Belgique dégradée, Geert Noels réagit : « arrêtez de distribuer de l’argent qui n’existe pas »
La dégradation de la note de crédit de la Belgique par Moody’s suscite de vives réactions. L’économiste Geert Noels ne mâche pas ses mots. Selon lui, la Belgique est devenue « le plus mauvais élève d’Europe » et le cap politique doit changer d’urgence.
Publié par Vanille Dujardin
Résumé de l'article
- L’économiste Geert Noels réagit vivement à la dégradation de la Belgique par Moody’s.
- Il qualifie la Belgique de « plus mauvais élève d’Europe » et dénonce un manque de discipline budgétaire.
- Selon lui, le politique doit cesser de « distribuer de l’argent qui n’existe pas » et s’attaquer aux abus.
Bien que cette dégradation n’ait pas d’impact immédiat pour les ménages, Noels met en garde sur les conséquences à moyen et long terme, dans une intervention sur VTM NIEUWS. « Vous ne le sentirez pas directement dans vos crédits, mais vous le ressentirez parce que le gouvernement devra faire beaucoup plus d’efforts budgétaires pour stopper un cercle vicieux », explique-t-il.
Selon lui, la Belgique est enfermée dans une spirale où l’augmentation de la dette entraîne une hausse des charges d’intérêts, réduisant d’autant la marge de manœuvre politique. Sur les réseaux sociaux, Geert Noels va encore plus loin en ciblant directement le monde politique : « Stop au populisme et au clientélisme. Arrêtez de distribuer de l’argent qui n’existe pas. Et luttez contre tous les abus : fiscaux, sociaux et la corruption. »
« Le plus mauvais élève d’Europe »
Ces critiques ne sortent pas de nulle part. Geert Noels souligne que la Belgique a fortement augmenté ses dépenses publiques durant la crise du Covid, sans les réduire par la suite. « D’autres pays l’ont fait », rappelle-t-il. « Aujourd’hui, nous sommes le plus mauvais élève de la classe en Europe. » Selon lui, la Belgique affiche désormais le déficit public le plus élevé de la zone euro et se situe derrière des pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne ou encore l’Autriche en matière de crédibilité financière.
Une nouvelle dégradation pèserait en outre lourdement sur l’image du pays. La Belgique pourrait alors se rapprocher du niveau de la Slovénie, ce qui serait un revers symbolique pour un État au cœur de la zone euro.
Pression politique
L’analyse très critique de Geert Noels suscite une réaction claire du gouvernement. Le ministre du Budget Vincent Van Peteghem considère cette dégradation comme un signal sans ambiguïté. « C’est un wake-up call très clair », a-t-il déclaré à nos confrères de VTM. « Ce n’est pas le moment de créer des blocages. Nous devons prendre nos responsabilités et faire preuve de détermination pour agir. » Selon le ministre, la situation pourrait rapidement se détériorer en l’absence de mesures. « Chaque euro supplémentaire consacré aux intérêts est un euro qui ne peut pas être investi dans la santé, l’enseignement ou la sécurité. » Il insiste toutefois sur la nécessité d’agir rapidement : « C’est notre responsabilité. Nous devons tout mettre en œuvre pour y parvenir. »
Le Premier ministre Bart De Wever avait déjà jugé la décision « pas inattendue » et reconnaît que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour restaurer la confiance des marchés. De son côté, Voka appelle également à des mesures rapides et met en garde contre de nouvelles dépenses coûteuses. Dans ce contexte, une nouvelle évaluation par S&P Global Ratings est attendue dans les prochains jours.