« 15 députés en moins » : Guillaume Soupart veut tailler dans le Parlement wallon
Le député MR propose de réduire de 75 à 60 le nombre d’élus wallons, au nom d’une « sobriété démocratique » et d’économies budgétaires.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Le député MR Guillaume Soupart propose de réduire de 20 % le nombre d’élus wallons, au nom de la « sobriété démocratique »
— La réforme prévoit aussi une refonte du système électoral, avec des circonscriptions provinciales et la fin de certains mécanismes contestés
— Objectif affiché : près de 3 millions d’euros d’économies annuelles et un Parlement resserré, soutenu par Adrien Dolimont
Guillaume Soupart, benjamin du Parlement wallon, plaide pour une réduction de 20 % du nombre de députés régionaux, qui passerait de 75 à 60.
Dans un entretien accordé au Soir, le député du Mouvement Réformateur inscrit cette proposition dans une logique plus large de rationalisation institutionnelle. « On doit faire de la sobriété démocratique », affirme-t-il, en rappelant les réformes déjà engagées au niveau fédéral et régional : réduction des cabinets, suppression de ministres ou encore remise en question de certains échelons politiques.
Une représentation plus large, une carte redessinée
Concrètement, la réforme impliquerait une redistribution des sièges par province. Le Hainaut et Liège seraient les plus concernés, avec une perte de cinq sièges chacun, tandis que Namur en perdrait trois et le Brabant wallon ainsi que le Luxembourg un chacun.
Au total, le Parlement passerait de 75 à 60 élus, soit une diminution de 15 sièges. Chaque député représenterait dès lors environ 61.000 citoyens, contre 49.000 aujourd’hui, ce qui traduit un élargissement significatif de la base représentative.
La réforme prévoit également un changement structurel du système électoral : les circonscriptions, actuellement organisées par arrondissements, deviendraient provinciales, comme au fédéral. Ce basculement entraînerait la disparition du mécanisme d’apparentement.
Une remise en cause des mécanismes électoraux
Au-delà du nombre d’élus, le projet s’attaque à plusieurs dispositifs jugés contestables par le député libéral.
La suppression de l’effet dévolutif de la case de tête et des listes de suppléants est explicitement soutenue par Soupart, qui considère que ces mécanismes « entravent la démocratie et la volonté des électrices et électeurs ».
Ces modifications s’inscrivent dans la Déclaration de politique régionale, mais nécessitent une majorité spéciale des deux tiers, ce qui suppose un large consensus politique.
Un argument budgétaire assumé
L’argument financier n’est pas secondaire. Selon Guillaume Soupart, la suppression de 15 sièges permettrait une économie annuelle de près de 2,83 millions d’euros, en tenant compte des rémunérations des élus et de leurs collaborateurs.
Une ligne qui rejoint les prises de position récentes du MR sur la réduction des dépenses publiques et l’efficacité de l’action politique.
Le ministre-président wallon Adrien Dolimont soutient d’ailleurs la proposition, tout en y ajoutant une nuance : il souhaite introduire une circonscription régionale permettant l’élection de cinq députés supplémentaires selon une logique plus globale.