Soins de santé, fonction publique, mutualités : Anders veut économiser 16,7 milliards d’euros
Alors que le gouvernement fédéral cherche entre cinq et sept milliards d’euros pour respecter ses engagements budgétaires européens, le parti libéral flamand Anders propose un plan d’économies de 16,7 milliards d’euros. Les soins de santé constituent la principale cible de cette vaste cure d’austérité.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
Le parti libéral flamand Anders propose un plan d’économies de 16,7 milliards d’euros, ciblant principalement les soins de santé, la fonction publique et les mutualités afin de réduire le déficit budgétaire.
Le parti libéral flamand Anders estime que l’effort budgétaire actuellement envisagé par le gouvernement fédéral est insuffisant. Alors que les discussions portent sur un ajustement compris entre cinq et sept milliards d’euros, la formation politique propose un plan beaucoup plus ambitieux visant à dégager 16,7 milliards d’euros d’économies et à ramener le déficit public à 2,63 % du PIB.
Les soins de santé au cœur des économies
La principale source d’économies identifiée par Anders concerne les dépenses de santé.
Depuis le milieu des années 1990, les dépenses de soins de santé bénéficient d’une norme de croissance qui s’ajoute à l’inflation afin d’accompagner l’augmentation des besoins médicaux. Les libéraux flamands souhaitent ramener cette norme à zéro.
Selon leurs calculs, cette seule mesure permettrait d’économiser 4,5 milliards d’euros par an. Le parti souhaite également revoir le ticket modérateur, c’est-à-dire la part du coût des consultations médicales restant à charge du patient. Celui-ci n’ayant plus été indexé depuis dix ans, Anders propose de le porter à 10 euros, ou à 5 euros pour les bénéficiaires de l’intervention majorée.
Cette mesure représenterait, selon le parti, un gain budgétaire de 2,8 milliards d’euros.
Fonction publique et mutualités également visées
Le plan prévoit également une réduction progressive des effectifs de la fonction publique.
Anders propose de ne remplacer qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Selon les estimations avancées par le parti, cette mesure permettrait d’économiser un milliard d’euros d’ici 2029.
Les mutualités figurent également dans le viseur des libéraux flamands. Anders plaide pour des réductions importantes de leurs frais administratifs.
Le parti souhaite aussi mettre fin au rôle joué par les syndicats dans le paiement des allocations de chômage, un mécanisme régulièrement critiqué par certains partis de centre-droit et de droite.
Faire contribuer davantage les Régions
Autre proposition phare : impliquer davantage les entités fédérées dans la gestion de la dette publique.
Anders estime que les Régions devraient assumer un quart de la dette publique belge, soit via une participation aux charges d’intérêts, soit par un partage direct d’une partie de la dette.
Une telle réforme constituerait une évolution importante dans l’organisation financière de l’État belge et relancerait le débat sur la responsabilisation budgétaire des différentes entités du pays.
Un débat qui s’annonce explosif
Les propositions d’Anders interviennent alors que le gouvernement attend toujours les conclusions du comité de monitoring afin d’évaluer précisément l’effort budgétaire nécessaire pour respecter les engagements européens de la Belgique.
Si certaines mesures avancées par le parti libéral flamand rejoignent des débats déjà présents au sein de la coalition, notamment sur l’efficacité des dépenses publiques ou le fonctionnement des mutualités, la remise en cause de la norme de croissance des soins de santé risque de susciter une forte opposition dans le secteur médical et parmi les partis de gauche.
À mesure que les discussions budgétaires approchent, le plan d’Anders illustre surtout l’ampleur du débat qui s’ouvre sur les moyens de redresser des finances publiques belges dont le déficit continue de se creuser.