral, le chef d'entreprise n'a jamais défendu son intérêt personnel mais a simplement cherché à expliquer les conséquences économiques que pourrait produire une taxation du patrimoine entrepreneurial. Bouchez voit dans la réaction du député socialiste l'illustration d'un mal plus profond : « Ce mépris pour l'entrepreneuriat explique pourquoi nous n'avons plus de croissance économique et tant de difficultés en Wallonie et à Bruxelles. Des gens incapables de produire quelque chose osent critiquer ceux qui prennent des risques. Écœurant. »