Sécurité à Charleroi : ça sentait le cannabis au conseil communal !
Sécurité, drogues et manque de policiers ont dominé le conseil communal de Charleroi lundi. Des habitants de Marchienne-au-Pont, mais aussi des élus du PTB et du MR, ont alerté sur une situation jugée préoccupante. Une odeur de cannabis s’est même invitée au milieu des débats.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
À Charleroi, citoyens, PTB et MR alertent sur l’insécurité et les drogues, tandis que le procureur annonce un durcissement des poursuites.
Le conseil communal de Charleroi, ce lundi, était consacré en bonne partie aux thèmes de la sécurité et de la propreté. Des citoyens de Marchienne-au-Pont étaient venus se plaindre des problèmes de sécurité à Charleroi. Parmi eux, Alice : « L’insécurité à tous les niveaux est vraiment difficile, souligne-t-elle. L’insalubrité, la toxicomanie, le fait qu’on brûle des feux rouges. Pourtant, je suis née à Marchienne, ma famille et mes amis sont de Marchienne, c’est ma ville de cœur, j’y crois encore. »
Le procureur du Roi de Charleroi et le chef de corps de la zone de police sont également venus présenter les chiffres de la zone. Pour le procureur du Roi, la problématique de la consommation de stupéfiants à Charleroi pose un véritable problème. Dans son intervention, il a notamment signalé que « 79 faits de violence liés aux stupéfiants » avaient été dénombrés. Il a également annoncé que, dorénavant, « tant les dealers que les consommateurs de drogues dures seront poursuivis devant le tribunal correctionnel », car il estime qu’il s’agit de l’une des seules voies permettant d’endiguer le phénomène.
Phénomène pour le moins cocasse : un élu présent hier nous révèle qu’une forte odeur de cannabis s’est fait ressentir à un certain moment durant le conseil communal, consacré en partie à la problématique de la consommation de drogues. Cela n’a pas entraîné de réaction particulière. Il était cependant difficile de savoir si l’odeur provenait de l’extérieur ou de l’intérieur du bâtiment.
Plusieurs élus du PTB se sont montrés assez offensifs sur les questions de drogue et de sécurité durant le conseil. La cheffe de groupe, Pauline Boninsegna, a notamment déclaré, face aux problèmes de sécurité à Charleroi : « Le citoyen est souvent laissé seul. La situation est grave à Charleroi. Les travailleurs ont droit au calme dans leur quartier. On a le droit de voir nos enfants partir et revenir de l’école sans devoir s’inquiéter. »
Sa collègue du PTB, Sophie Tillens, a abondé dans le même sens : « Je n’ai jamais eu peur à Charleroi, mais ce n’est plus le cas depuis un an. » Elle a insisté sur le fait que l’insécurité touchait également de nombreuses femmes, qui avaient parfois peur de circuler seules.
Le député fédéral MR Denis Ducarme a lui aussi réagi à la présentation faite par le procureur du Roi et le chef de corps de la police. Après avoir remercié le bourgmestre Thomas Dermine d’avoir organisé le débat, il a lui aussi rappelé que la situation n’était pas bonne à Charleroi en matière de sécurité.
Pour Denis Ducarme, la situation sécuritaire laisse à désirer : « On a une baisse de 0,7 % des infractions à Charleroi, alors qu’elle est de 24 % à Namur, 20 % à La Louvière et 5 % à Liège. »
S’adressant ensuite au commissaire, Denis Ducarme insiste : « On a l’impression, en vous écoutant, que tout va bien, alors que les chiffres des autres grandes villes sont bien meilleurs. »
Le député MR insiste également sur le manque de policiers à Charleroi, en s’adressant au chef de corps : « Vous devez nous parler du cadre. Il manque 150 policiers à Charleroi, pourquoi ne pas le rappeler ? »
Terminant ensuite sur une note plus politique, il déclare : « Je ne suis pas là pour vivre un colloque, mais pour entendre des propositions concrètes pour améliorer la sécurité des citoyens. »
Que ce soit du côté des citoyens, notamment ceux venus de Marchienne-au-Pont, du côté du PTB ou du côté du MR, le constat est largement partagé : la ville de Charleroi et ses arrondissements connaissent un véritable problème de sécurité.