Banque Transatlantique : « Le lien humain reste essentiel dans la gestion de fortune »
À la tête de la Banque Transatlantique en Belgique, M. Marrot revendique un modèle de gestion de fortune fondé sur la connaissance des familles et la relation humaine. Implantation en Flandre, essor de la marque et intelligence artificielle : il détaille à 21News les ambitions d'une banque qui gère 74 milliards d'euros.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Banque Transatlantique : M. Marrot détaille à 21News son développement en Belgique, ses ambitions en Flandre et sa stratégie face à l'intelligence artificielle.
21News : Vous dirigez la Banque Transatlantique en Belgique. Pouvez-vous nous raconter son histoire et celle de son implantation dans le pays ?
Bertrand Marrot : La Banque Transatlantique a été créée en 1871. Elle porte ce nom parce qu'elle est née comme une banque d'affaires destinée à financer les chantiers de la Transatlantique, ces bateaux qui effectuaient la traversée de l'Atlantique. Elle a été créée par la famille Pereire et est restée une banque d'affaires pendant une grande partie de son histoire, avant de devenir progressivement une banque privée.
Aujourd'hui, la Banque Transatlantique représente environ 500 personnes dans le monde, est implantée dans dix pays et gère quelque 74 milliards d'euros. Elle dispose également d'une implantation importante en Belgique depuis 21 ans.
21News : Vos clients sont-ils plutôt des entreprises, des particuliers, ou les deux ?
Bertrand Marrot : L'histoire de la Banque Transatlantique en Belgique a commencé il y a un peu plus de vingt ans avec l'arrivée de quelques familles françaises. Progressivement, la banque s'est développée auprès de la clientèle belge, au point de devenir une banque belge dont la clientèle est aujourd'hui majoritairement belge.
Nous disposons de deux bureaux, à Bruxelles et à Courtrai, car nous souhaitons également nous développer dans la partie néerlandophone du pays. C'est un axe important pour l'avenir de la banque.
Le positionnement de la Banque Transatlantique en Belgique est par ailleurs stratégique pour notre groupe. Nous faisons partie du Crédit Mutuel, qui est présent en Belgique non seulement à travers la Banque Transatlantique, mais également au travers d'autres entités exerçant des métiers différents des nôtres.
21News : Nous sommes ici en plein Ixelles pour une soirée organisée avec vos clients. D'où vient l'idée de cet événement ?
Bertrand Marrot : C'est déjà la huitième édition. L'aventure a commencé il y a une dizaine d'années, avec évidemment une interruption pendant le Covid. À l'origine, ce sont nos clients qui nous ont suggéré d'organiser un événement à l'extérieur.
Cela a inspiré les dirigeants de la banque de l'époque, qui se sont dit : « Et si nous privatisions la rue ? » C'était une idée un peu folle, mais elle a pu se concrétiser très facilement et a progressivement rencontré un véritable succès.
Aujourd'hui, cette soirée est devenue un événement important à Bruxelles dans le monde de la banque privée. Nous attendons plus de 1.000 personnes ce soir. C'est aussi le reflet de la notoriété acquise par la banque ces dernières années. La Banque Transatlantique est devenue, dans le monde de la gestion de fortune en Belgique, une marque reconnue et appréciée.
21News : L'intelligence artificielle bouleverse le secteur financier tandis que de nouveaux acteurs comme Revolut bousculent les modèles bancaires traditionnels. Est-ce un risque ou une opportunité pour une banque privée qui mise précisément sur la relation avec ses clients ?
Bertrand Marrot : C'est une opportunité, notamment parce que nous utilisons déjà l'intelligence artificielle dans certains métiers de la banque privée.
Mais dans notre relation avec les clients, nous restons attachés à notre modèle traditionnel. Nos clients viennent chez nous parce qu'ils souhaitent un contact humain. Ils veulent avoir en face d'eux une équipe disponible, qu'ils connaissent et qui, surtout, connaît l'histoire de leur famille et peut donc leur apporter des solutions en connaissance de cette situation familiale.
Ce lien physique et humain reste essentiel dans notre métier. Je crois que c'est précisément ce qui nous permettra, dans la gestion de fortune, de continuer à nous différencier dans la durée.