« Quand on est de gauche, on doit être irréprochable » : le credo de Magnette
Le PS belge entame sa mue sous la houlette de Paul Magnette. Le président du parti veut tourner définitivement la page des scandales et imposer une rigueur éthique inédite en refondant les statuts et les pratiques internes. L'objectif : restaurer la crédibilité socialiste sans tomber dans le piège du populisme.
Publié par A JS
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Résumé de l'article
Le président socialiste lance une réforme axée sur l'éthique et la gouvernance pour tourner la page des scandales et restaurer la confiance. Le projet prévoit de nouveaux statuts, un référent à temps plein et des règles strictes de prévention des violences sexistes, de transparence et de comportement en ligne. Magnette entend faire du parti « un modèle plus exigeant que le droit commun. »
Le bureau du PS a approuvé deux volets clés de la promesse de refondation par Paul Magnette : l'éthique et la gouvernance. Sept ans après son arrivée à la présidence, le bourgmestre de Charleroi veut concrétiser son ambition de « Robespierre socialiste » et replacer la probité au cœur du parti. Le projet, soumis aux militants d'ici la fin du semestre, prévoit de nouveaux statuts et pourrait même déboucher sur un changement de nom, « Les Socialistes » étant évoqué.
Inspiré par les modèles nordiques et espagnols, le texte renforce la déontologie interne avec la création d'une « référence genre » à temps plein, chargée de la prévention et du suivi des violences sexistes et sexuelles. Les nouvelles règles permettent des mesures disciplinaires immédiates, indépendantes des procédures judiciaires, pour protéger les victimes et sanctionner tout comportement inapproprié.
Magnette insiste également sur la formation des cadres et des militants afin de prévenir les attitudes machistes ou déplacées, rappelant que les manquements passés appellent aujourd'hui une vigilance accrue. Le parti mettra un point d'honneur à une communication exemplaire, bannissant des propos préjudiciables et des comportements en ligne jugés irrespectueux.
Sur le plan diplomatique, toute collusion symbolique avec des régimes non démocratiques sera proscrite, selon une règle de « vigilance absolue ». Magnette assume une distinction morale : « Quand on est de gauche, on se doit d'être plus exigeant que les autres. » Il s'oppose au modèle populiste du PTB ou de LFI qu'il accuse d'incarner l'impuissance électorale de la gauche radicale.
Reste à savoir si cette refondation suffira à redonner de l'élan au PS et à convaincre l'électorat qu'il s'agit d'un changement de fond – et non d'une manœuvre de conservation en vue du scrutin interne de 2027.