Michel-Édouard Leclerc et Thierry Breton veulent des dirigeants d'expérience
Invités de Darius Rochebin sur LCI, Michel-Édouard Leclerc et Thierry Breton ont défendu l'importance du leadership et de l'expérience au sommet de l'État. Pour l'ancien commissaire européen, la France traverse même une période « pratiquement existentielle ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur LCI, Michel-Édouard Leclerc et Thierry Breton ont insisté sur le rôle du leadership et de l'expérience pour diriger la France, estimant que le pays traverse une période « pratiquement existentielle ».
Alors que le débat sur le renouvellement des élites politiques revient régulièrement sur le devant de la scène, Michel-Édouard Leclerc et Thierry Breton ont livré une réflexion commune sur les qualités nécessaires pour gouverner la France. Invités de Darius Rochebin sur LCI, les deux hommes ont insisté moins sur l'origine professionnelle des dirigeants que sur leur capacité à se révéler dans l'exercice du pouvoir.
🗣️ "Nous vivons un moment dont j'estime qu'il est pratiquement existentiel pour la France, et l'histoire nous rappelle qu'il y a des personnes qui vont se révéler parce qu'ils ont le leadership et aussi l'expérience" : @ThierryBreton invité de @DariusRochebin sur LCI pic.twitter.com/SHFTGI2Hkt
— LCI (@LCI) June 28, 2026
« La fonction révèle les hommes »
Interrogé sur l'idée selon laquelle davantage de chefs d'entreprise à la tête de l'État pourraient être bénéfiques, Michel-Édouard Leclerc refuse les réponses simplistes.
« Ça ne fera pas de mal, mais ce n'est pas une garantie non plus », répond-il.
Pour illustrer son propos, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc convoque une figure majeure de l'histoire française.
« Je vous rappelle que le général de Gaulle, il n'était spécialiste de rien. Il était même vieux militaire quand il arrive au pouvoir. La fonction révèle les hommes, la fonction change la dimension. »
Selon lui, ce n'est donc pas tant le parcours initial qui importe que la capacité à grandir avec les responsabilités.
« L'entreprise, c'est une création »
Michel-Édouard Leclerc profite également de l'entretien pour défendre la place de l'entreprise dans la société.
Évoquant le choix de certains syndicats patronaux de préférer le terme « entrepreneur » à celui de « patron », il estime que cette évolution est bienvenue.
« L'entreprise, c'est une création. C'est la création d'emplois, c'est vivre dans les terroirs », souligne-t-il, rappelant le rôle économique et territorial joué, selon lui, par les entrepreneurs.
Thierry Breton : « Un moment pratiquement existentiel »
Thierry Breton prolonge cette réflexion en élargissant le diagnostic.
« Nous vivons un moment dont j'estime qu'il est pratiquement existentiel pour la France », affirme l'ancien commissaire européen.
Nous vivons un moment dont j'estime qu'il est pratiquement existentiel pour la France.
Thierry Breton
Dans un tel contexte, explique-t-il, les dirigeants appelés à exercer les plus hautes responsabilités ne sont pas nécessairement ceux issus de l'entreprise ou de la politique, mais ceux capables de faire preuve de leadership lorsque les circonstances l'exigent.
« L'histoire nous rappelle qu'il y a des personnes qui vont se révéler parce qu'elles ont le leadership et parce qu'elles ont aussi une chose qui n'est peut-être pas inutile par les temps qui courent : l'expérience. »
L'expérience plutôt que le profil
Au-delà de la question des chefs d'entreprise en politique, les deux invités convergent finalement vers une même idée : les crises révèlent davantage les dirigeants qu'elles ne récompensent un parcours particulier.
Michel-Édouard Leclerc cite le général de Gaulle pour rappeler que les plus grands responsables ne correspondent pas toujours au profil attendu. Thierry Breton insiste, lui, sur la nécessité de disposer d'un leadership éprouvé et d'une solide expérience dans une période qu'il juge particulièrement délicate.
Sans appeler explicitement à l'émergence d'une personnalité en particulier, les deux hommes dressent ainsi le portrait-robot du dirigeant dont la France aurait aujourd'hui besoin : un responsable capable de s'élever au-dessus de son parcours d'origine pour répondre aux défis d'une époque qu'ils estiment décisive.