David Weytsman (MR) : "Il faut être présent dans tous les quartiers pour contrer les extrêmes"
David Weytsman, président du CPAS de la ville de Bruxelles sera le favori de l'élection du nouveau président de la régionale bruxelloise du MR. L'élection se déroulera du 21 au 24 avril prochain. Dans cette interview exclusive à 21 News, David Weytsman détaille sa stratégie pour transformer le mouvement en une force de terrain incontournable face à la montée des extrêmes. Entre sa volonté de "ramener l'ordre" à Bruxelles, sa critique frontale de l'échec du plan Good Move et sa défense d'une neutralité de l'État stricte, le candidat livre sa vision libérale moderne et assumée pour la capitale. Il clarifie également son positionnement politique et sa future collaboration avec les instances nationales du parti et avec le ministre-président bruxellois Boris Dilliès.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- David Weytsman défend une stratégie mêlant continuité et renforcement de la présence de terrain pour le MR bruxellois.
- Il prône un libéralisme structuré autour de l’ordre (sécurité, budget, propreté) et de l’émancipation individuelle.
- Le candidat insiste sur sa légitimité issue du terrain : président du CPAS, gestion concrète des réalités sociales et budgétaires.
- Son objectif : élargir la base électorale du MR pour éviter une progression des extrêmes, notamment du PTB.
21 News : Bonjour David Weytsman, vous avez inscrit votre candidature dans la continuité du président sortant du MR bruxellois, David Leisterh. Pourquoi est-ce pour vous une bonne stratégie aujourd'hui pour le MR à Bruxelles ?
David Weytsman : Je m’inscris dans la continuité en allant aussi un pas plus loin. La continuité, c’est la présence partout sur le terrain. C’est ce que nous avons construit ensemble et je crois que c’est une priorité, non seulement pour gagner les élections que je vais préparer pour 2029 et 2030, mais aussi pour pouvoir lutter contre les extrêmes, en particulier l’extrême gauche qui adopte des méthodes de plus en plus radicales d’action.
Je vais un pas plus loin parce que, non seulement on doit être présent partout dans tous les quartiers de Bruxelles et de la périphérie, mais on doit pouvoir présenter une vision libérale claire et assumée. Être en capacité de mieux l’expliquer auprès de tous les publics. Il y a ensuite deux autres volets où je veux apporter du nouveau, à savoir l’organisation interne de la Régionale MR et l’innovation en politique.
21 News : Vous insistez beaucoup sur la présence de terrain. Concrètement, qu'est-ce que cela change dans la manière de diriger le MR ?
David Weytsman : On ne dirige pas le MR depuis un salon feutré. On fait avancer nos idées par une présence soutenue sur le terrain, auprès des militantes et des militants. On dirige en valorisant ses membres, en défendant l’action politique de tous nos élus, à commencer par les conseillers CPAS, les conseillers communaux, nos échevins et bourgmestres, mais aussi nos parlementaires et nos ministres. En défendant aussi davantage nos valeurs libérales. Si on veut gagner, il faut parler à tout le monde, créer davantage de ponts entre le MR et le milieu entrepreneurial, les associations, ou même différents piliers comme la mutualité libérale ou le syndicat libéral. Ce sont des ponts que je souhaite encore davantage créer sous cette nouvelle présidence du MR Bruxelles et périphérie.
On ne dirige pas le MR depuis un salon feutré.
21 News : : Vous vous présentez comme le tenant d’un libéralisme de centre-droit. Comment cela s'adapte-t-il à une région où la gauche est dominante, surtout si l’on en croit les sondages?
David Weytsman : Je me définis d’abord comme libéral. Ceux qui observent mon parcours disent souvent que j’incarne une droite libérale sur les matières régaliennes, et je l’assume pleinement. Ma ligne a toujours été claire : ramener de l’ordre dans les finances publiques, renforcer la sécurité, améliorer la propreté et rétablir une mobilité de bon sens. C’est le fil conducteur de mes engagements au Parlement comme à la Ville de Bruxelles.
