Geoffroy Coomans de Brachène : « Les militants attendent de la cohérence, pas des nuances floues ou changeantes »
La campagne du MR aux élections internes bruxelloises arrive dans la dernière ligne droite. 21News a rencontré les deux candidats principaux en exclusivité pour leur donner l’occasion de s’exprimer et de défendre leurs priorités. Propos recueillis par Demetrio Scagliola.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
— Geoffroy Coomans revendique une candidature ancrée dans l’expérience et la connaissance du terrain bruxellois.
— Il assume une ligne plus à droite, plus lisible, en rupture avec ce qu’il considère comme les échecs de la gauche.
— Il plaide pour un MR fidèle à ses valeurs, cohérent à tous les niveaux de pouvoir et capable de convaincre sans se diluer.
21News : Vous vous présentez face à un favori soutenu par une partie de l’appareil. Qu’est-ce qui vous différencie fondamentalement de David Weytsman ?
Geoffroy Coomans : Je rassemble déjà de très nombreux soutiens, notamment parmi mes collègues députés ainsi que le Ministre-Président Boris Dilliès ou la Secrétaire politique du MR Valentine Delwart, ce sont autant de soutiens de poids qui me confortent dans ce choix de me présenter. Pensez-vous vraiment que je ne sois pas soutenu ? Cela fait 26 ans que je suis engagé à Bruxelles, comme élu local, échevin, et aujourd’hui député, contre 14 ans pour David. Et je veux à présent la mettre au profit de notre mouvement et du rayonnement de nos valeurs libérales. Je connais le terrain, les sections et les réalités bruxelloises en profondeur. J’assume une ligne plus ferme, plus à droite, plus lisible, notamment sur des sujets comme la neutralité de l’État, que je défends strictement, sans aucune ambiguïté. Les militants attendent de la cohérence, pas des nuances floues ou changeantes. Je n’ai fait aucune promesse de postes, de mandats ou de places ! Je suis libre, et cette liberté me permet de ne servir qu’une seule chose : nos valeurs Libérales, pour la conquête de nouveaux territoires.
J’assume une ligne plus ferme, plus à droite, plus lisible, notamment sur des sujets comme la neutralité de l’État, que je défends strictement, sans aucune ambiguïté.
21News : Vous incarnez une ligne plus à droite. Est-ce, selon vous, la clé pour regagner du terrain à Bruxelles ?
Geoffroy Coomans : Certainement, la Région s’est fourvoyée durant 22 années, durant lesquels les vieilles recettes de la Gauche ont été appliquées, avec des résultats catastrophiques, j’assume donc pleinement ce positionnement plus à droite que David Weytsman. Et j’espère que cette nouvelle ligne politique pourra être appliquée ces prochaines années, les Bruxellois méritent en effet de retrouver leur qualité de vie, mise à mal pour sa sécurité, sa propreté, sa mobilité, je rejette clairement le laxisme de la gauche et réclame une ligne plus claire et plus visible de la part des Libéraux dans notre capitale.
21News : Certains estiment que le MR s’est trop ouvert ces dernières années. Partagez-vous ce diagnostic ?
Geoffroy Coomans : L’ouverture n’est pas un problème, à condition de rester fidèle à notre ADN et les valeurs qui font l’essence de notre projet. S’ouvrir, oui. Se diluer, non. Le projet libéral a toute sa place à Bruxelles, dans tous les quartiers. Mais encore faut-il l’assumer clairement et le faire comprendre. C’est en étant clairs sur nos valeurs que l’on convainc, pas en faisant preuve de laxisme.
Le vrai problème aujourd’hui, c’est que trop souvent, ce sont nos adversaires qui racontent notre projet, et ne manquent pas de le caricaturer.
21News : Faut-il revenir à un MR plus traditionnel ou continuer à élargir sa base électorale ?
Geoffroy Coomans : Il ne faut pas choisir entre les deux - il faut être fidèle à ce que nous sommes pour pouvoir convaincre davantage. Élargir notre base, oui. Mais certainement jamais au prix de notre ADN ! Si nous sommes clairs sur nos valeurs – liberté, responsabilité, émancipation – et surtout si nous obtenons des résultats concrets sur le terrain, alors nous convaincrons naturellement de nouveaux publics. Le vrai problème aujourd’hui, c’est que trop souvent, ce sont nos adversaires qui racontent notre projet, et ne manquent pas de le caricaturer. À nous de le porter clairement, de l’assumer, et de prouver qu’il améliore la vie des Bruxellois.
21News : Vous avez réalisé un bon score personnel malgré une place peu favorable. Que vous dit ce résultat sur les attentes des électeurs ?
Geoffroy Coomans : J’ai la chance de disposer d’une belle assise électorale, avec des personnes me suivent et me portent parfois depuis près de 30 ans, cette fidélité à notre valeurs, je veux la retrouver au cœur de notre projet pour notre Régionale.
21News : Comment réconcilier les militants historiques et les nouveaux profils au sein du MR ?
Geoffroy Coomans : Je n’ai pas crainte à cet égard car le projet libéral est déclinable pour tous les quartiers et tous les profils, encore faut-il qu’il soit bien expliqué et compréhensible, avec des exemples de réussite concrets.
21News : Quelle relation souhaitez-vous entretenir avec Georges-Louis Bouchez ? Êtes-vous en phase avec sa ligne ?
Geoffroy Coomans : J’ai une excellente relation avec Georges-Louis Bouchez et je suis en phase avec sa ligne, notamment son positionnement assumé à droite ! Mais au-delà des personnes, l’essentiel, ce sont les projets qui doivent parler directement aux citoyens et répondre à leurs attentes. Notre responsabilité, c’est de porter des solutions concrètes, lisibles et utiles pour les Bruxellois. C’est cela qui fera la différence.
21News : Le MR bruxellois doit-il s’émanciper davantage du national ?
Geoffroy Coomans : Non, certainement pas. Notre force, c’est la cohérence. Le MR doit porter une ligne claire et alignée à tous les niveaux de pouvoir, du fédéral au local. Je refuse un MR bruxellois qui partirait dans une direction différente du reste du MR, à l’instar du PS wallon et du PS bruxellois, le premier étant laïque et l’autre assumant une ligne communautariste assez marquée. Cela ne veut pas dire nier les spécificités bruxelloises, au contraire, il faut les assumer pleinement. Mais dans un cadre cohérent, lisible et solide. L’unité de notre projet est une force. La division serait une faiblesse !
Voir aussi « Je me suis toujours exprimé clairement contre le plan Good Move, qui a été une erreur majeure pour notre région »