Le confort des élus, le luxe des autres (carte blanche)
Dans cette carte blanche, Simão Pedro, membre des Jeunes MR, dénonce ce qu'il considère comme les contradictions de Manon Aubry, qu'il accuse de fustiger le confort des entrepreneurs tout en assumant un train de vie privilégié financé par son mandat d'élue européenne.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
Simão Pedro, membre des Jeunes MR, critique ce qu'il estime être l'hypocrisie de Manon Aubry, accusée de dénoncer les grandes fortunes tout en revendiquant un mode de vie confortable grâce à son mandat d'eurodéputée.
Il y a quelques jours, une vidéo de Manon Aubry sur un voilier a fait le tour des réseaux. Puis des images la montrant montant dans une Audi avec chauffeur.
Plus récemment, un vol en classe affaires vers le Liban. Prises isolément, ces images ne prouvent rien. Chacun voyage comme il veut. Une députée européenne est bien payée, et il n’y a rien de choquant à ce qu’elle vive confortablement. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est la cohérence.
Depuis des années, Manon Aubry a fait de la dénonciation des grandes fortunes le cœur de son fonds de commerce politique.
Bernard Arnault, Vincent Bolloré, les milliardaires en général : tous présentés comme les symboles d’un système injuste qu’il faudrait taxer toujours plus.
Son parti défend des taux confiscatoires pour les revenus les plus élevés. Le message est simple : les riches vivent dans un confort indécent pendant que le peuple paie. Alors posons la question.
Pourquoi le confort serait-il moralement condamnable quand il est financé par une entreprise, mais parfaitement acceptable quand il est financé par un mandat politique ?
Et soyons honnêtes : si Manon Aubry voyait un député de droite se balader en voilier, avec chauffeur privé et en classe affaires, elle serait la première à hurler que cette personne est déconnectée. C’est précisément ce deux poids, deux mesures qui rend l’exercice insupportable.
Le cas n’est pas isolé. En Belgique, Paul Magnette incarne exactement la même contradiction. En cumulant plus de vingt ans de mandats publics, échevin, bourgmestre de Charleroi, ministre, ministre-président wallon, président du PS, les revenus qu’il a tirés de la politique se comptent en millions d’euros.
Un homme devenu millionnaire par la politique, et pourtant le premier à exiger qu’on s’attaque aux riches. Je pense que ce n’est pas un hasard. C’est plus facile de désigner les fortunes des autres quand la sienne ne vient pas du secteur privé.
Quand on n’a jamais eu à créer un produit, convaincre un client, payer un salaire ou survivre à une crise, la richesse des entrepreneurs devient une abstraction commode. Un ennemi de papier. Car regardons ce que produisent réellement ces donneurs de leçons.
En Belgique, en France ou ailleurs, ceux qui n’ont rien produit de leur vie, mis à part des TikTok, des pétitions et des propositions les unes plus folles que les autres dans les parlements où ils siègent, sont précisément ceux qui s’attaquent constamment aux vrais créateurs de richesse de ce pays.
Créer une entreprise, investir son capital, embaucher, traverser des crises, prendre des risques pendant des années : rien de tout cela n’est évident. Certains échouent et perdent tout. D’autres réussissent. Ceux-là ont le droit de dépenser leur argent comme ils l’entendent, dans le respect de la loi.
Un élu, lui, tire l’essentiel de ses revenus de son mandat. Ce n’est pas illégitime. Mais donner des leçons permanentes à ceux qui créent la richesse quand son propre niveau de vie dépend intégralement de l’argent public, voilà qui devient indéfendable.
La déclaration de patrimoine de Manon Aubry montre d’ailleurs que sa fortune n’a rien de comparable avec celles qu’elle dénonce.
C’est bien le point : son confort est celui d’une élue grassement rémunérée par le contribuable européen, pas celui d’une entrepreneuse qui a bâti quelque chose.
Le vrai débat n’est pas de savoir qui monte sur un voilier ou qui vole en classe affaires. Le vrai débat est de savoir pourquoi celui qui crée des emplois, paie des impôts, investit et prend des risques est présenté comme le problème, pendant que celui qui vit confortablement de mandats publics s’autorise à lui faire la morale.
Une société prospère a besoin d’entrepreneurs, d’investisseurs, d’innovateurs. Sans eux, pas d’entreprises, pas d’emplois, pas de recettes fiscales pour financer les politiques que ces mêmes responsables prétendent défendre. Le confort n’est pas un scandale. L’hypocrisie, elle, mérite toujours d’être dénoncée.