Budget 2026 : l’Arizona repousse l’accord à l’automne, la hausse de la TVA revient dans le débat
Le gouvernement fédéral doit encore trouver entre 7 et 10 milliards d'euros pour boucler le budget 2026. L'espoir d'un accord avant la Fête nationale s'éloigne. Au sein de l'Arizona, les divergences restent profondes, notamment sur la fiscalité et la TVA.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Un accord budgétaire avant le 21 juillet est désormais jugé irréaliste au sein de l'Arizona.
- Bart De Wever a remis sur la table une réforme des taux de TVA avec un taux normal à 22 %.
- Le MR refuse toute hausse de TVA mais devra accepter une part de recettes supplémentaires prévue dans l'accord de gouvernement.
Sommaire
- L'accord avant le 21 juillet s'éloigne
- Une équation budgétaire toujours floue
- Trois mois pour rapprocher des positions très éloignées
- Bart De Wever relance la piste d'une réforme de la TVA
- Le MR bloque toute hausse de TVA
- Le MR devra néanmoins accepter davantage de recettes
- Les autres réformes désormais suspendues au budget
Exclusif 21 News – L’idée d’un accord budgétaire avant la Fête nationale s’éloigne de jour en jour au sein du gouvernement fédéral. Alors que la coalition Arizona doit encore trouver entre 7 et 10 milliards d’euros pour boucler le budget 2026, plusieurs sources gouvernementales reconnaissent désormais qu’une véritable négociation n’interviendra probablement qu’après l’été, sauf miracle. Parmi les pistes remises sur la table figure notamment une réforme des taux de TVA défendue par le Premier ministre Bart De Wever, mais rejetée par le MR de Georges-Louis Bouchez.
L'accord avant le 21 juillet s'éloigne
Pendant plusieurs semaines, certains responsables gouvernementaux ont entretenu l'espoir d'un premier accord avant les vacances politiques. Cet objectif semble aujourd'hui largement hors d'atteinte.
« Au sein du gouvernement, tout le monde a bien compris que trouver un accord avant la Fête nationale et les vacances politiques relève de la science-fiction », confie à 21 News une source gouvernementale.
Le constat est partagé dans plusieurs cabinets.
« Si je dois avancer une date aujourd'hui, je pense plutôt au mois d'octobre. Trouver un accord en juillet ou en octobre ne change finalement pas grand-chose. Ce qui compte, c'est d'aboutir à un compromis global », poursuit une autre source proche des négociations.
Cette analyse rejoint celle qui circule également dans l'entourage du Premier ministre Bart De Wever. Selon plusieurs observateurs, le chef du gouvernement ne croit pas davantage à l'hypothèse d'un accord intermédiaire avant le 21 juillet. La logique qui s'impose progressivement est celle du « tout ou rien » : soit un accord global avant les vacances, soit une négociation de fond reportée à l'automne.
Une équation budgétaire toujours floue
L'une des difficultés réside dans le montant exact de l'effort à fournir.
Officiellement, le gouvernement évoque toujours un ajustement de l'ordre de 7 milliards d'euros. Mais plusieurs sources reconnaissent que le chiffre pourrait être plus élevé.
Selon nos informations, Bart De Wever estime en interne que l'effort réel pourrait se rapprocher des 10 milliards d'euros, en fonction des conclusions du prochain rapport du comité de monitoring chargé d'évaluer l'état des finances publiques et le respect des règles budgétaires européennes.
Cette incertitude complique encore davantage les discussions entre les cinq partenaires de l'Arizona.
Trois mois pour rapprocher des positions très éloignées
Au sein de la majorité, personne ne sous-estime l'ampleur de la tâche.
Les vacances d'été devraient permettre à chaque formation de retravailler ses propositions, de tester certaines idées dans l'opinion publique et de mesurer les lignes rouges de ses partenaires.
Car derrière l'objectif commun d'assainissement budgétaire se cachent des visions très différentes de la manière d'y parvenir.
Les récents remous provoqués par la proposition du président des Engagés, Yvan Verougstraete, en sont l'illustration.
Sa suggestion d'instaurer une contribution sur les patrimoines à partir de 500.000 euros a provoqué de fortes réactions au sein même de la majorité.
« C'est une idée complètement folle », tranche une source libérale.
« J'aurais pu comprendre le débat à partir de patrimoines de 5 millions d'euros, mais 500.000 euros, ce n'est tout simplement pas possible. »
La séquence a rappelé combien les sensibilités restent éloignées entre les différentes composantes de l'Arizona.
Bart De Wever relance la piste d'une réforme de la TVA
Parmi les pistes budgétaires qui reviennent avec insistance figure désormais une réforme des taux de TVA.
Selon les informations de 21 News, Bart De Wever a récemment remis le sujet sur la table du kern.
L'hypothèse étudiée consisterait à faire passer le taux normal de TVA de 21 % à 22 %, tout en créant un taux intermédiaire unique de 9 % destiné à remplacer progressivement les taux actuels de 6 % et de 12 %.
Pour plusieurs membres du gouvernement, une telle réforme permettrait de générer rapidement des recettes substantielles.
« Si nous modifions les taux de TVA dans ce sens, une grande partie du travail budgétaire serait déjà réalisée », reconnaît un membre de l'exécutif.
À ce stade, aucune décision n'a toutefois été prise.
Le MR bloque toute hausse de TVA
Cette piste se heurte à une opposition frontale du MR.
Le président du parti, Georges-Louis Bouchez, considère qu'une hausse de la TVA toucherait directement le pouvoir d'achat des ménages.
« Georges-Louis Bouchez est totalement contre, car pour lui augmenter la TVA revient à toucher directement à la classe moyenne et à ceux qui travaillent », explique une source gouvernementale.
Pour les libéraux francophones, une hausse généralisée de la fiscalité à la consommation risquerait d'effacer une partie des bénéfices attendus des réformes socio-économiques menées par la majorité.
Le MR devra néanmoins accepter davantage de recettes
L'opposition du MR à la TVA ne signifie toutefois pas que les libéraux pourront échapper au débat sur les recettes.
Selon plusieurs sources gouvernementales, l'accord de coalition prévoit explicitement qu'une partie de l'effort budgétaire devra provenir de nouvelles ressources.
« C'est inscrit dans notre accord de gouvernement : au moins 10 % de l'effort devra venir de recettes supplémentaires », rappelle une source proche des négociations.
La question n'est donc plus de savoir s'il faudra augmenter certaines recettes, mais lesquelles.
TVA, lutte contre la fraude fiscale, fiscalité patrimoniale, niches fiscales ou encore taxation de certains secteurs : toutes les pistes devraient être remises sur la table à partir de septembre.
Les autres réformes désormais suspendues au budget
Conséquence directe de cette attente : plusieurs dossiers importants sont désormais bloqués dans l'attente des négociations budgétaires.
Selon plusieurs sources politiques, les réformes concernant l'annualisation du temps de travail, le plan antifraude, les mesures destinées à améliorer le climat d'investissement, la réforme de l'épargne-pension ou encore certains dossiers liés au commerce international risquent désormais d'être intégrés dans le grand marchandage budgétaire de l'automne.
Autrement dit, le budget 2026 ne se limitera pas à une discussion comptable.
Il pourrait devenir le grand rendez-vous politique de l'Arizona, celui où chaque parti tentera de faire avancer ses priorités tout en protégeant ses propres totems. Avec un risque réel : transformer les trois prochains mois en une longue et délicate traversée du désert pour la coalition fédérale.