« Camps de redressement » : Francken durcit le ton face aux casseurs
Après les violences qui ont accompagné la manifestation contre la réforme de l’enseignement à Bruxelles, Theo Francken propose des structures disciplinaires pour les jeunes délinquants. Une idée qui a déclenché une vive polémique avec le patron du PS bruxellois Ahmed Laaouej.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Après les violences à Bruxelles, Theo Francken propose des « camps de redressement » pour les casseurs. Une idée soutenue en partie par Conner Rousseau mais dénoncée comme « fasciste » par Ahmed Laaouej.
Les incidents qui ont éclaté cette semaine dans le centre de Bruxelles continuent de provoquer de vives réactions politiques.
Alors que plusieurs dizaines de casseurs ont semé le désordre en marge de la manifestation contre la réforme de l’enseignement, le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) a proposé la mise en place de « camps de redressement » pour les jeunes impliqués dans les violences. Une sortie qui lui a immédiatement valu des accusations de « fascisme » de la part du chef de file du PS bruxellois, Ahmed Laaouej.
Bruxelles secouée par des violences urbaines
Jeudi et vendredi, plusieurs incidents ont éclaté dans le centre de la capitale. Des groupes de casseurs ont incendié des trottinettes, dégradé du mobilier urbain et affronté les forces de l’ordre. La police a procédé à quatorze arrestations judiciaires, dont huit mineurs, ainsi qu’à une arrestation administrative.
Cette délinquance a relancé le débat sur la réponse à apporter aux violences urbaines récurrentes dans certains quartiers de Bruxelles.
La proposition choc de Theo Francken
Réagissant aux événements, Theo Francken a dénoncé ce qu'il considère comme l'impunité d'un noyau dur de fauteurs de troubles. Selon lui, les dispositifs actuels ne suffisent plus à enrayer la récidive.
Le ministre estime que des structures de type « bootcamp ou camp de redressement » pourraient faire partie de la solution. Il a même indiqué que la Défense pourrait participer à ce type d'encadrement, en s'appuyant notamment sur l'expérience du programme Reboot4U déjà développé dans certaines initiatives d'accompagnement.
Dans une interview à la VRT, il a également affirmé que les services de sécurité devraient accorder davantage d'attention à certains groupuscules d'extrême gauche qu'il accuse d'être de mieux en mieux organisés et de s'infiltrer dans des manifestations pour provoquer des violences.
Une accusation visant aussi le PTB
Theo Francken est allé plus loin en établissant un lien entre la progression électorale du PTB à Bruxelles et la montée des tensions observées lors de certaines mobilisations.
Sans accuser directement le parti marxiste d'organiser les violences, il estime qu'il existe un climat politique favorisant la radicalisation d'une partie de l'extrême gauche.
Le ministre affirme s'appuyer sur des analyses des services de sécurité et de l'OCAM pour étayer ses préoccupations.
Laaouej contre-attaque
La réaction du PS bruxellois n'a pas tardé. Sur les réseaux sociaux, Ahmed Laaouej a accusé Theo Francken de verser dans l'autoritarisme. « Les tribunaux civils, c'est la démocratie. Les camps militaires de rééducation, c'est le fascisme », a-t-il écrit.
On n’a pas entendu ce sinistre personnage lorsque les voyous prétendument supporters de Bruges sont venus casser de l’Arabe à Bruxelles il y a un an. Les tribunaux civils, c’est la démocratie. Les camps militaires de rééducation, c’est le fascisme. https://t.co/sc5YiSE69E
— Ahmed Laaouej (@AhmedLaaouej) June 5, 2026
Le député fédéral socialiste Ridouane Chahid a lui aussi dénoncé une logique autoritaire, estimant que les problèmes de délinquance nécessitent davantage de justice, d'éducation et d'égalité que de réponses coercitives.
Theo Francken a immédiatement répliqué en accusant Ahmed Laaouej de caricaturer systématiquement ses adversaires politiques et en l'attaquant sur ses positions communautaires.
Oh boy de eeuwige ‘Racist!’ Fascist!’ roeper sluit de eigen commentarensectie. Ik heb geen lessen te krijgen in democratie en zeker niet van een islamo-communautarist als Laaouej die massaal campagne voerde in de Brusselse moskeeën. Hij doodde eigenhandig de decennialange… https://t.co/f49bP2dLEn
— Theo Francken (@FranckenTheo) June 7, 2026
Un consensus flamand qui se dessine
Au-delà de la polémique, un élément retient particulièrement l'attention. Theo Francken n'est plus le seul responsable politique à défendre des structures disciplinaires pour les jeunes délinquants.
Le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, a lui aussi évoqué l'idée de « bootcamps » destinés aux jeunes impliqués dans des actes de vandalisme ou de violence.
Selon lui, les auteurs de dégradations devraient être identifiés, confrontés à leurs parents, contraints de réparer les dégâts causés et placés dans des structures où ils apprendraient les règles de respect et de comportement qu'ils n'ont pas acquises dans leur environnement familial.
Cette convergence entre la N-VA et Vooruit illustre l'évolution du débat sécuritaire en Flandre, où une partie croissante de la classe politique plaide pour des mesures plus contraignantes face à la délinquance juvénile.
Un débat appelé à s'intensifier
Les violences de Bruxelles surviennent dans un contexte de préoccupation grandissante autour des questions d'ordre public.
Alors que les partis francophones restent largement réticents à toute forme d'encadrement inspiré de modèles militaires ou disciplinaires, plusieurs responsables flamands considèrent désormais que les réponses traditionnelles ont montré leurs limites.
La controverse autour des « camps de redressement » dépasse donc largement la seule querelle entre Theo Francken et Ahmed Laaouej. Elle illustre un débat de fond sur l'autorité, la responsabilité parentale et les moyens à mettre en œuvre pour enrayer la délinquance de rue qui s'installe progressivement au cœur du débat politique belge.