Duncan Sheik, compositeur de « Spring Awakening », meurt à 56 ans
Le chanteur et compositeur américain Duncan Sheik est mort à 56 ans. Lauréat d’un Tony et d’un Grammy, il avait renouvelé Broadway avec la comédie musicale « Spring Awakening ».
Publié par A JS
Résumé de l'article
Duncan Sheik est mort à 56 ans des suites d’une défaillance d’organes. Révélé en 1996 par « Barely Breathing », il avait ensuite renouvelé Broadway avec « Spring Awakening ». Cette comédie musicale avait remporté huit Tony Awards et un Grammy.
Le chanteur et compositeur américain Duncan Sheik est mort jeudi soir à 56 ans. Sa famille a annoncé son décès sur son compte Instagram. Sa mère, Suzanne Sheik, a évoqué une défaillance d’organes auprès du New York Times. L’artiste avait récemment connu plusieurs hospitalisations.
Duncan Sheik laisse une œuvre partagée entre la musique pop et Broadway. Le grand public le connaissait surtout grâce à « Barely Breathing ». Cette chanson avait marqué les radios américaines à partir de 1996.
Le titre figurait sur son premier album, simplement baptisé « Duncan Sheik ». Il avait reçu une nomination aux Grammy Awards en 1998. Plusieurs séries, dont « Glee » et « Girls », ont ensuite prolongé sa popularité.
Duncan Sheik avait renouvelé Broadway
Duncan Sheik avait pourtant trouvé son plus grand succès au théâtre. Il avait composé la musique de « Spring Awakening ». Steven Sater en avait écrit les paroles.
Les deux hommes avaient adapté une pièce de Frank Wedekind publiée en 1891. L’œuvre abordait la sexualité adolescente, l’inceste, l’avortement et le suicide. Elle dénonçait aussi le silence imposé aux jeunes par la société.
Duncan Sheik et Steven Sater avaient conservé l’Allemagne provinciale du XIXe siècle. Ils avaient cependant choisi une musique résolument contemporaine. Les personnages abandonnaient le langage de leur époque dès qu’ils commençaient à chanter.
Ce mélange entre drame ancien et musique pop avait transformé les codes de Broadway. Duncan Sheik voulait rapprocher le théâtre des musiques écoutées par le grand public. Il espérait aussi attirer des spectateurs peu familiers des comédies musicales.
« Spring Awakening » avait remporté huit Tony Awards en 2007. Le spectacle avait notamment décroché celui de la meilleure comédie musicale. Duncan Sheik avait reçu le Tony de la meilleure musique originale.
L’album enregistré par la distribution avait aussi obtenu un Grammy Award. La production avait lancé plusieurs jeunes acteurs. Jonathan Groff et Lea Michele figuraient parmi les principales révélations du spectacle.
De jeunes acteurs devenus célèbres
La distribution originale réunissait également John Gallagher Jr., Lilli Cooper et Gideon Glick. Jennifer Damiano, Lauren Pritchard et Krysta Rodriguez complétaient cette jeune troupe.
Plusieurs interprètes ont ensuite poursuivi leur carrière au cinéma et à la télévision. Lea Michele a connu un succès mondial grâce à la série « Glee ». Jonathan Groff a remporté un Tony pour « Merrily We Roll Along ».
« Spring Awakening » a retrouvé Broadway en 2015. Le Deaf West Theatre avait alors proposé une production mêlant comédiens sourds et entendants. Le spectacle avait reçu un accueil très favorable.
Une nouvelle version devait encore voir le jour cet automne à New York. Ce retour confirmait la place acquise par l’œuvre dans l’histoire récente de Broadway. Le spectacle conserve une influence comparable à celle de « Rent » ou « Hamilton ».
Duncan Sheik refusait pourtant de se limiter à cette réussite. Il cherchait constamment à rapprocher la chanson populaire et la narration théâtrale. Cette ambition a guidé la suite de sa carrière.
L’échec de l’adaptation d’« American Psycho »
Le compositeur avait notamment adapté « American Psycho » pour la scène. Le roman de Bret Easton Ellis raconte la dérive meurtrière de Patrick Bateman. Ce jeune financier new-yorkais cultive une obsession pour les marques et les apparences.
Duncan Sheik avait puisé dans les sonorités des clubs des années 1980. Sa partition contenait aussi des références à Phil Collins et Huey Lewis and the News. Elle associait satire sociale, culture pop et musique électronique.
Le spectacle avait débuté à Londres en 2013. Rupert Goold assurait la mise en scène. Benjamin Walker incarnait Patrick Bateman dans la production présentée ensuite à Broadway.
Cette version américaine n’avait pourtant pas trouvé son public. Elle avait quitté l’affiche en 2016 après moins de 90 représentations. Duncan Sheik défendait néanmoins la violence du spectacle comme une critique de l’univers décrit.
Le compositeur avait également travaillé sur « Whisper House ». Ce projet associait un album et une histoire de fantômes destinée au théâtre. Il avait ensuite publié « Legerdemain », consacré aux tensions entre l’art et le commerce.
Son dernier album, « Claptrap », remontait à 2022. Duncan Sheik continuait alors d’explorer les frontières entre pop, théâtre et musique électronique. Il revendiquait une mission précise. Il voulait conduire de nouveaux publics vers les comédies musicales.