Budget bruxellois, premier contrôle : zéro pointé (carte blanche)
Dans cette carte blanche, Merry Hermanus dresse un réquisitoire contre la situation budgétaire de la Région bruxelloise. L'auteur estime que l'explosion du déficit, l'absence de réformes structurelles et les blocages politiques conduisent Bruxelles dans une impasse financière et institutionnelle.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
Dans une carte blanche, Merry Hermanus dénonce l'explosion du déficit bruxellois et l'incapacité du gouvernement régional à engager de véritables réformes.
Un comité de monitoring, appellation drôlement plus chic que la bonne vieille formule de contrôle budgétaire, instauré par le gouvernement, vient de découvrir que le déficit ne diminuait pas comme le ministre des Finances l’avait promis, mais au contraire explosait. En six mois, oui, six mois seulement, de fonctionnement de ce gouvernement, il prend près de 300 millions dans les gencives. Un uppercut dont il ne se relèvera pas !
On se rappellera que le déficit aurait dû plafonner à 957 millions sur l’exercice 2026. Voici qu’il explose après 6 mois à 1 milliard 254 millions ! Chaque mois, ce déficit s’élève à un peu plus de cent millions ; il pousse plus vite qu’un bambou invasif, bientôt une machette sera nécessaire pour s’y frayer un chemin.
Qui peut, en toute bonne foi, douter qu’au cours du second semestre, il augmentera encore de 300 millions et qu’on sera, en fin d’année, à 1 milliard 600 millions de déficit, comme cela avait été annoncé ? Pour rappel, ainsi la dette globale s’élèverait, dans ce qui n’est plus une hypothèse, à 16,5 milliards !
Des recettes en baisse, des dépenses en hausse
Tous les indicateurs sont au rouge, les recettes continuent à diminuer et les dépenses à exploser, rien n’ayant été fait en profondeur pour les assainir. Ah ! Oui, il y a une chose qui marche du tonnerre : les amendes routières, véritable racket, machine à sucer le sang des Bruxellois. L’une des recettes en baisse est particulièrement significative : il s’agit des droits de succession, qui plongeraient de 47 millions. Or, les droits de succession sont une source capitale de recettes pour la Région. Comment s’étonner de cette baisse ? Tous les Bruxellois qui en ont les moyens quittent cet enfer constitué de ghettos, de tirs de Kalachnikov, d’amendes routières et autres joyeusetés. Donc, ceux qui le peuvent partent vivre et... mourir ailleurs et le gouvernement bruxellois fait Tintin sur les droits de succession, qu’il attendait comme le croque-mort dans Lucky Luke.
Pour les dépenses, la masse salariale augmenterait encore de 80 millions alors qu’il avait été promis de faire là le maximum des baisses de charge. Mais le PS dit non, alors on ne fait rien.
Les ASBL loufoques et compagnie, grassement créées et subsidiées par Écolo pour ses copains, sont toujours en place et ne servent toujours qu’à fournir de l’emploi à quelques personnages de La Petite Maison dans la prairie, vêtus de coton écru, de lin vert, traînant l’ennui de leurs certitudes dans les quelques champs de maraîchage urbain, qui ne sont qu’une pauvre resucée des Ateliers nationaux de 1848, où l’on creusait des trous pour les remplir tout aussitôt.
Pourquoi rien ne change
La seule question !
La vraie question, est de savoir pourquoi ce gouvernement est de toute évidence incapable de mettre en œuvre un véritable budget d’assainissement.
Cher lecteur, je vous demande un brin d’imagination. Vous êtes autour de la table du Conseil des ministres. Y sont réunis les 9 ministres, représentants de 7 formations politiques, soit le MR, le PS, Les Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V. Et vous vous étonnez que cela ne puisse pas fonctionner ! J’en suis certain, si vous n’y êtes pas obligé, vous filez au plus vite de cette pétaudière.
Le MR a été élu afin de détruire le plan de mobilité de Groen. Or, sa tête de file, la charmante Mme Elke Van den Brandt, qui a ignoblement profité de la Covid pour mettre son plan en œuvre, annonce qu’elle continuera à garroter notre ville, mais par petites gorgées ; elle vient de réinventer la technique du salami. Elle accepte de rouvrir l’avenue Broustin, ce que tout le monde demandait, mais comme à l’école primaire, il faut lui concéder qu’on ne pourra y rouler qu’à 20 à l’heure ! Totalement absurde, car il ne s’y trouve ni école ni autre lieu où des dangers pourraient surgir. Elle fait un caprice. Il faut s’y plier car sinon elle peut bloquer tout le gouvernement. Les ASBL écolos, il faut continuer à les nourrir, même si leur objet est grotesque. Les économies dans le personnel, impossible, le PS en fait un tabou absolu. De façon lancinante, épuisante, tous les projets se heurtent aux mêmes obstacles.
Une ville qui se vide de ses forces vives
Plus rien ne fonctionne, parce que plus rien ne peut fonctionner. Une entreprise dont les machines sont cassées, dont les cadres se tirent dans les pattes, ne peut que courir à la faillite.
En attendant, les classes moyennes prennent leurs jambes à leur cou et filent ailleurs ou sombrent. Regardez autour de vous. Des rues, autrefois vivantes, commerçantes, achalandées, sont devenues de sordides tranchées aux façades lépreuses. Tout le monde le sait, tout le monde le voit... Pas un politique n’ose le dire.
Cette ville crève sous les taxes et les impôts, sous l’insécurité, d’une mobilité à la merci d’un racket officiel, de mesures toujours plus restrictives. Cette ville a été systématiquement assassinée. Et le crime se perpétue tous les jours. Seuls comptent la création de mandats et l’augmentation de leur montant. C’est l’horreur.
L’appel à un sursaut
Une seule vérité !
Qui se lèvera pour dire que cela ne peut pas continuer ? Qu’il faut de toute urgence revoir toutes nos institutions, Région, communes et OIP ?
N’y a-t-il pas à Bruxelles une femme ou un homme d’État capable de hurler cette vérité, cette seule vérité !