Kit d’urgence 72 heures : le gouvernement demande de se préparer
Le gouvernement recommande désormais officiellement à chaque citoyen de disposer d’un kit d’urgence permettant de tenir 72 heures en autonomie. Une mesure qui s’inscrit dans une campagne plus large visant à renforcer la résilience de la population.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- La Belgique recommande officiellement un kit d’urgence pour tenir 72 heures en autonomie
- Cette mesure s’inscrit dans la campagne « Prêts. Ensemble » et un plan national de résilience
- Le gouvernement évoque une hausse des risques liés au climat et aux tensions géopolitiques
- Objectif : développer une culture de la préparation sans céder à la panique
Le message est clair : les crises ne sont plus des scénarios lointains.
À l’occasion du lancement de la campagne « Prêts. Ensemble », le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) appelle les citoyens à se préparer concrètement. L’objectif est d’ancrer des réflexes simples dans le quotidien, sans céder à la panique.
Cette initiative, portée par le Centre de crise national, s’inscrit dans un nouveau plan national de résilience, alors que les risques se multiplient : catastrophes climatiques, tensions géopolitiques ou encore perturbations des réseaux essentiels.
Tenir trois jours sans aide extérieure
Au cœur de cette stratégie : une recommandation centrale, pouvoir tenir 72 heures sans assistance.
Concrètement, les autorités invitent les citoyens à constituer un kit d’urgence comprenant les indispensables du quotidien. Parmi les éléments conseillés :
- entre trois et dix litres d’eau par personne et par jour
- des denrées alimentaires non périssables
- une lampe de poche et des bougies
- une radio d’urgence à manivelle
- du papier toilette
- un couteau multifonction
- un sifflet pour signaler sa présence aux secours
L’objectif est simple : être capable de faire face à une situation d’urgence, même en cas de coupure d’électricité, de gaz ou de perturbation des services.
Une réponse à un contexte international plus tendu
Derrière cette campagne, le gouvernement assume un constat : les menaces évoluent et s’intensifient. « En raison de la situation géopolitique, le risque de guerre est aujourd’hui plus élevé qu’auparavant », souligne Bernard Quintin. Le ministre évoque également l’impact du changement climatique, qui augmente la fréquence et l’intensité des catastrophes naturelles. Sans dramatiser, les autorités veulent toutefois éviter toute forme de déni. « Nous ne voulons pas semer la panique, mais nous ne pouvons pas non plus mettre la tête dans le sable », insiste-t-il. Le message est double : l’État se prépare, mais chaque citoyen doit aussi prendre sa part de responsabilité.
Au-delà du simple kit d’urgence, la campagne « Prêts. Ensemble » vise à instaurer une véritable culture de la préparation en Belgique, encore peu développée par rapport à certains pays du nord de l’Europe.
L’approche se veut progressive, pour éviter un effet anxiogène. Sur quatre ans, les autorités entendent sensibiliser la population aux bons réflexes à adopter avant, pendant et après une crise.
Parmi les conseils complémentaires : s’informer via des canaux fiables, s’inscrire aux systèmes d’alerte officiels et anticiper les besoins de ses proches.
Garder une réserve d'argent liquide à la maison
Autre élément moins attendu : le ministre recommande également de conserver une petite réserve d’argent liquide à domicile. Une précaution utile en cas de panne des systèmes de paiement électroniques.
Là encore, il ne s’agit pas d’alarmer, mais de prévoir le minimum nécessaire pour faire face à une situation exceptionnelle.