Geoffroy Coomans de Brachène : « Je me suis toujours exprimé clairement contre le plan Good Move, qui a été une erreur majeure pour notre région »
Geoffroy Coomans précise sa vision opérationnelle pour Bruxelles : articulation du pouvoir au MR, discipline budgétaire, mobilité, sécurité et logement. Une ligne qu’il veut à la fois ferme, lisible et directement orientée vers les préoccupations concrètes des Bruxellois. Suite de notre entretien avec lui.
Publié par Demetrio Scagliola
• Mis à jour le
Résumé de l'article
— Il défend une organisation complémentaire entre président du MR et ministre-président, fondée sur une équipe cohérente plutôt qu’un leadership unique.
— Il plaide pour un recentrage budgétaire strict sur les missions essentielles et une rupture avec les politiques qu’il juge idéologiques.
— Il assume une ligne ferme sur la sécurité, la mobilité et le logement, en privilégiant pragmatisme, autorité et relance de l’offre.
21News : Quel rôle doit jouer le président du MR face au ministre-président Boris Dilliès ? Faut-il un seul chef ?
Geoffroy Coomans : Il ne faut pas opposer les rôles, il faut les rendre complémentaires. Boris Dilliès est un ami de longue date et un Ministre-président solide, qui peut compter sur mon total soutien. Mais chacun a sa responsabilité. Le ministre-président gouverne. Le président de la Régionale mobilise, structure et renforce le Mouvement. Mon rôle, ce sera d’être un appui, un relais et un moteur. Un moteur pour nos sections, pour nos militants, pour notre groupe parlementaire, afin d’être pleinement au diapason du Gouvernement. Des Gouvernements pour être plus exact : Bruxellois, Wallonie-Bruxelles, et Fédéral bien sûr.
Il ne faut pas un seul chef — il faut une équipe forte, alignée et déterminée à gagner, pour des résultats tangibles, et de nouvelles victoires en 2029 et 2030 !
Il faut arrêter de fuir la réalité : Bruxelles a vécu au-dessus de ses moyens, et la facture est en train de nous rattraper. En dix ans, la dette a triplé. La gauche a dépensé sans compter.
21News : Sur les finances, vous dites qu’on ne peut plus dépenser l’argent qu’on n’a pas. Où faut-il trancher en priorité ?
Geoffroy Coomans : Il faut arrêter de fuir la réalité : Bruxelles a vécu au-dessus de ses moyens, et la facture est en train de nous rattraper. En dix ans, la dette a triplé. La gauche a dépensé sans compter, sans prioriser, sans se demander comment on paierait demain. Résultat : une région fragilisée, et des marges de manœuvre quasiment inexistantes. Moi, je fais un choix clair : on recentre sur les missions essentielles de l’État. La sécurité. La propreté. Et le bon fonctionnement des services publics. Et pour le reste, il faut avoir le courage de le dire : — moins de dépenses inutiles — moins de structures coûteuses — moins de politiques idéologiques qui n’apportent aucun résultat. Nous assumons une réalité simple : l’argent public n’est pas illimité.
Le plan Good Move a été une erreur majeure pour notre région qui a on seulement dégradé l’accessibilité, mais a aussi abîmé l’image de Bruxelles.
21News : Sur la mobilité, jusqu’où faut-il aller pour préserver l’accessibilité de Bruxelles ?
Geoffroy Coomans : Préserver l’accessibilité de Bruxelles n’est pas une option, c’est une priorité. Je me suis toujours exprimé clairement contre le plan Good Move, qui a été une erreur majeure pour notre région. Non seulement il a dégradé l’accessibilité, mais il a aussi abîmé l’image de Bruxelles. En opposant les modes de déplacement, on a créé des tensions inutiles entre automobilistes, cyclistes et usagers des transports en commun. Moi, je veux sortir de cette logique de confrontation. Bruxelles doit être une ville accessible pour tous : pour ceux qui travaillent, pour ceux qui entreprennent, pour ceux qui y vivent au quotidien. Ma ligne est simple : arrêter les décisions idéologiques ; revenir à une approche pragmatique, rééquilibrer notre politique de mobilité
21News : Vous vous opposez à la fermeture des tunnels Louise. Est-ce une ligne rouge politique pour vous ?
Geoffroy Coomans : Je parlerais plutôt de ligne bleue mais c’est effectivement une position très claire.
Fermer les tunnels Louise aujourd’hui serait une erreur majeure, pour ne pas dire une faute politique. On ne peut pas supprimer un axe aussi structurant sans offrir d’alternative crédible, ni pour les Bruxellois, ni pour les navetteurs.
