« À partir de 12 millions, nous prendrons tout » : le projet de Mathilde Panot sur les héritages
Mathilde Panot assume la proposition de LFI : au-delà de 12 millions d’euros d’héritage, « nous prendrons tout ». Derrière la formule choc se dessine une conception radicale de la propriété et de la transmission, dont les conséquences économiques pourraient être considérables.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Mathilde Panot réaffirme la proposition de LFI d’un héritage maximal de 12 millions d’euros : au-delà, « nous prendrons tout ». Une mesure aux conséquences économiques et patrimoniales potentiellement majeures.
Sommaire
- « Les riches n’ont pas mérité d’être milliardaires »
- Une entreprise familiale ne se découpe pas comme un compte bancaire
- Un formidable encouragement à partir avant de mourir
- De l’impôt à l’interdiction de transmettre
- La « sécession » des riches comme justification
- Un choix de société, pas une mesure comptable
La formule a au moins le mérite de ne laisser guère de place à l’interprétation. Interrogée sur BFMTV sur la fiscalité des successions, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, a réaffirmé une vieille proposition de son mouvement : instaurer un héritage maximal de 12 millions d’euros.
« Nous, nous l’avons dit : à partir de 12 millions d’euros, nous prendrons tout », déclare-t-elle. Lorsqu'Apolline de Malherbe, manifestement surprise, lui demande confirmation — « Ce n’est pas juste les milliardaires. À partir de 12 millions d’euros, vous prenez tout ? » — la députée répond : « Oui ».
Héritage : à partir de 12 millions d'euros, nous prendrons tout.
— Mathilde Panot (@MathildePanot) August 25, 2026
Nous sommes dans un pays où les riches ont décidé de faire sécession.
Il n'est pas moral que 11 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté quand 13000 millionnaires ne paient pas d'impôt sur le revenu. pic.twitter.com/j9MOnKRFg9
Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle tranche d’imposition, même extrêmement élevée. Dans le système défendu par LFI, la fraction d'un héritage excédant le plafond fixé ne pourrait plus être transmise à ses héritiers.
« Les riches n’ont pas mérité d’être milliardaires »
Mais la proposition fiscale n’est peut-être pas le passage le plus révélateur de la séquence. Mathilde Panot lui fournit une justification morale.
« On est dans un système où les riches ont décidé de faire sécession », affirme-t-elle. Selon elle, « les riches ne participent plus à la solidarité nationale ». Et la députée poursuit : « La plupart des riches n’ont pas mérité d’être milliardaires. Ils ont eu juste le mérite d’être bien nés avec une cuillère d’argent et ce sont en immense majorité des super héritiers. »
La plupart des riches n’ont pas mérité d’être milliardaires. Ils ont eu juste le mérite d’être bien nés avec une cuillère d’argent et ce sont en immense majorité des super héritiers.
Mathilde Panot
La logique est limpide : l’accumulation et la transmission d’un patrimoine important deviennent elles-mêmes moralement suspectes. La présidente du groupe LFI oppose cette richesse aux quelque 11 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté et aux 960 personnes qui, selon elle, seraient mortes dans la rue en 2025.
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