Caroline Fourest : « La gauche sectaire, pro-islamiste, a gagné. Ils s’en prendront à tous ceux qui ne sont pas comme eux »
Caroline Fourest a livré sur LCI un violent réquisitoire contre la gauche qu'elle qualifie de « sectaire » et « pro-islamiste ». « Ces gens ont gagné », estime-t-elle, avant d'avertir ceux qui pensent pouvoir échapper aux accusations d'« islamophobie » ou d'« extrême droite ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Caroline Fourest a livré sur LCI un violent réquisitoire contre la gauche qu'elle qualifie de « sectaire » et « pro-islamiste ». « Ces gens ont gagné », estime-t-elle, avant d'avertir ceux qui pensent pouvoir échapper aux accusations d'« islamophobie » ou d'« extrême droite ».
Caroline Fourest a livré mardi soir sur LCI un réquisitoire particulièrement sombre contre l'évolution d'une frange de la gauche française. Évoquant son éviction mouvementée de la Fête de l'Humanité il y a plus de dix ans, l'essayiste estime que la gauche « pro-islamiste » qu'elle combattait alors a désormais remporté la bataille culturelle au détriment d'une gauche « humaniste, laïque, voltairienne et camusienne ».
Poignante émotion de David Pujadas en larmes après un réquisitoire de Caroline Fourest contre LFI, la gauche extrême, et le danger de m.rt pour nos enfants pic.twitter.com/qZOZyeh1mT
— Jo Fitoussi 🇫🇷✡️🇫🇷✝️🇫🇷🇮🇱🎗 #FreeFrance (@Jo_Fitou_ssi) September 16, 2026
La séquence s'est déroulée dans « 24H Pujadas », au cours du rendez-vous « Fourest en liberté », consacré ce soir-là aux boycotts, à la liberté d'expression et aux fractures provoquées dans les milieux culturels et politiques par le conflit israélo-palestinien.
Au fil de son intervention, Caroline Fourest est revenue sur un épisode ancien mais révélateur, selon elle, du basculement qui s'est depuis produit à gauche.
« La dernière fois que j'y suis intervenue, c'est il y a plus de dix ans. C'était contre l'extrême droite », raconte-t-elle à propos de la Fête de l'Humanité.
L'épisode remonte à septembre 2012. Caroline Fourest devait alors participer à un débat consacré au Front national lorsqu'elle avait été violemment prise à partie par des militants qui l'accusaient notamment d'« islamophobie ». Le Monde rapportait à l'époque que son intervention avait été empêchée par des militants proches des Indigènes de la République.
« Ces gens ont gagné »
Quatorze ans plus tard, Fourest tire de cet épisode une conclusion autrement plus générale. Elle raconte avoir dû être évacuée et protégée par la CGT face à des « militants indigénistes, pro-islamistes », avant d'affirmer que ces courants occupent désormais une place dominante dans les débats de la Fête de l'Humanité.
« Ces gens ont gagné. Et ils nous ont exclus », tranche-t-elle. Puis vient le cœur de son réquisitoire : « La gauche sectaire, pro-islamiste, a gagné et a exclu la gauche humaniste, laïque, voltairienne et camusienne. »
La formule résume une fracture ancienne de la gauche française, mais Fourest considère manifestement que le rapport de force est désormais tranché. D'un côté, la tradition universaliste et laïque dont elle se réclame ; de l'autre, une gauche qu'elle accuse d'avoir progressivement accepté les raisonnements identitaires et les alliances avec des mouvements islamistes.
Ruffin et Glucksmann aujourd'hui, « vous » demain
L'essayiste cite alors deux personnalités situées à gauche mais en conflit ou en désaccord avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise.
« Ils s'en prennent aujourd'hui à François Ruffin, ils s'en prennent à Glucksmann. Demain, ils s'en prendront à tous ceux qui ne sont pas comme eux », prévient-elle.
Ils s'en prennent aujourd'hui à François Ruffin, ils s'en prennent à Glucksmann. Demain, ils s'en prendront à tous ceux qui ne sont pas comme eux.
Caroline Fourest
Son avertissement quitte alors le terrain des querelles partisanes pour s'adresser directement à ceux qui, à gauche, considèrent encore pouvoir rester à distance de ces affrontements. « Je demande à tous ceux qui sont un peu de bonne foi et sincères : arrêtez », lance-t-elle.
Caroline Fourest prédit que les accusations aujourd'hui réservées à certains intellectuels, journalistes ou responsables politiques finiront, selon elle, par toucher ceux qui pensent encore pouvoir y échapper.
« Un jour, c'est vous qui serez traités d'islamophobes, de génocidaires et d'extrême droite. C'est vous qui vous ferez courser physiquement. »
Un jour, c'est vous qui serez traités d'islamophobes, de génocidaires et d'extrême droite. C'est vous qui vous ferez courser physiquement.
Caroline Fourest
Le propos devient encore plus grave lorsqu'elle ajoute : « Et peut-être un jour, c'est vos enfants qui se feront tuer à cause de ces amalgames. »
Une vieille fracture de la gauche devenue béante
Le conflit décrit par Fourest n'est pas nouveau. Depuis les années 2000, une partie de la gauche française s'affronte sur la laïcité, l'islam, les discriminations, l'universalisme et la manière de combattre le racisme.
Caroline Fourest appartient depuis longtemps au courant qui considère que la lutte contre les discriminations ne doit jamais conduire à relativiser l'islamisme ou à organiser politiquement la société autour des appartenances religieuses et communautaires.
Ses adversaires lui reprochent au contraire depuis des années de transformer la défense de la laïcité en stigmatisation des musulmans. C'était déjà précisément l'accusation formulée contre elle lors de l'incident de la Fête de l'Humanité en 2012.
Ce qui change dans son intervention est son diagnostic sur l'issue de cette bataille. Elle ne dit plus seulement qu'une gauche universaliste affronte une gauche qu'elle juge identitaire et complaisante envers l'islamisme. Elle affirme que la première a perdu. « Ils nous ont exclus », répète-t-elle.
Le choix des figures qu'elle cite n'est pas anodin. François Ruffin a rompu politiquement avec Jean-Luc Mélenchon, tandis que Raphaël Glucksmann incarne une autre famille de la gauche, européenne et social-démocrate, très éloignée de LFI sur plusieurs sujets. Pour Fourest, les attaques dont ils font l'objet illustrent l'élargissement progressif du cercle des adversaires désignés.