« J’ai été démarchée par ma mutuelle » : Éléonore Simonet dénonce les dérives du statut BIM
Alors que le gouvernement cherche des marges budgétaires pour réduire l’endettement du pays, la ministre Éléonore Simonet (MR) plaide pour un contrôle accru de certains dispositifs sociaux. Elle vise notamment le statut BIM trop largement attribué.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Éléonore Simonet souhaite réformer le statut BIM, dont bénéficient 2,4 millions de Belges. La ministre estime que son octroi est parfois trop automatique et plaide pour un ciblage plus strict des aides. Elle défend également un renforcement du retour à l’emploi des malades de longue durée.
Face à l’ampleur de la dette publique belge, la ministre fédérale des PME, des Classes moyennes et des Indépendants, Éléonore Simonet, défend plusieurs pistes destinées à limiter certaines dépenses et à recentrer les aides sur leurs bénéficiaires légitimes.
Invitée de l’émission « L’invitée de 7h40 » sur Bel RTL, elle a détaillé les réformes qu’elle juge nécessaires.
Parmi les priorités avancées par la ministre figure le statut BIM, un dispositif qui permet à ses titulaires de bénéficier d’un remboursement plus avantageux de leurs soins de santé, ainsi que de certains tarifs sociaux. Aujourd’hui, environ 2,4 millions de Belges disposent de ce statut.
Un système jugé trop accessible
« Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer », a-t-elle déclaré
Pour Éléonore Simonet, les critères d’octroi méritent d’être revus. Certains bénéficiaires obtiennent ce statut de manière quasi automatique, ce qui soulève la question de la pertinence du système actuel.
Pour appuyer son constat, la ministre relate une expérience personnelle qui l’a surprise. Elle a été contactée par sa propre mutuelle afin de vérifier si elle pouvait prétendre au statut BIM. Une démarche qu’elle juge pour le moins étonnante compte tenu de la transparence de ses revenus en tant que membre du gouvernement. Cette situation révèle certaines failles dans le mécanisme d’attribution du dispositif.
Recentrer les aides sur les publics les plus fragiles
Pour la ministre, le statut BIM doit être réservé en priorité aux personnes qui en ont véritablement besoin. Elle souligne que près d’un cinquième de la population bénéficie actuellement de ce régime, alors que le risque de précarité financière concernerait une proportion nettement inférieure de la population.
Pour Éléonore Simonet, cette différence justifie une réforme visant à mieux cibler les bénéficiaires et à éviter les effets d’élargissement excessif du dispositif.
L’autre chantier évoqué concerne les personnes en incapacité de travail de longue durée. La ministre appelle à renforcer les politiques de retour à l’emploi et à lutter contre les abus éventuels.
Elle s’appuie notamment sur une enquête de l’INAMI indiquant qu’environ un quart des malades de longue durée seraient aptes à reprendre une activité professionnelle.
Ces deux dossiers constituent des leviers importants pour améliorer la gestion des finances publiques tout en préservant les mécanismes de solidarité destinés aux citoyens les plus vulnérables.