Groenland, l’accord avec Washington ne donne aucun droit particulier d’exploration
Les annonces de Trump au Groenland mêlent exploration des ressources et ambitions militaires. Le président promet un démarrage immédiat, sans préciser les projets concernés. L’accord sécuritaire récent ne donne aucun droit particulier d’exploration.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Donald Trump promet des explorations massives au Groenland, sans identifier les projets concernés. L’accord récent avec le Danemark et Nuuk concerne principalement la sécurité. Les ressources attirent Washington, mais leur exploitation rencontre de lourds obstacles. Le président américain souhaite également construire deux grandes bases militaires.
Donald Trump annonce le lancement d’explorations pétrolières, gazières et minières « massives » au Groenland dès mercredi matin. Son message sur Truth Social ne précise ni les sites concernés ni les entreprises engagées. Aucun détail ne permet de déterminer quels travaux pourraient effectivement commencer.
Le président américain évoque également « notre nouveau et magnifique Groenland ». L’île conserve pourtant son statut de territoire autonome du royaume du Danemark. L’accord sécuritaire conclu récemment avec Copenhague et Nuuk ne transfère aucune souveraineté aux États-Unis.
Cette annonce accompagne un message de soutien au sénateur républicain Dan Sullivan, candidat à un troisième mandat. Trump venait de participer à un événement de campagne à Wasilla, en Alaska. Sullivan affronte l’ancienne élue démocrate Mary Peltola lors des élections de mi-mandat de novembre.
Trump au Groenland, un accord de sécurité aux effets limités
Washington, Copenhague et Nuuk ont signé leur accord moins d’un mois avant ces déclarations. Le texte vise à renforcer la sécurité dans l’Arctique et l’Atlantique Nord. Il ouvre la voie à de nouvelles bases américaines, sans accorder de droits particuliers d’exploration.
L’accord limite aussi certains investissements provenant de pays extérieurs à l’OTAN dans les secteurs stratégiques. Il prévoit de continuer à s’appliquer si le Groenland choisit un jour l’indépendance.
Ce compromis a apaisé plusieurs mois de tensions entre Washington et ses alliés. Trump souhaite acquérir le Groenland depuis 2019. Durant son second mandat, il a renouvelé ses menaces de prise de contrôle du territoire.
Des ressources convoitées, une exploitation difficile
Le Groenland possède d’importantes ressources en terres rares, recherchées pour de nombreuses technologies civiles et industrielles. Washington veut réduire sa dépendance envers la Chine, qui domine leur approvisionnement mondial.
L’Institut américain d’études géologiques, l’USGS, a également identifié un potentiel pétrolier et gazier important au large. Mais ces perspectives ne garantissent ni une exploitation rapide ni sa rentabilité.
Le climat, le manque d’infrastructures et la complexité géologique freinent les projets depuis des décennies. Extraire les terres rares exige de traiter la roche qui les contient. En mer, les glaces compliquent l’accès aux ressources pétrolières et gazières. Les précédentes tentatives concernant ces ressources n’ont pas dépassé le stade de l’exploration.
Une présence militaire que Washington veut renforcer
Trump vante aussi la position du Groenland pour la défense des États-Unis et de l’Europe. Il affirme que l’île permettrait d’intercepter drones, missiles et autres armes visant le territoire américain. Cette présentation exprime son ambition stratégique, sans démontrer une capacité d’interception systématique.
Les États-Unis disposent déjà de la base spatiale de Pituffik, dans le nord-ouest du Groenland (voir photo ci-dessous). Environ 200 militaires américains y assurent des missions d’alerte antimissile, de défense antimissile et de surveillance spatiale.
Le mois dernier, Trump a annoncé vouloir développer rapidement la présence militaire américaine. Il a notamment évoqué la construction de deux bases de très grande envergure.