Jérusalem accueillera prochainement l’ambassade de la RDC
La RDC prépare le transfert de son ambassade à Jérusalem. Israël prévoit, en retour, d’ouvrir une représentation permanente à Kinshasa. Aucun calendrier précis n’accompagne encore ces deux projets.
Publié par A JS
Résumé de l'article
La RDC confirme son projet de transférer son ambassade à Jérusalem. Israël prévoit simultanément une représentation permanente à Kinshasa. Déjà annoncés en 2023, ces engagements relancent un rapprochement diplomatique, économique et sécuritaire entre les deux pays.
La République démocratique du Congo entend transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Kinshasa et Israël ont confirmé ce projet jeudi dans une déclaration commune. Les deux pays doivent encore régler les modalités pratiques de cette décision.
Cette annonce intervient après une visite de Félix Tshisekedi en Israël. Le président congolais a rencontré Benjamin Netanyahou le 1er septembre à Jérusalem. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, participait également aux discussions.
Israël prévoit parallèlement d’ouvrir une ambassade permanente à Kinshasa. Les deux gouvernements poursuivront leurs échanges diplomatiques pour concrétiser ces engagements. Leur communiqué ne fournit encore aucune date d’ouverture ou de transfert.
Un engagement déjà annoncé en 2023
Félix Tshisekedi avait déjà annoncé ce transfert en septembre 2023. Le dirigeant congolais rencontrait alors Benjamin Netanyahou à New York. Israël avait promis, en retour, de rouvrir une ambassade à Kinshasa.
Ces deux projets ont depuis connu plusieurs retards. La nouvelle déclaration commune vient donc confirmer cette orientation diplomatique. Elle traduit aussi la volonté des deux dirigeants d’accélérer leur rapprochement.
Les relations entre la RDC et Israël avaient déjà progressé depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi au pouvoir. Kinshasa avait nommé un ambassadeur en Israël en 2020. Cette nomination intervenait après environ vingt années sans représentant congolais permanent.
Le président congolais avait ensuite effectué une visite officielle en Israël en octobre 2021. Il avait alors rencontré le président Isaac Herzog. Félix Tshisekedi défend depuis plusieurs années une coopération plus étroite entre les deux pays.
Une coopération appelée à dépasser la diplomatie
Les discussions récentes ont également porté sur les relations économiques et sécuritaires. Israël et la RDC souhaitent développer leurs échanges dans plusieurs secteurs stratégiques. L’agriculture, la santé et les technologies figurent parmi les priorités annoncées.
Les deux pays avaient déjà signé plusieurs protocoles d’accord en juillet 2026. Ces textes concernent notamment la formation diplomatique, l’agriculture, les soins de santé et l’innovation. Kinshasa cherche à attirer des investissements et des technologies israéliennes.
La sécurité occupe aussi une place importante dans ce rapprochement. La RDC affronte toujours plusieurs groupes armés dans l’est de son territoire. L’expérience israélienne en matière de défense et de cybersécurité intéresse donc les autorités congolaises.
Un choix diplomatique encore minoritaire
La RDC rejoindrait un groupe restreint de pays présents diplomatiquement à Jérusalem. Les États-Unis y ont transféré leur ambassade en mai 2018. Donald Trump avait décidé ce déplacement lors de son premier mandat.
Le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay et les Fidji disposent également d’une ambassade dans la ville. Le Somaliland y a ouvert sa propre représentation en juin 2026.
Israël considère Jérusalem comme sa capitale et y abrite ses principales institutions. La plupart des ambassades étrangères restent néanmoins installées à Tel-Aviv ou dans ses environs. Plusieurs gouvernements attendent un accord israélo-palestinien sur le statut définitif de la ville.
Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale d’un futur État. Israël contrôle cette partie de la ville depuis la guerre de 1967.
La décision congolaise conserve donc une portée politique et symbolique importante pour l’État hébreu.