« Des Européens vendent des chiens qui vont violer des êtres humains » : jusqu'où iront les accusations de Francesca Albanese contre Israël ?
Devant le Parlement irlandais, la rapporteuse spéciale de l'ONU Francesca Albanese a accusé Israël d'utiliser des chiens dressés en Europe pour violer des Palestiniens. Une affirmation spectaculaire, dont les preuves n'ont pas été présentées lors de son intervention et dont la plausibilité est contestée par un spécialiste du comportement canin.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Francesca Albanese accuse Israël d'utiliser des chiens dressés en Europe pour violer des Palestiniens. Un spécialiste canin juge ce dressage hautement improbable.
Jusqu'où peut aller une accusation formulée au nom des droits humains avant que l'on exige de celui qui la prononce des éléments permettant de l'étayer ? La question se pose après une intervention de Francesca Albanese devant le Parlement irlandais, au cours de laquelle la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens a affirmé qu'Israël utilisait des chiens spécialement dressés en Europe pour violer des détenus palestiniens.
Les propos ont été tenus le mardi 3 novembre devant la commission des Affaires européennes de l'Oireachtas, le Parlement irlandais, et rapportés notamment par The Irish Times.
La juriste italienne, qui appelait l'Irlande à durcir la position européenne envers Israël, a d'abord énuméré plusieurs accusations contre l'État hébreu, évoquant des exécutions extrajudiciaires, des détentions arbitraires, des actes de torture et des viols. Puis elle a avancé une affirmation particulièrement stupéfiante.
Francesca Albanese: “Israel has always killed children... torture, even rape... raped by dogs trained in European countries. European people are profiting from selling dogs that will rape people.”
— UN Watch (@UNWatch) November 5, 2026
Irish Sen. Chris Andrews: “Thank you for your ongoing advocacy. It's inspiring.” pic.twitter.com/eFqQi6EOWz
« Des chiens dressés dans des pays européens »
Évoquant les témoignages de détenus palestiniens, Francesca Albanese a affirmé que certaines personnes avaient été « torturées, violées, violées par des chiens dressés dans des pays européens. Elle poursuit : Des Européens tirent profit de la vente de chiens qui vont violer des êtres humains. » La rapporteuse spéciale a qualifié cette situation d'« abominable ».
Il ne s'agit donc pas simplement d'une accusation concernant l'utilisation de chiens pour intimider ou maltraiter des prisonniers. Albanese décrit un mécanisme autrement plus précis : des animaux seraient spécialement dressés dans des pays européens, puis vendus pour être utilisés dans des violences sexuelles contre des êtres humains.
Une telle affirmation suppose l'existence de fournisseurs, d'acheteurs, de structures de dressage et d'une chaîne commerciale organisée.
Pourtant, dans les propos rapportés de son audition, la rapporteuse spéciale n'a identifié ni entreprise, ni centre de dressage, ni pays européen impliqué. Elle n'a pas davantage présenté de document établissant l'existence d'une telle filière.
Un spécialiste du comportement canin juge ce dressage « hautement improbable »
Au-delà de l'absence de preuves publiquement présentées lors de cette intervention, la faisabilité même du scénario a déjà fait l'objet d'interrogations. L'accusation n'est en effet pas entièrement nouvelle. Plusieurs mois auparavant, des affirmations similaires avaient été relayées dans le débat public américain, notamment à la suite d'une chronique du journaliste Nicholas Kristof.
Interrogé à cette occasion par la Jewish Telegraphic Agency, James Crosby, ancien officier de police spécialisé dans les comportements agressifs des chiens et associé au Canine Brain Project de Harvard, avait exprimé de très sérieux doutes. Selon lui, il est « hautement improbable » que l'on puisse dresser un chien pour qu'il commette effectivement une agression sexuelle sur un être humain.
Le spécialiste distingue les mouvements de chevauchement, que l'on peut provoquer ou entraîner, de la réalisation d'un acte sexuel impliquant une pénétration, qui soulève des difficultés physiologiques et comportementales autrement plus importantes.
Les connaissances vétérinaires invitent également à distinguer le comportement de chevauchement de la sexualité proprement dite. L'école vétérinaire de l'université de Californie à Davis rappelle ainsi que lorsqu'un chien chevauche un être humain, ce comportement peut relever du stress, de l'excitation ou de la recherche d'attention, sans traduire nécessairement une motivation sexuelle.
Des cas médico-légaux exceptionnels de pénétration impliquant des chiens ont été décrits dans la littérature scientifique. Mais ils ne démontrent en rien qu'il serait possible de dresser systématiquement des animaux pour accomplir de tels actes sur commande, et encore moins qu'une filière commerciale européenne existerait à cette fin.
Sophia Aram dénonce le « dévissage » de la rapporteuse spéciale
La séquence a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. L'humoriste Sophia Aram a notamment écrit sur X : « S'il ne fallait qu'une seule vidéo pour mesurer le niveau de dévissage d'Albanese, ce serait cette histoire de “chiens violeurs entraînés et vendus par des Européens”... »
S’il ne fallait qu’une seule video pour mesurer le niveau dévissage d’Albanese ce serait cette histoire de "chiens violeurs entraînés et vendus par des européens"…. 🤦🏽♀️🐕🦴@UNWatch @HillelNeuer https://t.co/GzKFbBYWuG
— sophia aram (@SophiaAram) November 6, 2026
Francesca Albanese n'en est pas à sa première controverse. Plusieurs responsables européens ont déjà réclamé sa démission à la suite de précédentes déclarations. Israël l'accuse régulièrement de tenir des propos antisémites, ce qu'elle conteste.
La juriste italienne exerce son mandat de rapporteuse spéciale de manière indépendante : ses prises de position ne constituent pas automatiquement des conclusions adoptées par l'ensemble des Nations unies.
Mais cette indépendance ne diminue pas la responsabilité attachée à sa fonction. Les accusations d'une personnalité bénéficiant d'un mandat onusien disposent d'une résonance internationale considérable, particulièrement lorsqu'elles sont formulées devant une institution parlementaire.
Une intervention saluée au Parlement irlandais
Autre aspect remarquable de la séquence : l'accueil réservé à Francesca Albanese. À l'issue de son intervention, le sénateur irlandais Chris Andrews l'a remerciée pour son engagement constant, qu'il a présenté comme une source d'inspiration, selon i24NEWS. Ces remerciements soulignent le contraste entre la gravité des propos tenus et l'accueil favorable réservé à l'ensemble de son intervention.
Albanese a également accusé l'Union européenne de complicité dans la politique israélienne envers les Palestiniens. Elle a exhorté l'Irlande, qui exerce alors la présidence du Conseil de l'Union européenne, à convaincre les autres États membres de modifier leur position.