France Inter, RTBF, même problème, même polémique. Pourquoi il est si difficile de faire entrer des voix de droite dans une rédaction publique ?
À quelques jours d’intervalle, France Inter et la RTBF se retrouvent au cœur de polémiques posant la même question : le service public audiovisuel est-il suffisamment pluraliste ?
Publié par J.PE
Résumé de l'article
En Belgique comme en France, les critiques viennent depuis longtemps de la droite. Dans les deux cas, la place accordée aux voix conservatrices ou libérales semble provoquer davantage de tensions que celle accordée aux voix de gauche.
À quelques jours d’intervalle, France Inter et la RTBF se retrouvent au cœur de polémiques qui, derrière des affaires très différentes, posent exactement la même question : le service public audiovisuel est-il suffisamment pluraliste ? En Belgique comme en France, les critiques viennent depuis longtemps de la droite. Et, dans les deux cas, la place accordée aux voix conservatrices ou libérales semble provoquer davantage de tensions que celle accordée aux voix de gauche.
Il y a quelque chose de frappant dans le calendrier. En l’espace de quelques jours, deux des grandes radios publiques francophones se retrouvent confrontées à la même accusation : celle d’avoir développé une culture interne très marquée à gauche et de peiner à faire une véritable place aux voix qui pensent différemment.
En France, France Inter est secouée par l’arrivée de Charles Sapin, ancien journaliste passé également par Le Figaro, Le Point et arrivé depuis quelques jours seulement à Valeurs Actuelles. Sa présence, limitée à une chronique de deux minutes, suffit pourtant à provoquer une fronde interne et le dépôt d’un préavis de grève par les syndicats de Radio France pour les 13 et 14 septembre. France Inter est aussi secouée par des polémiques à répétition avec des dérapages d’humoristes quasiment unanimement engagés à gauche et ciblant toujours les mêmes cibles.
En Belgique, la RTBF vient de vivre une nouvelle polémique autour du sketch de Pierre Scheurette et de son fameux montage des « 50 personnalités que le MR aurait préférées à Thomas Gadisseux ». Une séquence dans laquelle journalistes, responsables politiques et personnalités controversées ont été mélangés, provoquant la colère de plusieurs médias et relançant une vieille accusation : celle d'une RTBF trop marquée à gauche.
Deux pays. Deux institutions publiques. Deux affaires différentes. Mais une même question : pourquoi le pluralisme devient-il si difficile lorsqu'il s'agit de faire entrer des voix de droite dans une rédaction publique ?
La RTBF dans le collimateur depuis des années
La polémique actuelle n'est évidemment pas née avec Pierre Scheurette. La RTBF est depuis longtemps dans le collimateur d'une partie de la droite francophone. L'une des formules les plus spectaculaires reste celle de Didier Reynders, qui, en 2014, avait comparé la situation médiatique en Wallonie à celle de la Corée du Nord, estimant que les émissions de la RTBF donnaient une place disproportionnée au PS et à Elio Di Rupo.
« En Wallonie, c'est comme en Corée du Nord : un parti, et même un seul homme », déclarait alors Reynders.
La formule était volontairement provocatrice. Elle n'en traduisait pas moins une critique qui revient régulièrement depuis : celle d'un service public dont la sensibilité politique serait plus homogène que la société qu'il est censé représenter. Des années plus tard, la question reste entière. Et le sketch de Pierre Scheurette a eu un effet particulier : il a donné des arguments supplémentaires à ceux qui considèrent que le problème n'est pas uniquement une question de perception.
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