Sonia Mabrouk, entre épuisement, ultimatum et fronde interne : BFMTV au bord de la rupture
La journaliste envisagerait de prendre ses distances avec BFMTV, tandis que la direction tente de la convaincre de rester. Derrière cette crise personnelle se dessine une bataille plus large sur la ligne éditoriale de la chaîne.
Publié par Loïc Cotteret
Sonia Mabrouk ne serait plus loin de craquer. Selon des informations de CGTV, la journaliste envisage de se mettre en retrait de BFMTV, épuisée par une succession de tensions internes et de critiques publiques. La direction du groupe tenterait de la retenir, consciente que son départ constituerait bien plus qu’un simple mouvement de plateau : un signal politique et symbolique majeur pour la chaîne.
« Elle est à bout »
Le climat serait devenu insoutenable pour l’animatrice d’« 100% Mabrouk ». Très affectée par les attaques de certains collègues, elle aurait notamment rejoint son studio « les larmes aux yeux ».
📺🇫🇷 FLASH - "Ils ont tous peur que Sonia Mabrouk démissionne" : une crise interne secoue BFMTV autour de la journaliste, arrivée de CNEWS à la rentrée. Très affectée par les critiques de certains collègues, elle serait descendue dans son studio "les larmes aux yeux". (Le… pic.twitter.com/xSWo1sW5So
— AlertesInfos (@AlertesInfos) November 5, 2026
Cette fragilité contraste avec le rôle central qu’elle occupe désormais à l’antenne. Son émission, son style d’interview et son positionnement font d’elle l’un des visages les plus exposés de BFMTV. Et c’est précisément cette exposition qui alimente la polémique.
« C’est lui ou moi »
La goutte d’eau aurait été les propos d’Igor Sahiri dans « Quotidien », jugés « déloyaux » par l’intéressée. Face à ce qu’elle considère comme une attaque frontale, Sonia Mabrouk aurait posé un ultimatum à BFMTV : « C’est lui ou moi ». Une formule brutale, qui résume l’état d’un conflit devenu personnel.
La journaliste ne se contenterait plus d’absorber les critiques. Elle demanderait désormais à sa chaîne de trancher, de protéger son antenne et de clarifier les règles du jeu. Dans une rédaction déjà traversée par des débats profonds, cet ultimatum transforme une rivalité individuelle en test de autorité pour la direction.
Une fronde qui dépasse le cas Mabrouk
La crise ne se limite pas aux coulisses de son émission. Plus de 160 techniciens de BFMTV ont adressé un courrier à leur direction pour dénoncer une « lente dérive idéologique » et la « banalisation progressive des idées d’extrême droite » à l’antenne. Ils réclament un « rééquilibrage éditorial » et visent des invités ou chroniqueurs aux propos qu’ils jugent « réactionnaires et racistes rarement encadrés ou contredits ».
Jean-Philippe Baille, directeur de l’information de CMA Media, a répondu sans détour. Il « conteste fermement » les accusations selon lesquelles les chaînes du groupe banaliseraient le racisme, rappelant que recevoir une personnalité ne revient ni à partager ses convictions ni à cautionner ses propos.
La direction refuse de plier
Le patron de l’information défend Sonia Mabrouk avec vigueur. Il dénonce une « campagne de déstabilisation » à son encontre et estime qu’elle doit être jugée « sur son seul travail et sur la rigueur de ses interviews », qu’il décrit comme menées avec « nuance, professionnalisme et indépendance ».
CMA Media annonce toutefois plusieurs garde-fous : saisine du comité d’éthique, publication mensuelle d’un « baromètre de pluralisme », création d’une cellule invités à BFMTV et riposte rapide aux fausses informations visant ses antennes. Mais la direction refuse toute concession de fond : « Ces décisions ne constituent ni un changement de ligne éditoriale, ni une reconnaissance des accusations portées contre nos antennes », affirme Jean-Philippe Baille.
Un soutien transpartisan, mais fragile
Sonia Mabrouk bénéficie néanmoins de soutiens au-delà des clivages habituels. La journaliste Eugénie Bastié a salué son « honnêteté intellectuelle exemplaire », son professionnalisme et son sens du débat, dénonçant ceux qui la « fliquent » depuis la rentrée.
Sonia Mabrouk est d'une honnêteté intellectuelle exemplaire. Son goût du débat, son professionnalisme, son sens de l'actualité en font l'une des meilleures journalistes du PAF. Honte aux censeurs qui la fliquent depuis la rentrée.
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) November 5, 2026
Les rédactions doivent tenir bon face à une… https://t.co/eFLmCOf4lC
Olivier Dartigolles, chroniqueur sur CNews, a lui aussi pris sa défense. Il la décrit comme « une grande professionnelle » et « l’une des meilleures intervieweuses », tout en déplorant un climat où « la détestation et la haine » atteignent un niveau préoccupant.
Chroniqueur sur Cnews, j’ai apprécié les plateaux avec @SoMabrouk . Elle est une grande professionnelle. L’une des meilleures intervieweuses. Ses livres apportent un regard singulier sur notre époque. Une époque où la détestation et la haine atteignent aujourd’hui un niveau…
— Olivier Dartigolles (@Dartigolles) November 5, 2026
BFMTV face à son équation
La chaîne se retrouve donc prise en étau. D’un côté, une journaliste fatiguée qui exige des garanties. De l’autre, une partie des équipes qui réclame un rééquilibrage éditorial. Entre les deux, une direction qui veut apaiser sans céder.
Le sort de Sonia Mabrouk est devenu le révélateur d’une question plus vaste : jusqu’où BFMTV peut-elle accueillir la diversité des opinions sans voir sa crédibilité contestée de l’intérieur ? La réponse donnera le ton pour les mois à venir.