Après la polémique sur l’étude de la “manosphère” : plus de la moitié des Flamands ne veulent pas de mosquée dans leur quartier
Selon la dernière Photo de la Flandre, une vaste enquête sociétale commandée par la VRT, la diversité culturelle reste un sujet particulièrement sensible en Flandre. L’islam, la migration et le langage continuent surtout de diviser. Plus de la moitié des Flamands disent ainsi préférer ne pas avoir de mosquée dans leur propre quartier.
Publié par Vanille Dujardin
Résumé de l'article
Après la polémique sur le volet “manosphère” de la Photo de la Flandre, de nouveaux chiffres de l’enquête commandée par la VRT montrent que l’islam, la migration et la présence de mosquées continuent de diviser profondément la société flamande.
La même enquête avait déjà suscité la controverse plus tôt cette semaine. À ce moment-là, le débat portait surtout sur le volet consacré aux jeunes, aux rôles de genre et à la fameuse “manosphère”, après que la VRT a conclu qu’un nombre frappant de jeunes hommes adhéraient à des opinions plus conservatrices. Dans l’émission De afspraak, le philosophe Maarten Boudry a accusé la chaîne publique de ne pas avoir intégré dans sa couverture certains chiffres liés à l’origine des jeunes interrogés. La VRT conteste cette accusation : selon elle, la ventilation par origine n’était pas suffisamment fiable sur le plan statistique pour en tirer des conclusions. Sous pression politique, la VRT a annoncé qu’elle rendrait l’ensemble de l’enquête publique.
Peur du “grand remplacement”
Les nouveaux chiffres sur l’islam, les mosquées et la migration montrent que l’enquête touche aussi d’autres lignes de fracture particulièrement sensibles. Selon l’étude, 60 % des Flamands se disent préoccupés par la présence de l’islam en Flandre. Cette inquiétude est surtout marquée chez les générations plus âgées : elle concerne 65 % des 45-64 ans et même 67 % des plus de 65 ans. Chez les jeunes de 12 à 17 ans, le chiffre est légèrement plus bas, à 61 %, mais les chercheurs y observent justement une tendance à la hausse.
La peur du “grand remplacement” reste elle aussi très présente. 56 % des Flamands se disent d’accord avec l’affirmation selon laquelle ils craignent que les Flamands soient progressivement remplacés par des migrants ou des personnes venues de l’étranger.
Pas de mosquée dans le quartier
Lorsque la diversité devient très concrète, par exemple dans sa propre rue ou son quartier, les résistances apparaissent encore plus clairement. Seuls 23 % des Flamands disent être ouverts à l’idée d’avoir une mosquée près de chez eux, contre 52 % qui préfèrent ne pas en voir s’installer dans leur quartier.
L’âge joue ici aussi un rôle important : chez les 45-64 ans, 58 % estiment qu’une mosquée dans le quartier n’est pas une bonne idée, un chiffre qui grimpe à 60 % chez les plus de 65 ans. Fait notable : même parmi les personnes qui disent ne pas avoir de problème avec les musulmans ou avec l’islam, une résistance subsiste dès qu’il est question d’une mosquée dans l’environnement immédiat.
La bataille des mots divise aussi la Flandre
La religion et la migration ne sont pas les seuls sujets de tension. Le langage apparaît lui aussi comme une ligne de fracture importante. Dans l’enquête, les répondants ont notamment été interrogés sur l’usage du mot en “n” dans une situation concrète. 32 % des Flamands disent ne pas y voir de problème, tandis que 43 % estiment que ce n’est pas acceptable.
Ici, c’est surtout l’écart entre les générations qui frappe. Chez les 18-24 ans, seuls 19 % jugent l’usage de ce mot acceptable. Chez les adolescents de 12 à 17 ans, ils sont 34 %, et chez les 45-64 ans, le chiffre monte encore, à 38 %.
Le débat autour de termes comme “marché de Noël” et “marché d’hiver” reste également sensible. 57 % des Flamands estiment qu’un marché de Noël doit simplement rester un marché de Noël. Là aussi, ce sont surtout les générations plus âgées qui s’opposent à une appellation plus neutre : 64 % des 45-64 ans jugent ce changement négatif, contre 67 % des plus de 65 ans.