François Fillon : « Les dirigeants chinois poursuivent un objectif extrêmement clair, qui est la domination de la Chine »
Longtemps accusé de proximité avec Moscou, François Fillon défend chez Legend sa vision de la Russie et raconte ses échanges avec Vladimir Poutine. Il juge la stratégie occidentale dangereuse, mais estime surtout que l’Europe sous-estime son véritable rival stratégique : la Chine.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
François Fillon raconte ses relations avec Vladimir Poutine, critique la stratégie occidentale envers Moscou et estime que la Chine représente une menace beaucoup plus importante pour l’Europe que la Russie.
C’est l’un des sujets qui poursuivent François Fillon depuis des années : sa relation avec la Russie et Vladimir Poutine. L’ancien Premier ministre tient donc à commencer par une mise au point. « Je suis régulièrement accusé d’être un ami de Vladimir Poutine », rappelle-t-il dans son entretien avec Guillaume Pley.
Il reconnaît connaître très bien le président russe. Les deux hommes furent simultanément Premiers ministres entre 2008 et 2012 et se rencontrèrent régulièrement. Mais Fillon refuse le terme d’amitié personnelle. « Je n’ai jamais eu une relation personnelle au sens fort. »
Il raconte néanmoins plusieurs invitations : à la chasse, puis à l’anniversaire de Vladimir Poutine, en compagnie notamment de Silvio Berlusconi. Il assure les avoir refusées. « Je ne voulais pas avoir une relation personnelle avec Vladimir Poutine. »
Pourquoi ? Parce qu’il savait déjà, explique-t-il, « que le régime russe est un régime dur, autoritaire » et que, « comme dans tous les régimes autoritaires, il y a des exactions, de la violence ». Cela ne l’empêche pas de défendre aujourd’hui encore la nécessité de parler à Moscou.
« Poutine est quelqu’un avec lequel on débat »
François Fillon garde de ses négociations avec Vladimir Poutine le souvenir d’un interlocuteur difficile, provocateur mais pas fermé. « Contrairement aussi à une idée reçue, c’est quelqu’un avec lequel on débat et c’est quelqu’un qu’on peut convaincre. »
Contrairement aussi à une idée reçue, c’est quelqu’un avec lequel on débat et c’est quelqu’un qu’on peut convaincre.
François Fillon
Les rencontres ne ressemblaient pas, selon lui, aux sommets diplomatiques entièrement préparés par les administrations.
« Vous rentrez dans une salle, vous ne savez pas du tout de quoi on va parler. Ça dure trois heures et il fait de la provocation parfois excessive. Il faut se battre et puis argumenter. »
Fillon affirme avoir plusieurs fois réussi à faire évoluer la position russe dans un sens favorable aux intérêts français. « Je n’ai aucun souvenir d’une décision qui aurait été négative pour la France dans ma relation avec Poutine, que j’ai toujours réussi à le faire reculer quand il avait une idée qui était mauvaise pour notre pays. »
Je n’ai aucun souvenir d’une décision qui aurait été négative pour la France dans ma relation avec Poutine, que j’ai toujours réussi à le faire reculer quand il avait une idée qui était mauvaise pour notre pays.
François Fillon
Il raconte même que Poutine l’avait défié au ski. « Il m’avait dit : “Je te prends au ski quand tu veux.” » Le défi ne fut jamais relevé.
La phrase de Poutine sur Macron
La séquence la plus politique concerne Emmanuel Macron. François Fillon affirme avoir encouragé Vladimir Poutine, avant la guerre en Ukraine, à renouer le dialogue avec les Européens.
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