Changer souvent d’emploi : ce « défaut » sur votre CV pourrait en réalité être un avantage
Longtemps considéré comme un signal d’instabilité, le « job hopping » pourrait cacher une qualité recherchée : la capacité à s’adapter rapidement. Une étude américaine montre que les salariés habitués à changer d’employeur retrouvent plus vite leurs performances. Une conclusion qui interpelle particulièrement en Belgique.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Changer souvent d’emploi n’est peut-être plus un défaut. Une étude montre que les « job hoppers » s’adaptent plus rapidement à une nouvelle entreprise, un constat particulièrement intéressant sur le très stable marché belge.
Pendant des décennies, la règle semblait aller de soi : un bon CV devait rassurer. Quelques employeurs, des expériences suffisamment longues et une trajectoire professionnelle régulière étaient autant de preuves de sérieux. À l’inverse, l’accumulation de postes de courte durée pouvait faire naître une question embarrassante chez le recruteur : pourquoi cette personne ne reste-t-elle jamais longtemps au même endroit ?
Une vaste étude américaine vient bousculer cette conception. Les salariés qui changent fréquemment d’entreprise pourraient posséder une compétence que leur CV ne mentionne généralement pas : ils seraient particulièrement doués pour s’adapter à un nouvel environnement professionnel.
Les travaux menés par Rebecca Kehoe, professeure à l’université Cornell, et F. Scott Bentley, de Rutgers, montrent en effet que l’expérience répétée de la mobilité professionnelle permettrait d’apprendre… à changer d’emploi. À chaque nouvelle entreprise, le salarié perfectionnerait sa capacité à décoder rapidement son nouvel environnement, à nouer les bonnes relations et à retrouver son niveau de performance.
À force de changer, on apprend à recommencer
Les chercheurs ont étudié le parcours de près de 8.700 gestionnaires de hedge funds américains. Le choix de cette profession n’est pas anodin : contrairement à de nombreux métiers, leurs performances individuelles peuvent être suivies et comparées avant et après un changement d’entreprise.
Or le phénomène observé est particulièrement intéressant. Changer d’organisation provoque généralement une baisse temporaire de performance : nouveau fonctionnement, nouveaux collègues, nouvelle hiérarchie, nouvelles règles écrites ou implicites. Mais plus un salarié avait déjà connu de changements d’employeur, plus cette période d’adaptation était réduite.
Autrement dit, les « job hoppers » finissent par acquérir une véritable expérience du changement. Leur performance initiale chute moins lorsqu’ils arrivent dans une nouvelle entreprise et ils retrouvent plus rapidement leur niveau de croisière.
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