Près de 15.000 malades indemnisés par la Belgique vivent à l'étranger : la N-VA réclame davantage de contrôles
Près de 15.000 personnes perçoivent une indemnité de maladie belge tout en résidant à l'étranger. En cinq ans, les dépenses correspondantes sont passées de 139 à 258 millions d'euros. Le député N-VA Axel Ronse dénonce des contrôles insuffisants et estime que d'importantes économies restent possibles.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Les indemnités de maladie versées à des résidents à l'étranger atteignent 258 millions d'euros. Axel Ronse (N-VA) dénonce des contrôles insuffisants.
La Belgique verse chaque année des centaines de millions d'euros d'indemnités de maladie à des bénéficiaires résidant hors de ses frontières. Selon les chiffres rapportés ce lundi 12 octobre par Het Laatste Nieuws, 14.713 malades de longue durée percevant une indemnité belge vivent à l'étranger, soit environ 2,4 % de l'ensemble des bénéficiaires.
Une situation parfaitement légale, mais dont les modalités de contrôle suscitent des interrogations au sein de la N-VA.
« En cinq ans, nous sommes passés de 139 à 258 millions d'euros d'indemnités de maladie belges pour des personnes résidant à l'étranger. Les mutualités sont à peine capables de fournir des chiffres sur les contrôles. Oui, il existe encore un immense potentiel d'économies », écrit sur X le député Axel Ronse.
Op 5 jaar tijd van 139 miljoen naar 258 miljoen euro belgische ziekte uitkeringen voor mensen die in buitenland wonen. Ziekenfondsen kunnen nauwelijks cijfers voorleggen over controle. Ja er is nog immens veel besparingspotentieel 🚀 pic.twitter.com/MVSpI6HTZL
— Axel Ronse (@axel_ronse) October 12, 2026
Une augmentation de 58 % des bénéficiaires depuis 2020
Le nombre de malades de longue durée installés à l'étranger tout en conservant leur indemnité belge a fortement progressé ces dernières années. Ils étaient 9.312 en 2020, contre 14.713 en 2025, soit une hausse de 58 %.
Cette progression est nettement supérieure à celle du nombre total de malades de longue durée en Belgique, passé de 471.000 à 576.600 sur la même période, soit une augmentation de 22 %.
La France accueille le plus grand nombre de bénéficiaires, suivie notamment de l'Espagne, des Pays-Bas, du Portugal, de l'Allemagne, de la Pologne et de la Turquie.
La réglementation permet en effet, sous certaines conditions, de continuer à percevoir une indemnité de maladie belge après un déménagement à l'étranger. Le problème soulevé par Axel Ronse ne concerne donc pas la légalité de ces versements, mais la capacité des autorités à vérifier que les bénéficiaires remplissent toujours les conditions requises.
Des contrôles difficiles à retracer
Interrogées par Het Laatste Nieuws, les autorités compétentes et les mutualités peinent à fournir un tableau complet des contrôles médicaux effectués à l'étranger.
Le député N-VA affirme que les personnes concernées font l'objet d'une surveillance moins rigoureuse que les malades de longue durée résidant en Belgique. Il dénonce également la difficulté de vérifier leur situation médicale et administrative lorsqu'elles vivent durablement hors du territoire.
« C'est de la folie : le pouvoir d'un médecin étranger est gigantesque, alors que c'est la Belgique qui paie les indemnités », déclare-t-il au quotidien flamand.
Le journal relève toutefois que des mécanismes de contrôle existent, notamment dans le cadre de la coopération européenne. Certaines mutualités peuvent solliciter des examens médicaux à l'étranger ou demander aux bénéficiaires de se présenter en Belgique.
Mais leur mise en œuvre varie selon les organismes et les pays concernés, ce qui complique l'établissement d'un bilan global.
La N-VA réclame un renforcement de la surveillance
Axel Ronse estime que les contrôles devraient être davantage systématisés et que les organismes assureurs devraient pouvoir rendre compte précisément des vérifications effectuées.
Selon les données citées par Het Laatste Nieuws, l'INAMI a procédé en 2025 à 1.934 contrôles concernant des malades de longue durée résidant à l'étranger. Ces démarches ont notamment conduit à 553 demandes de retour en Belgique pour permettre une évaluation médicale.
Le député considère néanmoins que le dispositif reste insuffisant au regard du nombre de bénéficiaires et des sommes engagées.