21News : La sécurité se dégrade à Bruxelles. Faut-il un changement de cap plus ferme ? Lequel ?
Geoffroy Coomans : Oui, clairement. Il faut un changement de cap, et surtout un retour à l’autorité. Depuis des années, on a laissé s’installer une forme de laxisme. Résultat : une insécurité qui progresse et un sentiment d’abandon chez beaucoup de Bruxellois. Ma ligne est simple : tolérance zéro face à la délinquance : — plus de présence policière sur le terrain — des sanctions effectives et rapides — une coordination renforcée entre police, justice et communes.
21News : Sur le logement, faut-il réguler davantage le marché ou au contraire libérer l’offre ?
Geoffroy Coomans : Le vrai problème aujourd’hui, ce n’est pas un manque de régulation, c’est un manque de logements. Et ce manque est directement lié à des années de politiques qui ont découragé ceux qui construisent : développeurs, investisseurs, architectes. Règles excessives, délais interminables, fiscalité lourde, insécurité juridique… tout a été fait pour freiner l’investissement. Résultat : on délivre moins de permis, on construit moins, alors que la demande, elle, continue d’augmenter. Et mécaniquement, les prix montent. La gauche veut réguler toujours plus. Le résultat, on le voit : moins d’offre, plus de pénurie.
21News : Face à une gauche dominante, faut-il la combattre frontalement ou tenter de la concurrencer sur certains terrains ?
Geoffroy Coomans : Les deux, mais avec une ligne claire ! Il faut être capable de s’opposer frontalement quand c’est nécessaire, notamment lorsque certaines politiques de gauche affaiblissent Bruxelles : en matière de sécurité, de propreté, de gestion publique ou de fiscalité. Là, nous devons être fermes, cohérents et assumer pleinement notre différence libérale. Mais en même temps, si nous voulons gagner à Bruxelles, nous devons aussi être capables de convaincre plus largement. Cela signifie proposer des solutions concrètes sur des sujets qui préoccupent tous les Bruxellois — le logement, la mobilité, la qualité de vie — avec une approche libérale, pragmatique et efficace. L’erreur serait de choisir entre les deux. Si on se contente de s’opposer, on ne gagne pas. Si on cherche à ressembler à la gauche, on se perd.
Depuis 26 ans, je suis engagé à Bruxelles. J’ai été sur le terrain, dans les sections, au conseil communal, comme échevin, aujourd’hui comme député. Je connais les réalités de notre Mouvement, ses forces, mais aussi ce qui doit être amélioré.
21News : Pourquoi les militants MR doivent-ils voter pour vous ?
Geoffroy Coomans : Parce que je suis prêt, parce que je suis clair, et parce que je serai au service de notre Mouvement. Depuis 26 ans, je suis engagé à Bruxelles. J’ai été sur le terrain, dans les sections, au conseil communal, comme échevin, aujourd’hui comme député. Je connais les réalités de notre Mouvement, ses forces, mais aussi ce qui doit être amélioré. Je veux une Régionale qui fonctionne mieux, qui soutient réellement ses sections et ses militants, et qui nous prépare à gagner les prochaines échéances. Pas avec des discours, mais avec des outils, de la méthode et de la présence. Je pense aussi que les militants attendent de la clarté. Sur nos valeurs, sur notre ligne, sur des sujets essentiels comme l’autorité de l’État ou la neutralité. Moi, je ne suis pas ambigu. Et puis, il y a une chose simple : je serai un président disponible. Mon mandat de député me permet d’y consacrer le temps nécessaire, d’être à l’écoute, d’aller dans les sections, d’être présent quand il le faut. Voter pour moi, c’est choisir un président de terrain, un président clair, et un président qui fera passer notre mouvement et nos valeurs avant tout.
21News : Le MR a-t-il perdu une partie de son ADN à Bruxelles ?
Geoffroy Coomans : Je ne dirais pas que le MR a perdu son ADN à Bruxelles. Mais il est clair qu’il doit aujourd’hui le réaffirmer avec plus de force et de clarté. Notre ADN, c’est la liberté, la responsabilité, le mérite, l’autorité de l’État et la proximité avec le terrain. Notre défi n’est pas de redéfinir notre ADN, c’est de le faire vivre pleinement, sans ambiguïté, et dans chaque quartier.
Voir aussi : « Les militants attendent de la cohérence, pas des nuances floues ou changeantes »