Incendie dans les Fagnes : après 3.000 hectares brûlés, la pluie offre enfin un répit
Après quatre jours de lutte, les premières pluies sont tombées sur les Hautes Fagnes. Le feu, qui a déjà ravagé 3.000 hectares, ne progresse plus vers l’Allemagne. Des hélicoptères allemands arrivent en renfort et le roi Philippe doit se rendre sur place.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
La pluie aide enfin les secours dans les Hautes Fagnes : l’incendie ne progresse plus vers l’Allemagne après avoir ravagé environ 3.000 hectares.
Après quatre jours d’un incendie hors norme, les premières bonnes nouvelles arrivent dans les Hautes Fagnes. De faibles pluies sont tombées lundi matin, le vent s’est calmé et le front de flammes ne progressait plus vers la frontière allemande. Le roi Philippe doit se rendre sur place dans la journée.
La situation reste grave, mais elle commence enfin à évoluer dans le bon sens dans les Hautes Fagnes.
L’incendie qui ravage la région depuis vendredi a déjà brûlé environ 3.000 hectares. Il s’agit de l’un des plus importants feux de végétation jamais enregistrés en Belgique, au point que plusieurs bourgmestres l’ont décrit comme le « pire incendie de l’histoire de la Belgique ».
Lundi matin, cependant, les secours ont enfin reçu le renfort qu’ils attendaient depuis plusieurs jours : la pluie.
Selon l’IRM, entre 1 et 5 millimètres de précipitations sont attendus dans la matinée dans la zone touchée. Les premières averses ont commencé à tomber autour du Mont-Rigi, à proximité immédiate de l’incendie.
La progression vers l’Allemagne stoppée
Ces conditions plus favorables produisent déjà leurs effets. D’après les informations relayées par l’agence allemande DPA, l’incendie ne progressait plus lundi matin vers la frontière allemande. Les flammes s’étaient pourtant approchées dimanche à environ 300 mètres du territoire allemand, faisant craindre qu’un renforcement ou un changement de direction du vent ne provoque un passage du feu de l’autre côté de la frontière.
« C’est une bonne nouvelle pour nous », a déclaré un porte-parole des pompiers depuis le poste de commandement de Kalterherberg, dans la commune allemande de Monschau. De faibles pluies, une forte humidité et un vent plus calme facilitent désormais le travail des équipes.
Là où les pompiers peuvent intervenir au sol, le feu serait désormais contenu. Le village belge de Küchelscheid, situé à environ deux kilomètres du sinistre, ne serait plus directement menacé, même si ses habitants évacués samedi n’ont pas encore été autorisés à rentrer chez eux.
Des évacuations jusque du côté allemand
La situation avait nettement empiré dimanche soir.
Une trentaine d’habitants de 17 logements situés dans certains quartiers de Monschau ont été évacués par précaution. Les autorités allemandes avaient notamment ordonné l’évacuation de deux rues du secteur de Kalterherberg.
Des prairies situées entre le feu et les habitations ont été abondamment arrosées afin de créer une zone tampon. Pour l’heure, aucune nouvelle évacuation n’est prévue.
Deux hélicoptères allemands supplémentaires
L’aide internationale continue par ailleurs d’affluer. L’Allemagne a annoncé lundi la mise à disposition de deux hélicoptères NH-90 de la Bundeswehr, équipés de « bambi buckets » capables de larguer 2.000 litres d’eau à chaque rotation. Leur déploiement est prévu pour une durée initiale de sept jours.
Ils rejoignent les moyens déjà engagés, parmi lesquels deux hélicoptères Chinook néerlandais, deux avions bombardiers d’eau suédois, des hélicoptères de la police fédérale et un hélicoptère tchèque.
La Belgique a activé le mécanisme européen de protection civile pour coordonner ces renforts.
Dimanche, les deux avions suédois avaient commencé leurs premiers largages après avoir écopé sur le canal Albert, à proximité de Visé, au point que la navigation avait dû y être interrompue temporairement.
500 personnes et 120 véhicules mobilisés
Sur le terrain, le dispositif reste considérable. Environ 500 personnes et plus de 120 véhicules participaient encore aux opérations dimanche soir. Pompiers, Protection civile, policiers, militaires, agents du Département de la nature et des forêts ainsi que de nombreux agriculteurs sont mobilisés.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a d’ailleurs salué lundi matin la solidarité observée sur place, soulignant le rôle des agriculteurs dans l’appui logistique aux secours.
Le terrain particulièrement difficile des Hautes Fagnes complique les opérations au sol, tandis que certaines zones de sapinières touchées par le feu augmentent la charge combustible.
Le roi Philippe attendu sur place
Le roi Philippe doit se rendre lundi en fin de matinée au centre de crise provincial de Vottem avant de rejoindre les abords des Fagnes.
Selon le Palais royal, il doit être informé de l’évolution de la situation et des opérations en cours, puis rencontrer les équipes engagées sur le terrain afin de « témoigner son soutien » et de « prendre la mesure de l’ampleur des dégâts ».
Le souverain avait déjà remercié samedi les secours, la Défense, les agriculteurs ainsi que les pompiers allemands venus prêter main-forte.
Une situation toujours sous haute surveillance
Malgré l’amélioration météorologique, les autorités restent prudentes.
Le feu n’est pas encore déclaré totalement maîtrisé et la zone reste fermée au public. Plusieurs routes, dont une portion de la N68, sont toujours coupées. Les personnes évacuées ne peuvent pas encore regagner leur domicile.
Des masques FFP2 ont également été mis à disposition pour les intervenants et les personnes contraintes de rester à proximité des fumées.
Après quatre jours d’une lutte extrêmement difficile, la pluie et le changement de vent offrent cependant enfin un répit aux secours.
Le feu a déjà ravagé 3.000 hectares. Mais lundi matin, pour la première fois depuis le début de la catastrophe, la tendance n’était plus à l’extension du front : elle était à son containment.