Pas d’accord au budget fédéral : Bart De Wever prêt à remettre sa démission au Roi
Toujours pas de fumée blanche au kern de cette nuit sur le budget. Bart De Wever devrait remettre sa démission au Roi car les points de vues sont trop éloignés entre partenaires.
Publié par J.PE
Le gouvernement fédéral n’a pas réussi à trouver d’accord sur le budget dans la nuit de dimanche à lundi. Après plusieurs heures de discussions, les partis de l’Arizona restent profondément divisés sur la répartition des efforts. Bart De Wever devrait désormais se rendre au Palais pour présenter sa démission au Roi.
La réunion du comité ministériel restreint, entamée dimanche vers 21 heures, s’est achevée peu après 1 heure du matin sans accord. Malgré une nouvelle proposition budgétaire présentée par le Premier ministre Bart De Wever, les cinq formations de la coalition Arizona — N-VA, MR, Les Engagés, CD&V et Vooruit — n’ont pas réussi à rapprocher suffisamment leurs positions.
Selon plusieurs sources au sein de la majorité, le Premier ministre devrait se rendre lundi au Palais afin de remettre sa démission au Roi Philippe.
Un désaccord profond sur les recettes et les dépenses
Au cœur du blocage : la manière de réaliser les économies nécessaires pour respecter la trajectoire budgétaire du gouvernement.
Le vice-Premier ministre MR David Clarinval a vivement critiqué la position de Vooruit, estimant que les socialistes flamands privilégient une hausse des recettes fiscales plutôt qu'une réduction suffisante des dépenses.
« J'ai pointé le fait qu'il y avait trop de taxes », a expliqué le libéral francophone après la réunion, évoquant un montant de plus de trois milliards d’euros d’impôts qui auraient été discutés.
Ce chiffre est toutefois contesté au sein de la majorité. Certaines sources parlent plutôt d’environ deux milliards d’euros de recettes supplémentaires, principalement via une contribution accrue des contribuables disposant des revenus et patrimoines les plus importants.
L’objectif global reste particulièrement ambitieux : le gouvernement doit trouver environ 10 milliards d’euros d’ici 2029 afin de respecter sa trajectoire budgétaire et réduire progressivement le déficit.
Vooruit et Les Engagés refusent certaines économies
Les tensions ne portent toutefois pas uniquement sur la fiscalité.
Vooruit et Les Engagés se montrent notamment réticents à certaines économies envisagées dans les soins de santé. La limitation de la norme de croissance des dépenses de santé constitue un point particulièrement sensible pour les deux partis.
Les deux formations avaient d’ailleurs affiché ces derniers jours une volonté commune de faire davantage contribuer les « épaules les plus larges », c’est-à-dire les contribuables considérés comme ayant la plus grande capacité contributive. Les Engagés sont venus autour de la table avec toutes une série de taxes sur les plus-values, sur les actions nominatives…
Une position qui se heurte directement aux priorités du MR, davantage favorable à une maîtrise des dépenses et opposé à une nouvelle augmentation importante de la pression fiscale.
Vers une nouvelle crise politique ?
Si Bart De Wever remet effectivement sa démission au Roi, la Belgique pourrait entrer dans une nouvelle période d’incertitude politique, quelques mois seulement après la mise en place de l’équilibre actuel de la coalition Arizona.
Le calendrier budgétaire rend la situation particulièrement délicate.
Le Premier ministre avait déjà exclu de recourir une nouvelle fois aux douzièmes provisoires pour commencer l’année 2027. Ce mécanisme permet normalement à l’État de fonctionner temporairement sur la base du dernier budget voté, en autorisant chaque mois des dépenses correspondant à un douzième du budget précédent.
Sans accord politique et sans budget complet pour 2027, le gouvernement se retrouve donc face à une équation particulièrement compliquée.
Le Roi désormais au centre du jeu
La balle pourrait désormais être dans le camp du Roi Philippe. Si Bart De Wever présente sa démission, le souverain devra décider de la suite à donner à cette crise : accepter la démission, demander au Premier ministre de poursuivre les discussions ou charger une personnalité d’une nouvelle mission.
Une chose est certaine : après plusieurs semaines de négociations budgétaires, les désaccords entre les partenaires de l’Arizona apparaissent désormais au grand jour.
La question n’est plus seulement de savoir comment boucler le budget. Elle est désormais de savoir si la coalition Arizona peut encore trouver un terrain d’entente pour gouverner.