Grèves à répétition : quand l’opposition transforme la rue en studio photo (carte blanche)
Dans cette carte blanche, Hennan Oflu, député bruxellois (MR), critique la récupération politique des mobilisations sociales par une partie de la gauche belge. Il défend les réformes engagées par la majorité Arizona et appelle à sortir d’une culture de l’immobilisme budgétaire et institutionnel.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
Carte blanche : le député bruxellois MR Hennan Oflu dénonce la récupération politique des manifestations et défend les réformes du gouvernement Arizona.
Depuis des mois, la Belgique vit au rythme des grèves nationales, des manifestations et des blocages. Une colère sociale existe, personne ne peut le nier. Mais une autre réalité saute désormais aux yeux de tous : certaines formations politiques ont transformé chaque mobilisation en opération de communication géante.
À chaque manifestation, ce sont toujours les mêmes visages. Toujours les mêmes élus de gauche. Toujours les mêmes mises en scène. La meilleure photo. La meilleure vidéo. Le meilleur slogan. La meilleure posture face caméra. À croire que certains responsables politiques ne participent pas à une manifestation pour soutenir des travailleurs, mais pour alimenter leur compte Instagram.
Soyons honnêtes : que font concrètement ces élus pour les travailleurs au Parlement ?
Où sont leurs propositions structurelles ? Où sont leurs réformes courageuses ? Où sont leurs résultats ?
Car soutenir une grève devant une caméra est facile. Gouverner un pays l’est beaucoup moins.
Une crise qui ne date pas d’hier
Depuis des années, certains partis nous expliquent qu’ils ont “les solutions”. Ils donnent des leçons à tout le monde. Ils dénoncent. Ils condamnent. Ils prédisent l’effondrement du pays à chaque réforme. Mais lorsqu’ils étaient au pouvoir, qu’ont-ils réellement changé ?
La vérité est simple : la Belgique n’est pas entrée en crise hier.
Notre dette publique ne tombe pas du ciel. Notre désorganisation institutionnelle non plus. Nos difficultés budgétaires, notre incapacité chronique à réformer le marché de l’emploi, nos dépenses incontrôlées, tout cela est le résultat de décennies d’immobilisme politique.
Et aujourd’hui, ceux qui ont participé à cette gestion viennent expliquer à ceux qui tentent de réformer le pays comment gouverner.
C’est tout de même extraordinaire.
« La solidarité n’a jamais signifié l’immobilisme »
On critique aujourd’hui la limitation du chômage dans le temps. Pourtant, même certains responsables de gauche reconnaissent désormais qu’ils ne reviendraient pas totalement en arrière. Pourquoi ? Parce qu’au fond, tout le monde sait qu’un système où certaines personnes restent 15 ou 20 ans sans retour vers l’emploi n’est plus soutenable.
La solidarité n’a jamais signifié l’immobilisme.
Aider les plus fragiles, oui. Enfermer des milliers de personnes dans une dépendance permanente au système, non.
Et pendant que certains défilent dans les rues avec des slogans catastrophistes, d’autres essaient de remettre de l’ordre dans les finances publiques.
Car gouverner, ce n’est pas écrire des tweets indignés. Gouverner, ce n’est pas poser devant des drapeaux syndicaux. Gouverner, c’est faire des choix difficiles.
Le gouvernement Arizona face à « l’agitation permanente »
On entend souvent : “Le ministre des Finances était libéral.” Comme si cela suffisait à résumer la gestion d’un État. Mais un gouvernement ne fonctionne pas comme une monarchie ministérielle. Le ministre des Finances ne décide pas seul. Chaque ministre demande davantage de moyens pour son secteur. Chaque parti pousse ses priorités. Chaque majorité additionne les dépenses.
C’est comme dans une association : le trésorier gère l’argent, mais ce ne sont pas toujours ses décisions qui vident la caisse.
Aujourd’hui, le gouvernement Arizona n’a même pas eu le temps de montrer les effets de ses réformes qu’une partie de l’opposition organise déjà une agitation permanente. Pas un mois sans blocage. Pas une réforme sans manifestation nationale. Pas une annonce sans discours apocalyptique.
Mais la Belgique n’a plus le luxe de l’immobilisme.
« Le vrai courage politique, c’est de dire la vérité »
Le vrai courage politique n’est pas de suivre les foules avec une caméra derrière soi. Le vrai courage, c’est de dire la vérité aux citoyens : un pays qui dépense durablement plus qu’il ne produit finit toujours par payer la facture.
La politique belge mérite mieux que des slogans. Les travailleurs méritent mieux que des séances photo. Et notre démocratie mérite mieux qu’une opposition qui préfère parfois la mise en scène à la responsabilité.