« Après les commerces, la prochaine étape pourrait être d'attaquer les logements » : l'avertissement de Jérôme Fourquet
Après les pillages de commerces, les émeutiers pourraient-ils s'en prendre aux habitations privées ? Sur LCI, le politologue Jérôme Fourquet s'inquiète d'une nouvelle escalade des violences urbaines. Il redoute une « rupture du pacte républicain » si l'État ne parvient plus à garantir aux Français la sécurité de leur domicile.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur LCI, Jérôme Fourquet redoute que les émeutiers s'attaquent désormais aux logements des particuliers et alerte sur une possible rupture du pacte républicain.
Après les vitrines fracassées, les magasins pillés et les centres-villes dévastés, jusqu'où les violences urbaines pourraient-elles aller ? Invité sur LCI, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et Stratégies d'entreprise de l'Ifop, a formulé une mise en garde particulièrement préoccupante : les logements des particuliers pourraient devenir les prochaines cibles des émeutiers.
Son intervention s'inscrit dans le prolongement des violences survenues en France les 17 et 18 octobre, qui ont provoqué d'importantes dégradations dans de nombreuses villes. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé des mesures exceptionnelles de soutien aux commerces touchés par les pillages.
Mais pour Jérôme Fourquet, au-delà des dégâts matériels, c'est l'évolution même des émeutes qui doit retenir l'attention.
« La prochaine étape, après les commerces, ça va être d'attaquer les logements des particuliers. »
— news pol (@Actu_NP) October 27, 2026
Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP pic.twitter.com/lJSdnPbAos
Des quartiers périphériques aux centres-villes
L'essayiste établit une distinction entre les violences urbaines des décennies précédentes et celles observées depuis quelques années.
Selon lui, les émeutes des années 1990 et celles de 2005 se déroulaient principalement dans les quartiers où elles avaient éclaté, souvent après la mort d'un jeune dans des circonstances impliquant la police. Depuis 2023, un changement s'est produit : les violences ne restent plus cantonnées aux quartiers périphériques, mais gagnent désormais les centres-villes.
Jérôme Fourquet cite notamment l'exemple de Montargis, dont le centre avait été ravagé lors des émeutes de l'été 2023.
Cette évolution modifierait profondément la nature du phénomène. Les commerces, situés au rez-de-chaussée des immeubles, sont jusqu'à présent les premières victimes des pillages. Mais le politologue souligne que, dans certains endroits, les violences ont commencé à gagner les étages.
« Personne ne rentrera chez vous » ?
C'est précisément cette possibilité d'une extension des violences aux habitations qui inquiète Jérôme Fourquet. « La prochaine étape, après les commerces, ça va être éventuellement d'attaquer des logements de particuliers », prévient-il.
Le directeur du département Opinion de l'Ifop ne présente pas ce scénario comme une certitude. Il y voit néanmoins un risque d'escalade qui poserait une question fondamentale : celle de la capacité de l'État à protéger les citoyens jusque dans leur domicile.
« Si l'État n'est pas en capacité de rassurer les citoyens en disant : personne ne rentrera chez vous, on rentre dans un tout autre scénario », avertit-il.
Interrogé sur la manière de qualifier une telle situation, le sondeur répond sans détour : « Une rupture du pacte républicain. »
L'enjeu dépasserait alors la seule protection des biens commerciaux. Il toucherait au sentiment de sécurité le plus élémentaire des citoyens : celui de pouvoir vivre chez soi sans craindre une intrusion violente.
Une inquiétude qui dépasse les seuls commerçants
Jérôme Fourquet évoque également un autre phénomène qu'il juge révélateur du climat actuel : la forte augmentation des ventes d'équipements individuels de protection dans les armureries. Une observation qui traduit, selon lui, une inquiétude croissante face aux violences.
Fourquet avait déjà alerté, quelques jours auparavant, sur l'installation progressive d'une véritable « culture de l'émeute » en France, caractérisée par la répétition des pillages et des affrontements lors de rassemblements de natures très différentes.
Son nouvel avertissement franchit un degré supplémentaire : si les violences venaient à se déplacer des commerces vers les logements, ce ne serait plus seulement l'ordre public qui serait mis à l'épreuve, mais la confiance des citoyens dans la capacité de l'État à les protéger.