Mais je porte aussi une vision sociale de centre-droit, fondée sur l’émancipation individuelle. À Bruxelles, un enfant sur deux naît dans une famille sous le seuil de pauvreté. La réponse n’est pas l’assistanat sans fin. La réponse, c’est l’école, la formation, le travail, l’accès au logement et l’ascenseur social.
C’est exactement ce que je mets en œuvre aujourd’hui comme chef de file à la Ville de Bruxelles et comme président du CPAS. Une droite moderne doit être ferme sur l’ordre, ambitieuse sur l’émancipation et fière de ses valeurs libérales. Je suis convaincu que cette ligne est exactement celle dont Bruxelles a besoin.
Je ne parle pas du réel, je le gère chaque jour.
21 News : Certains au MR bruxellois, notamment Geoffroy Coomans, l’un de vos concurrents pour la présidence, vous taxent de candidat de "centre-gauche"…
David Weytsman : Chacun mène sa campagne comme il l’entend. Mais c’est une technique de campagne assez facile que de coller une étiquette à l’adversaire pour éviter le débat de fond. Moi, je préfère parler de Bruxelles, du MR et des victoires que nous devons préparer. Mon parcours est clair : ordre dans les finances publiques, sécurité, valorisation du travail, mérite, neutralité stricte de l’État et ascenseur social par l’effort. Je veux rassembler les libéraux autour d’une ligne cohérente, solide et gagnante. Les militants attendent un président utile, proche du terrain et capable de faire gagner le MR, pas un distributeur d’étiquettes.
21 News : Le MR a beaucoup misé sur l'ouverture et la diversité. Certains en interne ont critiqué cette stratégie. Faut-il poursuivre ou corriger le tir ?
David Weytsman : Dans une région comme Bruxelles, un parti qui se replie sur lui-même finit toujours par reculer. Si nous voulons gagner, nous devons parler à toute la Région, pas seulement à quelques cercles habituels. Le MR ne sera jamais un parti, en tout cas certainement pas si je suis élu président, qui commencera à regarder l'origine des personnes, mais plutôt un parti qui souhaitera mettre des talents en avant. Nous devons être à l’image de Bruxelles et attirer les meilleurs profils de tous les horizons : entrepreneurs, travailleurs manuels, associatifs, indépendants, jeunes talents ou parcours de vie plus difficiles..
21 News : Quelles sont les principales différences entre le candidat Weytsman et le candidat Coomans ?
David Weytsman : Je préfère parler de moi plutôt que des autres. Mais je dirais que la première différence, c’est que je ne parle pas du réel, je le gère chaque jour. Je suis président du CPAS de la Ville de Bruxelles : des budgets, des équipes, du logement et des résultats concrets. La deuxième, c’est que je porte une droite libérale moderne, claire et assumée : remettre de l’ordre dans les finances publiques, renforcer la sécurité, valoriser le travail, défendre le mérite et relancer l’ascenseur social par l’enseignement, la formation et l’emploi. La troisième, c’est que je veux un MR qui gagne partout. Nous devons consolider nos bastions, mais aussi progresser là où on ne nous attend pas. Si nous laissons ce terrain vide, les extrêmes et les populistes l’occuperont. Le choix est simple : commenter le réel ou le transformer. Moi, je veux agir, rassembler et faire gagner le MR
« Un enfant sur deux naît dans une famille sous le seuil de pauvreté à Bruxelles. »
21 News : Si vous êtes élu président de la régionale bruxelloise, comment imaginez-vous vos relations avec Georges-Louis Bouchez ? Certains lui reprochent d'être très, voire trop présent dans les affaires bruxelloises.
David Weytsman : Les rôles sont clairement établis par les statuts. Je serai avant tout le président de tous les militants et élus de la régionale. Le président régional et le président national doivent fonctionner en tandem avec une communication directe et une coordination permanente. C’est ce que je fais déjà dans mes fonctions actuelles. La Ville de Bruxelles est souvent scrutée médiatiquement, ce qui nous amène à avoir des échanges me permettant d’exprimer la position du MR de la Ville. Demain, j’aurai l’occasion de défendre la position du MR de Bruxelles et de sa périphérie.
Voir aussi : "Neutralité, sécurité, mobilité et alliances : David Weytsman dévoile sa ligne claire"