Quand Écolo chante des slogans antifascistes contre la réforme de l'enseignement...
Entre slogans antifascistes, cause palestinienne, revendications climatiques et défense de l'enseignement, la contestation contre les réformes scolaires semble élargir son champ de bataille. Au risque de brouiller son message et de perdre en crédibilité.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
• La contestation contre la réforme de l'enseignement s'accompagne de slogans et références dépassant largement le cadre scolaire.
• La participation de responsables politiques à des chants antifascistes suscite des critiques sur la polarisation du débat.
• À force de mêler causes scolaires, climatiques, géopolitiques et idéologiques, le mouvement risque de brouiller son message et de perdre en efficacité.
Le conflit autour des réformes de l'enseignement portées par le MR et Les Engagés a-t-il franchi un nouveau cap ? Une partie du mouvement de contestation semble adopter des méthodes de plus en plus radicales, au risque de brouiller le débat démocratique.
Depuis plusieurs semaines, les manifestations contre les mesures du gouvernement Arizona se multiplient. Si la contestation sociale est évidemment légitime dans une démocratie, certains observateurs s'inquiètent désormais de la tournure prise par le mouvement. Le collectif « Mars Attack », particulièrement actif dans la mobilisation, utilise des codes visuels et des méthodes qui rappellent davantage certains mouvements militants de la gauche radicale que le débat syndical traditionnel.
Des affiches mettant en scène les photographies d'élus des Engagés ayant soutenu la réforme, comme la Namuroise Geneviève Lazaron ou le président Yvan Verougstraete, ont ainsi été diffusées avec des slogans particulièrement agressifs : « ni oubli ni pardon ; nous vous regardons ; nous ne vous oublierons pas ». Des messages qui, pour plusieurs élus, dépassent largement le cadre de la critique politique et s'apparentent à une forme d'intimidation et de harcèlement. Des affiches qui évoquent d’une certaine manière les avis de recherche de sinistre mémoire de l’époque du far-west…
Le climat s'est encore tendu lorsqu'Yvan Verougstraete a été publiquement qualifié de « facho » lors d'une manifestation. Selon plusieurs témoins, certains des militants à l'origine de ces invectives n'avaient d'ailleurs aucun lien direct avec le monde de l'enseignement, mais étaient plutôt des visages connus des manifestations des Antifas liégeois. Un épisode révélateur d'une radicalisation du discours qui tend à assimiler toute réforme contestée à une forme d'autoritarisme.
Dans le même temps, les organisateurs dénoncent régulièrement les violences policières. Pourtant, dans l'opinion publique, ce sont souvent les images de dégradations, de vitrines endommagées ou de mobilier urbain détérioré qui retiennent l'attention. Un décalage qui risque d'affaiblir la crédibilité du mouvement auprès d'une partie de la population.
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