Scandale du Foyer anderlechtois : DéFI met en cause la régularité du scrutin de 2024
Après les révélations de l'émission Pano sur de possibles interventions dans l'attribution de logements sociaux à Anderlecht, DéFI demande la saisine de la commission de déontologie du Parlement bruxellois. Le parti s'interroge désormais ouvertement sur la régularité du scrutin communal de 2024.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
DéFI demande la saisine de la commission de déontologie et s'interroge sur un possible impact du scandale du Foyer anderlechtois sur les élections communales de 2024.
L'affaire du Foyer anderlechtois prend une nouvelle tournure politique. Alors que les révélations de l'émission Pano (VRT) continuent de provoquer des remous à Bruxelles, DéFI estime désormais que les faits allégués pourraient avoir eu un impact direct sur les élections communales de 2024 à Anderlecht.
Le parti a annoncé vendredi la saisine de la commission de déontologie du Parlement bruxellois afin d'examiner les éléments mis au jour par l'enquête journalistique.
Selon les informations révélées par Pano, des messages et échanges vocaux tendraient à accréditer la thèse selon laquelle le président du Foyer anderlechtois, Lotfi Mostefa, aurait exercé une influence sur certaines attributions de logements sociaux.
DéFI met en cause l'équité du scrutin
Dans un communiqué, DéFI estime que les révélations soulèvent une question de fond concernant le résultat des dernières élections communales.
« Même s'il est toujours présumé innocent, les messages révélés par l'émission Pano sont accablants pour Lotfi Mostefa », affirme le parti.
DéFI relève notamment que l'élu socialiste avait réalisé le meilleur score électoral toutes listes confondues lors du scrutin communal anderlechtois de 2024.
« M. Mostefa aurait-il obtenu le même résultat s'il n'avait pas été à la tête du Foyer anderlechtois ? », s'interroge le parti.
« S'il a eu besoin de tricher pour gagner... »
Le ton est encore plus direct dans les déclarations de Jonathan de Patoul. Pour le chef de groupe DéFI au Parlement bruxellois, si les faits devaient être confirmés, ils seraient de nature à fausser la concurrence démocratique.
« De telles pratiques sont susceptibles de fausser les résultats électoraux et la concurrence entre candidats. S'il a eu besoin de tricher pour gagner, c'est peut-être le signe que sa place n'était pas en politique », a-t-il déclaré.
Une commission de déontologie sollicitée
DéFI demande désormais que la commission de déontologie du Parlement bruxellois se penche sur le dossier.
Le parti évoque notamment un possible usage de données personnelles de candidats locataires à des fins électorales et partisanes.
Pour DéFI, cette démarche doit permettre de faire toute la lumière sur les pratiques dénoncées et de restaurer la confiance dans le fonctionnement du logement social. « Le logement social doit redevenir un droit et non une récompense pour les bons électeurs », estime le parti.
Une pression politique qui s'accentue
Cette nouvelle offensive intervient alors que le scandale du Foyer anderlechtois continue d'ébranler la majorité bruxelloise.
Les révélations de Pano ont déjà provoqué de vives tensions politiques et alimenté les appels à faire toute la transparence sur la gestion de l'organisme de logement social.
À ce stade, aucune condamnation n'a été prononcée et la présomption d'innocence demeure pleinement applicable aux personnes citées dans le dossier. Mais la question dépasse désormais la seule gestion du Foyer anderlechtois : c'est aussi la régularité du jeu démocratique local qui se retrouve au cœur du débat.