Selon Timothée Parrique, « le capitalisme est un zombie, est déjà mort »
Pour l'économiste de la décroissance Timothée Parrique, le capitalisme ne serait plus qu'un « système zombie » dont il faudrait se débarrasser. Une analyse qui repose sur l'idée que plus personne ne croirait aux promesses de l'économie de marché, mais qui laisse largement ouverte la question du modèle appelé à lui succéder.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Timothée Parrique estime que le capitalisme est un « système zombie ». Une vision radicale qui relance le débat sur les alternatives à l'économie de marché.
Invité sur B SMART 4Change à s'exprimer sur l'avenir du système économique actuel, l'économiste Timothée Parrique a livré un constat sans nuance. « Le capitalisme est un système zombie. Dans les faits, il est déjà mort. Mais on n'arrive pas à se débarrasser de son cadavre », affirme-t-il.
Selon lui, les promesses traditionnellement associées au capitalisme — ascenseur social, création de richesse, ruissellement ou encore croissance verte — ne convaincraient plus. Il estime que même ceux qui défendent encore l'économie de marché reconnaîtraient désormais les limites du système.
Le capitalisme est un système zombie. Dans les faits, il est déjà mort. Mais on n'arrive pas à se débarrasser de son cadavre.
Timothée Parrique
Une affirmation loin de faire consensus
Cette lecture est toutefois loin d'être unanimement partagée. Lorsqu'il affirme que « les gens n'y croient plus » ou que le capitalisme serait déjà « mort », Timothée Parrique présente comme largement acquis un diagnostic qui continue pourtant de faire débat parmi les économistes.
Mais au secours !!!!
— Delphine Lancel🗽 (@dlancel) June 29, 2026
Toujours prompts à nous trouver de nouveaux apparatchiks de la décroissance 😱😤
“Dans les faits, le capitalisme est déjà mort, mais on n’arrive pas à se débarrasser de son cadavre”
ASSEZ ! pic.twitter.com/osqFi0XxD0
Si les critiques portant sur les inégalités, les crises financières ou les défis environnementaux sont largement documentées, nombre d'économistes considèrent que ces difficultés appellent avant tout des réformes de l'économie de marché plutôt que son abandon.
Une histoire économique qui nourrit le débat
Au cours du XXᵉ siècle, plusieurs modèles se sont construits en opposition au capitalisme. Les économies administrées de type soviétique, le maoïsme ou d'autres formes de planification centralisée ont généralement été marqués par une faible création de richesse, des pénuries chroniques et, dans de nombreux cas, par une concentration du pouvoir politique et un recul des libertés individuelles, et parfois par bien pire.
Les partisans de la décroissance estiment que ces comparaisons ne correspondent pas au projet qu'ils défendent aujourd'hui. Le débat reste néanmoins alimenté par cette mémoire historique, qui conduit nombre de leurs contradicteurs à s'interroger sur la viabilité des alternatives proposées, ailleurs que sur le papier.
Réformer ou dépasser le capitalisme ?
Le débat dépasse largement la seule personne de Timothée Parrique.
Il oppose deux visions de l'avenir économique : l'une considère que l'économie de marché doit être profondément réformée afin de répondre aux défis sociaux et environnementaux ; l'autre estime que le système lui-même est arrivé au terme de son histoire et qu'il convient désormais d'en sortir.
La formule du « système zombie » illustre cette seconde approche. Elle traduit une rupture assumée avec le modèle économique actuel, mais relance aussi une question centrale : par quel système le remplacer, sans reproduire les échecs économiques et politiques observés lors de nombreuses expériences menées au siècle dernier ?