Avignon : le nouveau maire découvre que les panneaux solaires installés depuis six ans ne sont pas branchés
Lors d’une visite de l’école Louis-Gros, le nouveau maire d’Avignon Olivier Galzi affirme avoir découvert que 150 m² de panneaux photovoltaïques installés il y a six ans n’étaient pas raccordés. Une installation que la Ville présentait pourtant dès 2020 comme produisant de l’électricité.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
À Avignon, Olivier Galzi affirme avoir découvert que 150 m² de panneaux photovoltaïques installés sur une école depuis six ans n’étaient toujours pas raccordés.
Cent cinquante mètres carrés de panneaux photovoltaïques, installés depuis six ans sur le préau d’une école, mais qui n’auraient jamais produit le moindre kilowattheure. C’est la découverte pour le moins embarrassante qu’affirme avoir faite le nouveau maire d’Avignon, Olivier Galzi, lors d’une visite de terrain à l’école Louis-Gros.
« Ça a été installé il y a six ans. Panneaux photovoltaïques sur le préau, c’est une très bonne idée », commence l’ancien journaliste, élu maire d’Avignon en mars dernier, en montrant l'installation. « 150 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, ça fait six ans. On vient de poser la question : où va l’électricité, à quoi elle sert ? En fait, ils ne sont pas branchés. »
La conclusion politique ne tarde pas : « Voilà. C’est ce que j’appelle l’écologie politique, celle qui fait des grandes annonces, mais qui ne produit absolument rien. Donc nous, on va les faire brancher. »
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— Olivier (@2027lasolution) September 3, 2026
Quand le nouveau maire d’Avignon Olivier Galzi va sur le terrain pour faire un état des lieux de son prédécesseur socialiste ça donne ça 👇
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La mairie annonçait pourtant une « production d’eau chaude et d’électricité »
L’histoire est d’autant plus étonnante que l’installation des panneaux est parfaitement documentée. L’école élémentaire Louis-Gros a fait l’objet d’une rénovation complète entre octobre 2018 et janvier 2020, dans le cadre du Nouveau Programme national de renouvellement urbain. Les travaux, d'un montant global annoncé à l'époque de 4,7 millions d'euros, comprenaient notamment la rénovation des bâtiments, leur mise aux normes, la création de nouveaux espaces et la construction d’un préau recouvert de panneaux photovoltaïques.
Dans son propre magazine municipal de janvier 2020, la Ville d’Avignon allait plus loin. Elle présentait alors l’établissement comme une école rénovée de manière « exemplaire » et mentionnait explicitement l’« installation de panneaux photovoltaïques sur le toit du préau assurant la production d’eau chaude et d’électricité ».
Deux ans plus tard, lors d’un conseil municipal de février 2022 consacré à de nouvelles installations solaires, la Ville citait encore l’école Louis-Gros parmi les bâtiments sur lesquels elle avait « déjà réalisé directement, en tant que maître d’ouvrage, plusieurs installations photovoltaïques ».
Si les constatations rapportées aujourd’hui par Olivier Galzi sont confirmées, la contradiction est donc spectaculaire : l’installation était non seulement physiquement présente, mais officiellement présentée par la municipalité comme productrice d’énergie alors qu’elle n’aurait jamais été raccordée.
Une découverte en pleine cure de rigueur
L'anecdote intervient dans un contexte particulièrement délicat pour les finances municipales. Élu au printemps après avoir battu le socialiste David Fournier, Olivier Galzi a lancé un vaste état des lieux de la gestion de la ville. Le nouveau maire affirme avoir découvert une situation financière suffisamment dégradée pour imposer rapidement des économies et une rationalisation des dépenses.
Selon Vaucluse Hebdo, la capacité d’autofinancement brute de la commune a chuté de 22 %, tandis que sa capacité d’autofinancement nette est désormais négative. La Ville doit trouver 6,6 millions d’euros en fonctionnement d’ici à la fin septembre pour équilibrer son budget supplémentaire et éviter une mise sous tutelle préfectorale. Une erreur comptable de 600.000 euros relevée cet été par la Chambre régionale des comptes est venue aggraver une situation déjà tendue.
Olivier Galzi affirme également avoir découvert un patrimoine immobilier municipal insuffisamment maîtrisé, avec des bâtiments appartenant à la Ville laissés vacants tandis que la commune acquitte parallèlement des loyers de plusieurs milliers d’euros par mois. Son administration entend désormais renforcer le contrôle de gestion et revoir une partie des tarifs municipaux plutôt que d'opter pour une forte hausse des impôts ou des suppressions massives de postes.
Galzi veut pourtant développer le solaire
La charge du maire contre « l’écologie politique » ne signifie d’ailleurs pas qu’il entend renoncer au photovoltaïque. C’est même l’inverse. Pendant sa campagne municipale, Olivier Galzi promettait de faire du développement durable « une source d’économie » et annonçait un programme baptisé « Avignon, Ville Solaire », destiné à équiper les bâtiments publics de panneaux photovoltaïques afin de réduire les factures énergétiques de la commune.
La mésaventure de l’école Louis-Gros lui fournit désormais une illustration presque caricaturale du discours qu’il entend opposer à son prédécesseur : ne plus seulement financer et inaugurer des équipements écologiques, mais vérifier qu’ils fonctionnent effectivement.
Sur ce point, le nouveau maire n’aura au moins pas besoin de commander de nouveaux panneaux. Ils sont déjà là depuis six ans. Il reste à les brancher.