Neutralité, sécurité, mobilité et alliances : David Weytsman dévoile sa ligne claire
Dans la deuxième partie de son interview, David Weytsman précise ses priorités pour Bruxelles et durcit le ton sur plusieurs dossiers clés. Mobilité, neutralité de l’État, alliances politiques ou encore stratégie face à la gauche : le candidat à la présidence du MR bruxellois défend une ligne claire, entre pragmatisme et fermeté, avec l’ambition de renforcer le parti à l’horizon 2030.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- David Weytsman assume une ligne claire : ordre, émancipation et meilleure valorisation des résultats du MR au pouvoir.
- Il critique frontalement Good Move, plaidant pour une mobilité pragmatique et équilibrée entre tous les usagers.
- Sur le plan politique, il se dit prêt à dialoguer avec tous les partis démocratiques, tout en excluant les extrêmes.
- Il insiste sur des marqueurs forts : neutralité stricte de l’État, proximité avec les citoyens et stratégie électorale ambitieuse pour 2029-2030.
21 News : David Weytsman, avez-vous été déçu que le ministre-président Boris Dilliès prenne position pour un candidat dans cette élection?
David Weytsman : Non, absolument pas. Les relations resteront professionnelles et constructives. Chacun fait ses choix dans une élection interne. Si les membres me font confiance, ma mission sera claire : rassembler le MR Bruxelles et périphérie, remettre nos équipes en ordre de bataille et préparer les prochaines victoires.
21 News : Au fédéral, le président du MR recadre parfois publiquement ses ministres. Pourriez-vous faire de même avec le ministre-président ?
David Weytsman : Mon tempérament est d’abord de rassembler et d’obtenir des résultats. Mais un président doit aussi garantir une ligne politique claire.
21 News : Budget, mobilité, logement, sécurité: les problèmes et les défis ne manquent pas à Bruxelles. Quelle est la priorité absolue pour vous?
David Weytsman : La priorité est claire : mieux faire voir les résultats concrets de notre présence dans les majorités. Quand les libéraux gouvernent, les choses avancent !
Ensuite, mes deux axes sont simples : remettre Bruxelles en ordre et relancer l’ascenseur social. De l’ordre dans les finances publiques, la sécurité, la propreté et la mobilité. Et de l’émancipation par le travail, la formation, l’entrepreneuriat, l’enseignement et l’accès au logement. Je veux une région où chacun peut progresser par l’effort et le mérite.
Enfin, je propose une innovation politique sur la forme, une nouvelle communication ciblée et sur le fond. L'écologie et l'environnement ne se feront jamais sans les libéraux, et la santé est pour moi la première des libertés.
21 News : Comment pensez-vous contrer la gauche qui semble hégémonique dans les sondages à Bruxelles ?
David Weytsman : En étant plus présents sur le terrain et en expliquant clairement qui nous sommes. Les Bruxellois ont besoin de proximité. Il faut aussi nommer les risques que font peser sur la démocratie libérale les mouvements d’extrême gauche, et les mouvements religieux qui exercent une pression croissante sur nos institutions. Et en parallèle, porter un message offensif sur la qualité de vie, l’esthétique urbaine, la sécurité, la propreté, la mobilité et l’attractivité économique. Autant de domaines où la gauche bruxelloise a échoué pendant le dernier quart de siècle..
La santé est la première des libertés.
21 News : Comment envisagez-vous vos relations avec le PS et Les Engagés ?
David Weytsman : Nous devons d’abord savoir qui nous sommes et assumer clairement nos valeurs. Les électeurs doivent pouvoir choisir entre des projets différents, pas entre des copies conformes. Gouverner, ce n’est pas commenter : c’est avoir une ligne claire, une méthode et un cap.
Ensuite, notre système impose souvent des coalitions. On peut discuter avec d’autres partis sans jamais se renier. Le PS et Les Engagés sont aujourd’hui des partenaires de majorité. Cela n’efface ni nos divergences ni nos débats, mais lorsque l’intérêt général l’exige, il faut pouvoir obtenir des résultats ensemble.
Je continuerai à dialoguer avec tous les partis démocratiques, avec fermeté sur nos principes, à l’exclusion de l’extrême droite, de l’extrême gauche et des mouvements communautaristes religieux.
La neutralité de l’État est une garantie essentielle d’égalité
21 News : Votre position sur la neutralité de l'État.?
David Weytsman : Je la défends dans sa version la plus stricte, même si certains ont parfois préféré prétendre l’inverse pour les besoins de la campagne.
C’est une garantie essentielle d’égalité entre tous les citoyens et un moteur d’émancipation individuelle. L’administration doit être neutre, impartiale et au service de tous. Nous devons avoir des positionnements clairs et les expliquer avec pédagogie partout. C’est ce que je fais depuis longtemps..
21 News : L’avenir de Good Move et de la mobilité au sens large semble l’objet d’interprétations diverses au sein du nouveau gouvernement…
David Weytsman : Good Move est un échec documenté. Manque de concertation, blocage de la région, fragilisation de certains commerces, reports de trafic et sentiment d’insécurité accru dans plusieurs quartiers : ce plan a opposé les Bruxellois au lieu de les rassembler. Je partage donc la ligne de Georges-Louis Bouchez : Good Move doit prendre fin. Il faut tourner la page de cette logique idéologique et repartir sur des bases pragmatiques.
Je veux une mobilité plus fluide, une ville plus accessible et des déplacements plus sûrs pour tous les modes de transport. Cela suppose de remettre du bon sens dans l’organisation de la circulation, de rouvrir certains axes stratégiques et de mieux connecter les entrées de Bruxelles, notamment le Bois de la Cambre.
Sur ce point, le débat existe au MR. Geoffroy Coomans défend le statu quo voulu par Ecolo et Philippe Close, avec une approche très locale centrée sur la tranquillité des rues où il vit. Je respecte cette sensibilité. Mais moi, je porte une vision plus large : régionale et métropolitaine. Cela n’a aucun sens de décourager les habitants de la périphérie de venir à Bruxelles. C’est mauvais pour la mobilité, car on reporte les problèmes ailleurs, mauvais pour l’environnement, car on allonge les trajets, et mauvais pour l’économie, car on fragilise les commerces, l’emploi et l’attractivité de la capitale. Il faut penser aux commerçants, aux navetteurs et aux habitants d’Uccle qui ne veulent pas être bloqués chez eux.
Je défends la liberté individuelle de choisir le moyen de transport adapté aux besoins de chacun, sans dogme ni idéologie..
Sur Good Move Geoffroy Coomans défend le statu quo voulu par Ecolo et Philippe Close, moi, je porte une vision plus large : régionale et métropolitaine.
21 News: Quel est votre objectif pour les élections de 2029 et 2030 en termes d’élus et de maïorats, car le futur président sera jugé sur ses résultats électoraux ?
David Weytsman : Mon ambition est claire : faire du MR le premier parti partout où c’est possible. Concrètement, je veux bâtir une stratégie d’équipe pour faire progresser notre score, augmenter notre nombre d’élus et conquérir davantage de maïorats. Le futur président sera jugé sur sa capacité à faire gagner le mouvement, et j’assume pleinement cette exigence..
21 News : Pourquoi les militants devraient-ils voter pour vous ?
David Weytsman : Parce que je gère le réel au quotidien, que je porte une droite libérale moderne et que je veux un MR présent partout. Je ne cherche pas un titre : je veux être utile et proche du terrain.
Voir aussi : "Il faut être présent dans tous les quartiers pour contrer les extrêmes"