Retailleau appelle les électeurs du RN à le rejoindre : « Je serai le candidat d’une radicalité sérieuse »
Bruno Retailleau assume désormais une stratégie de conquête frontale de l’électorat du RN. Sur BFMTV, il a promis une « radicalité sérieuse » et une « rupture », tout en présentant Marine Le Pen comme incapable de gagner et susceptible de ramener au pouvoir la gauche ou les « héritiers du macronisme ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Bruno Retailleau appelle les électeurs du RN à le rejoindre en 2027, promettant une « radicalité sérieuse » et la rupture avec les « héritiers du macronisme ».
Bruno Retailleau ne cherche plus seulement à concurrencer le Rassemblement national : il appelle ouvertement ses électeurs à le rejoindre. Interrogé sur BFMTV, l’ancien ministre de l’Intérieur a présenté sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 comme celle de la « rupture » et d’une « radicalité sérieuse », opposant sa capacité à gouverner à ce qu’il décrit comme l’« amateurisme » du RN.
« Pour la neuvième fois », a-t-il lancé, le nom de Le Pen figurera sur les bulletins de vote lors de la prochaine présidentielle. Et, selon lui, pour la neuvième fois, « ce sera l’échec ». Retailleau assure que Marine Le Pen « ne l’emportera pas » et qu’elle risque même de « faire gagner ceux que les électeurs du Rassemblement national ne veulent pas voir gagner ».
Aux électeurs du RN, je veux dire une chose. En 2027, pour la neuvième fois, le nom de Le Pen sera sur les bulletins de vote. Et pour la neuvième fois, ce sera l’échec.
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) September 6, 2026
Marine Le Pen peut même faire gagner ceux que vous ne voulez plus voir au pouvoir, la gauche ou les héritiers… pic.twitter.com/ZrNJPpX1M9
La gauche et les « héritiers du macronisme »
Le président des Républicains désigne alors deux adversaires : « la gauche » et les « candidats macronistes ». Dans le message publié parallèlement sur les réseaux sociaux, la formule est plus significative encore : il évoque les « héritiers du macronisme ».
Le choix des mots marque la stratégie de Retailleau à l’approche de 2027. Il ne se présente pas comme le candidat d’une droite appelée à composer avec l’après-Macron, mais comme celui d’une rupture avec le cycle politique ouvert en 2017. En rangeant gauche et héritiers du macronisme parmi les forces que les électeurs du RN ne veulent « plus voir au pouvoir », il cherche à établir avec ces derniers un diagnostic commun.
Une « radicalité sérieuse » contre le RN
Mais Retailleau entend surtout disputer au RN le monopole de la rupture. « Je serai le candidat d’une radicalité sérieuse, a-t-il affirmé, promettant une rupture qui ne renonce à rien, qui sait où elle va, qui soit capable de gagner et surtout de gouverner ».
L’attaque contre le parti de Marine Le Pen porte ainsi moins sur sa radicalité que sur sa capacité à exercer le pouvoir. « On ne peut pas réussir avec l’amateurisme », a lancé Retailleau. À la question de savoir s’il demandait explicitement aux électeurs du RN de voter pour lui, sa réponse a été sans détour : « Bien sûr. »
La ligne se précise : convaincre l’électorat du RN que ses aspirations à la rupture sont légitimes, mais que Marine Le Pen ne peut les conduire au pouvoir. Face à elle comme aux « héritiers du macronisme », Retailleau veut désormais incarner une droite de rupture qui revendique jusqu’au mot de « radicalité ».