David Lisnard, à la conquête de la notoriété pour la présidentielle
À huit mois de la présidentielle de 2027, David Lisnard a un projet libéral assumé et un ancrage local solide, mais une notoriété encore fragile. Avant même de mesurer sa force dans les grands rendez-vous politiques, c’est tout simplement dans la rue que se mesure le plus grand défi du maire de Cannes : exister dans l’esprit des Français.
Publié par Loïc Cotteret
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Résumé de l'article
Maire de Cannes et engagé pour 2027, David Lisnard souffre d'un fort déficit de notoriété nationale malgré un projet libéral affirmé et une légère progression dans les sondages. Pour s'imposer à droite, il compte sur la mobilisation de terrain de ses militants.
Derrière les ambitions nationales et les calculs des états-majors, la réalité d’une campagne présidentielle se mesure d’abord au contact direct des citoyens, loin des estrades dorées et des cercles d’experts.
C’est précisément ce grand écart que tente de combler l’équipe militante de Nouvelle Énergie, bien décidée à porter la voix de son champion au-delà des frontières de sa mairie de Cannes, en s'attaquant pied à pied au déficit de notoriété qui caractérise encore le début de cette aventure.
Face à la photo : l'inconnu du grand public ... et les premières exceptions
Au siège de Nouvelle Énergie à Paris, une photographie de David Lisnard est présente sur la devanture. C'est donc précisément ici, au cœur de la capitale, que nous avons voulu tester la notoriété du candidat : « Excusez-moi, est-ce que vous connaissez ce monsieur ? ».
La réponse immédiate d’une jeune femme pressée donne le ton : « Non, absolument pas, c’est un acteur ? ».
Un peu plus loin, un trentenaire s'arrête, perplexe : « Ça ne me dit rien du tout, c’est un chef d’entreprise du quartier ? ».
Après quelques tentatives, un homme d’une quarantaine d’années s'arrête net, sourit et pointe le portrait du doigt : « Ah, David Lisnard ? Si, bien sûr, c'est le maire de Cannes ! Celui qui pousse des coups de gueule contre les normes et la bureaucratie. Bon, de là à le voir président, je ne sais pas, mais il commence à faire parler de lui ».
Sur le terrain, les militants s'activent
Cette réalité de terrain, les cadres du mouvement la suivent de près. Devant ce même siège, Alexandre Neigel, président des Jeunes Énergies, détaille la méthode pour inverser la tendance : « Il n’y a pas de plafond de verre libéral. Grâce aux actions de terrain menées par nos militants, aux podcasts sur YouTube et à la crédibilité de notre projet soutenu par nos 20 000 adhérents et près de 1800 élus, nous allons combler ce gap de notoriété semaine après semaine ».
À ses côtés, Marie Vouillon, militante active dans les Hauts-de-Seine, ne cache pas les difficultés du quotidien mais affiche une inébranlable motivation : « Moi, je le vois pleinement président, mais c'est vrai qu'il faut qu'il soit plus visible », reconnaît-elle.
« Quand j'en parle autour de moi à Paris, mes amis ne le connaissent pas encore. Alors je prends le temps de leur expliquer sa personnalité, son parcours d'ancien commerçant qui prouve qu'il connaît la vraie vie, et ses propositions de rupture. On multiplie les distributions de tracts et la prospection sur les réseaux sociaux. On sait qu'on part de loin, mais on y croit fermement ».
Cannes, tribune d'un ancrage local devenant tremplin présidentiel
Si Paris montre un visage contrasté, c’est bien sous le soleil de Cannes que le soufflé médiatique prend sa pleine mesure. Sur la Butte de Saint-Cassien, l’air est électrique, ce samedi 29 août en fin d’après-midi.
Drapeaux tricolores, banderoles « David président », cocktails à la main, le tout sur fond sonore d’A Little Less Conversation d’Elvis Presley : l’ambiance est celle d’une campagne déjà lancée. Devant plusieurs milliers de personnes, le président de Nouvelle Énergie livre son grand discours de rentrée.
« Une société augmentée dans laquelle la politique sera remise à sa juste place, avec une réorganisation de l’État permettant aux Français, emprisonnés dans la cage du Smic, d’être les grands gagnants d’une France performante », lance-t-il, sans notes. Moins d’État, moins d’impôts, plus de liberté : le credo est libéral, assumé, mais la question de la conversion de son image de « bon maire » en crédit présidentiel reste entière.
De 3% à 4% : un frémissement dans les sondages
Sur le plan électoral, le mur statistique commence à bouger. Selon de récentes données, David Lisnard franchit un palier symbolique en atteignant la barre des 4 % d’intentions de vote au premier tour. S’il demeure loin des scores de Marine Le Pen ou d’Édouard Philippe, ce frémissement valide une amorce de dynamique.
D’après un baromètre Cluster17 publié le mois dernier, son niveau de rejet n’est que de 32% (contre 56% pour Édouard Philippe ou 62% pour Éric Zemmour), et 49% des personnes interrogées sont classées dans la catégorie « ne connaît pas / n’a pas d’avis ». Traduction : il y a un important réservoir de notoriété à convertir dans un électorat de droite très fragmenté, ce qui conforte l'optimisme d'Alexandre Neigel et de ses troupes dans leur stratégie de conquête numérique et de terrain.
« Il faut éliminer les macronistes avant le premier tour »
Dans une tribune publiée dans Le Monde, David Lisnard a appelé à l’organisation d’« une grande primaire ouverte à tous » de la droite et du centre. « Aucun candidat naturel ne s’impose », répète-t-il. Pour lui, la division est la principale ennemie : « Il faut éviter la division des électeurs et la compromission des projets. Je n’irai pas avec les gens qui ont amené le pays dans le mur, mais je veux bien les affronter avant. Il faut éliminer les macronistes avant le premier tour, en quart de finale », martèle-t-il, ciblant directement les anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron.
Malgré cette offensive politique, la route étroite de l'artisanat militant se poursuit. Marie Vouillon et les équipes de Nouvelle Énergie continuent d'arpenter le pavé francilien pour pallier ce déficit d'exposition : « Chaque échange avec les Français est l'occasion de débriefer son bilan de maire et sa vision de l'État, car dès qu'ils écoutent ses propositions de fond, la curiosité l'emporte sur l'anonymat », insiste la militante.
Un engagement salué par l'analyse d’Alexandre Martinez, journaliste politique : « Lisnard a un vrai corpus idéologique, mais il est noyé dans la masse. La marge de progression est réelle, à l'image de ce militantisme de terrain acharné, mais la concurrence reste féroce à droite et un second tour demeure très hypothétique sans un changement radical de braquet médiatique ».
Reste à savoir si l'énergie de ses soutiens suffira à transformer l'essai d'ici 2027.